Critique The Immigrant de James Gray

Marion Cotillard

The Immigrant, comme chacun des films de James Gray depuis The Yards, a été présenté en compétition au Festival de Cannes. Et comme pour ses précédents films, les critiques et le jury n’ont pas forcément été éblouis. Une “sanction” encore une fois injuste pour l’un des plus talentueux cinéastes du moment ?

Synopsis

1921. Ewa et sa sœur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Arrivées à Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules. Pour sauver sa sœur, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, résignée, à la prostitution. L’arrivée d’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance et l’espoir de jours meilleurs. Mais c’est sans compter sur la jalousie de Bruno…

Critique du film

Avec seulement 5 films réalisés en près de 20 ans, James Gray est un réalisateur rare. Mais avec ces quelques films, il a réussi à se bâtir une très solide réputation ainsi qu’une belle base de fans, dont je fais clairement partie. Chacun de ses films est très attendu. Les premiers échos sur le tournage laissaient entendre que James Gray tournait un chef d’œuvre. Pourtant, le film n’a pas convaincu à Cannes. les critiques ont dans l’ensemble été correctes mais rarement exceptionnelles. Enfin, le jury, comme à son habitude, a ignoré James Gray, ou son casting, au Palmarès…

The immigrant de James GrayJames Gray est un amateur de drames. Ou plus précisément de tragédies, puisqu’il voue une admiration sans failles à Shakespeare, dont on sent l’empreinte sur l’ensemble de son œuvre. The Immigrant ne déroge pas à la règle. Après s’être intéressé aux films de gangsters avec ses trois premiers films puis à la romance avec Two Lovers, il s’essaie au drame historique. Mais au fond, c’est toujours la même chose… et ce n’est pas un mal !

On retrouve des thématiques chères au réalisateur comme le destin. Chaque personnage semble prisonnier, incapable de sortir de sa position dans cette société. Néanmoins, les choses sont faites avec plus d’ambiguïté et de subtilité que ses derniers films. Alors que les personnages de Joaquin Phoenix et de Jeremy Renner devraient respectivement être le méchant et le gentil, on arrive jamais à détester le premier, et jamais à aimer le second… Même le personnage principal incarné par Marion Cotillard est bien plus trouble qu’il n’y parait et il est plus d’une fois difficile de déceler la vérité dans ses propos. James Gray, pour autant, porte un regard humaniste sur ces personnages totalement égarés et les rend très attachants. La subtilité se retrouve surtout dans les émotions. Dans ses précédents films, le réalisateur parvenait à nous faire ressentir des choses très fortes, à nous captiver, à nous bouleverser. Ici, on ‘est captivés mais jamais bouleversés, même dans la magnifique scène finale. on peut “souffrir” de ce manque d’intensité, mais le film et les personnages n’y gagnent t’ils pas en justesse ?

La retenue se retrouve également dans la mise en scène due James Gray. Celle-ci est propre et maitrisée mais jamais là pour en mettre plein la vue. On est dans l’efficacité la plus totale. Seul le dernier plan ressort vraiment du lot, et l’effet en est saisissant. On reste scotché devant l’écran, à observer ce qui se passe et à réfléchir. La photographie de Darius Khondji est magnifique et reconstitue admirablement l’ambiance visuelle des photographies de l’époque.

Enfin, comment ne pas mentionner l’interprétation ? Si Joaquin Phoenix est comme à son habitude impeccable, c’est Marion Cotillard qui impressionne. Son accent polonais est à couper le souffle et son jeu est bouleversant. A ce jour, c’est très certainement son meilleur rôle et il serait totalement injustifié de ne pas le voir de nouveau nommée aux Oscars.

Au final, le film de James Gray cumule les qualités et il serait dommage de passer à coté. il n’a peut-être pas l’énergie de certains de ses précédents films mais c’est peut être aussi cette simplicité, voir son académisme qui font sa force.

Bande annonce The immigrant

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