Critique Une nuit de Philippe Lefebvre

une nuit roschdy zem

D’abord avec 36 quai des orfèvres puis grâce aux succès publics et critiques de Ne le dis à personne et Mesrine, le polar à la française vit en ce moment une seconde jeunesse. Seconde jeunesse également pour le réalisateur méconnu d’une nuit, qui, après 20 ans de télévision, retourne derrière une caméra de cinéma pour nous offrir un très bon film.

Synopsis
Paris. Simon Weiss, commandant à la Brigade Mondaine, entreprend, comme chaque soir, sa tournée des établissements de nuit. Son métier. Une nuit, mais pas comme les autres… Très vite Weiss comprend qu’on veut le piéger. Pris en tenaille entre la police des polices et les voyous, Weiss va se défendre, affronter flics, hommes d’affaires et malfrats…

Le réalisateur s’appuie donc sur un schéma assez classique,  déjà exploité il y a quelques semaines dans l’excellent Polisse de Maiwenn : suivre le quotidien d’un métier de police pour en découvrir les ficelles et les zones d’ombre. Mais ici, la brigade de protection des mineurs est remplacée par la mondaine, l’équipe remplacée par l’individu… Et surtout, l’action se déroule, comme le dit si bien le titre, en une seule nuit.

Dans cette fameuse nuit, on découvre un Paris très différent de celui que l’on voit habituellement au cinéma. Le Paris de la nuit, des Gérants de boite, des voyous, des prostituées et des travestis s’ouvre à nous. Un monde où tout le monde s’adore, tout le monde s’arrange, mais ou tout n’est que faux semblants. Manipulations et profondes solitudes. Le personnage de Roschdy Zem, homme représentant de l’intégrité, tente de faire la loi, avec les dérives que cela suppose. Mais comment ne pas franchir la ligne lorsque les agressions, les menaces et les coups fourrés viennent de partout ? Sans jamais prétendre vouloir répondre à cette question, le film, juste et passionnant de bout en bout, la pose avec brio.

La réalisation prend ce qu’il y a de mieux à la télévision : l’économie de moyens et la sobriété, grâce à une caméra jamais brusque, sans pour autant être figée. Sans révolutionner quoique ce soit, ni même apporter au genre, elle est efficace. Les acteurs font leur boulot. Roschdy Zem confirme son pouvoir d’attraction. Que ce soit dans les silences ou dans les dialogues, il dégage une présence incroyable qui donne toute sa crédibilité à ce flic qui fait peur. Sara Forestier, tout le long du film, est à la fois distante et charmante, et cela nous intrigue. Qui est-elle réellement ? Une question que l’on se pose tout au long du film sans vraiment en attendre la réponse.

Au final, Une nuit, sans être un grand film, est rondement bien mené et confirme deux choses : le polar français est en pleine forme et on peut faire de très films en s’inspirant de la télévision.

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