Après 7 ans et 3 films tournant autour du chevalier noir de Gotham, Christopher Nolan clôt sa saga de Batman par le terriblement attendu The Dark Knight Rises.
Terriblement attendu… et peut-être même trop tellement le sentiment de déception est grand en sortant du cinéma. Revenons donc sur cette fresque de près de 3h terminant la trilogie du Dark Knight de Nolan.
Synopsis
Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…
Critique
Autant le dire tout de suite, la première heure du film est clairement ahurissante. Brillante, enlevée, elle vous fait dire « mon Dieu, ce film est le plus grand film de super-héros de tous les temps » – ou quelque chose dans cet esprit. Le scénario se pose aussi facilement et avec la même fluidité que les personnages sont bien interprétés. Ajoutez à cela une pincée d’histoire récente avec la « révolution » des 99% contre les nantis. L’échange entre Bane – pseudo grand méchant de l’histoire, nous y reviendrons – et un trader est brillant à ce propos : « Il n’y a rien à voler à la Bourse ! – Alors qu’est-ce que vous venez faire ici tous les jours ? »
Bane, parlons-en. Durant cette première heure, il vous fera oublier tous les autres méchants. Implacable, solide comme un roc, d’une intelligence sans faille (ou presque), c’est le monstre dans toute sa splendeur. On en revient donc toujours à cette phrase d’Alfred Hitchcock : «Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film.»
Sauf que…sauf que. La suite malheureusement ne tient pas ses promesses, avec un Batman en retrait et un Gotham asphyxié par la folie de Bane. On entre alors dans une séquence plus lente, qui va poser les jalons du réveil du héros de Gotham. Cette pause dans le rythme du film n’a qu’un seul rôle, installer le ring final, poser les bases d’un finish d’une saga brillante. C’est plus calme, mais on reste aux abois, attendant le moment où le génie de Nolan nous émerveillera.
Et ce moment n’arrivera pas. Tout le charisme de Bane fond en quelques minutes comme neige au soleil, de multiples twists attendus (si ce n’est téléphonés) gâchent le plaisir, plaisir qui se retrouve ruiné par un final tournant autour d’une bombe atomique menaçante dans toute sa splendeur classique et resucée. C’est avec un goût réellement amer que ce Batman se termine, malgré quelques dernières minutes pas forcément ratées, mais que l’on n’apprécie pas tellement la déception du grand combat final est grande.
Qu’en est-il du jeu d’acteur ? Tout d’abord, il est nécessaire de féliciter Marion Cotillard, certainement en lice pour une des scènes les plus mal jouées du cinéma, malheureusement dans la lignée de sa prestation durant le film. De son côté, la « nouvelle star » Joseph Gordon-Levitt se retrouve dans un rôle dramatiquement prévisible où il en sort décevant (il nous avait habitué à mieux). Nos larrons classiques, Christian Bale, Gary Oldman, Michael Caine et Morgan Freeman font le boulot, ni plus ni moins. De son côté, Anne Hattaway sort la tête de l’eau, nous offrant une Catwoman crédible, fidèle au comics, bien interprétée sans non plus crier au génie (elle peinera cependant à faire oublier Michelle Pfeiffer…) En face d’eux, Tom Hardy est impressionnant dans son rôle de Bane, en particulier durant cette première heure mémorable où il surpasse la prestation d’Heath Ledger dans le rôle du Joker… On aurait aimé en avoir un peu plus !
Au niveau visuel, les effets spéciaux sont réussis (la scène d’introduction dans l’avion étant superbe) et quelques scènes où la musique sait se taire sont monumentales. On pense notamment à la scène du Stade et du premier combat opposant Bane et Batman. Dans ces deux scènes, on touche à quelque chose de génial, on vibre réellement intensément. Des scènes telles que l’on aimerait en voir plus souvent au cinéma ! Petite mention négative, alors que l’on voit vraiment un Gotham noir dans les deux premiers opus, on voit dans The Dark Knight Rises plus New York que Gotham. Un peu décevant quand on voit le soin apporté à la ville précédemment…
En conclusion, The Dark Knight Rises est bien loin du chef d’œuvre attendu, sans toutefois atteindre la déception que nous avons pu ressentir devant Prometheus. Le film est brillant au début mais s’essouffle trop vite, sombrant dans trop de clichés à la fin, ce qui au bout du compte lui est terriblement dommageable.
Et s’il faut un mot de la fin, s’il faut choisir un seul Batman de tous ceux que l’on a vu au cinéma, et bien sans hésitation aucune, mon cœur restera du côté du Batman gothique de Tim Burton, un point c’est tout !








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