#Cannes2017 D’après une histoire vraie : Critique du film de Roman Polanski

D'après une histoire vraie

D’après une histoire vraie de Roman Polanski, adaptation du best-seller de Delphine de Vigan, est présenté hors compétition au Festival de Cannes 2017. Il signe la dernière soirée de cet évènement cannois avec la montée des marches du réalisateur accompagné de ces deux actrices : Eva Green et Emmanuelle Seignier. Notre avis sur le film.

Synopsis

Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller.
Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public.
La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire.
Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne.
Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

N’est pas Paul Verhoeven qui veut…

Roman Polanski confirme son attrait pour les thrillers. Il livre en cela un film aux allures de sa précédente réalisation Le Locataire sans le plan de l’ambiance. Toujours inspiré par l’univers littéraire, le cinéaste met beaucoup de The Ghost Writer en creusant la thématique de l’alter-égo. Le personnage de Elle est en effet nègre. En cela, il y a une résonance entre Delphine et Elle, une sorte de hiérarchie entre l’auteure légitime et son double maléfique. Le réalisateur use encore une fois des attraits féminins de sa femme après l’avoir sublimée dans La Venus à la Fourrure.

On retrouve également du cinéma de Paul Verhoeven dans D’après une histoire vraie s’agissant du jeu de manipulation qui s’installe entre les deux protagonistes. Le personnage de Elle du Roman Polanski nous renvoie en cela une année en arrière lorsqu’on découvre à ce même festival de Cannes la prestation étonnante d’Isabelle Huppert dans le film Elle. Le machiavélisme supposé de ce protagoniste n’est pas également sans rappeler l’obscure Catherine Tramell, incarnée par Sharon Stone, dans Basic Instinct.

 

D'après une histoire vraie

 

Cependant, n’est pas Paul Verhoeven qui veut… En cela, Roman Polanski va vite s’embourber dans un jeu de perversion qui le dépasse. Le duo Green-Seignier ne fonctionne pas. Il manque des étincelles dans leurs dialogues, relativement descriptifs et sans couleur. L’adaptation n’est pas du tout efficace. Olivier Assayas, à la main sur le scénario, semble vouloir recréer les rouages de son Personal Shopper, livré l’année dernière. Ici, le mystère est vide rompu et on s’ennuie rapidement.

Le retour de Roman Polanski sur la croisette semble donc rater. On comprend mieux cette projection hors-compétition.

 

Total
8
Shares
Previous Post
In the Fade critique

In The Fade : Critique du film de Fatih Akin

Next Post
cycle_religions_pathe_fondation

Religions à l’écran du 24 mai au 20 juin à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Related Posts

« A Serious Man » De Joel et Ethan Coen (2009)

Le synopsis et la bande annonce semblaient présager un Coen mineur, une sorte de « Chute Libre » yiddish où un « homme sérieux » donc, en avait marre d'encaisser les coups et se révoltait contre ses problèmes dans un élan de furie vengeresse. Heureusement les Coen n'ont pas sombré dans cette simplicité… « A Serious Man » cache son jeu pour mieux frapper en temps voulu, et derrière une modestie très pro (pas de promo abusive ou mensongère, pas de stars à l'écran si ce n'est peut-être Richard Kind, acteur vaguement célèbre qu'on a surtout vu en Ralph dans « Spin City ») se cache un film très personnel, aussi maîtrisé et net qu'une formule mathématique, et qui pourrait, de surcroit, être LE film du pourquoi du comment de l'univers des frères Coen…
Lire plus