Critique de « Belgica » de Felix Van Groeningen

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Après « La merditude des choses » (2009) et « Alabama Monroe » (2013), le Flamand Felix Van Groeningen est de retour avec « Belgica » qui entremêle l’histoire de deux frères et la création d’un bar musical gantois dans lequel ceux-ci s’investissent. Malgré quelques longueurs, le film s’avère tantôt euphorisant et tantôt émouvant, d’une grande richesse.

Synopsis

Jo et Frank sont frères et, comme souvent dans les familles, ceux-là sont très différents. Jo, célibataire passionné de musique, a ouvert son propre bar à Gand, le Belgica. Frank, père de famille à la vie bien rangée et sans surprise, propose à Jour de le rejoindre pour l’aider à faire tourner son bar. Sous l’impulsion de ce duo de choc, le Belgica devient en quelques semaines « the place to be ».

Critique

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Film d’atmosphère et d’ambiance plus que d’action ou d’intrigue, « Belgica » arrive excellemment à saisir l’esprit et la teneur du lieu de son titre qui devient un personnage à part entière. Sur la bande-son composée par le groupe Soulwax, tour à tour énergique ou lyrique, régulièrement entêtante, Felix Van Groeningen, primé à Sundance pour sa mise en scène, fait le choix d’éviter les champs-contre-champs classiques pour leurs préférer des mouvements d’appareil immersifs. A un découpage sophistiqué ou à un saucissonnage de plans multiples, le réalisateur belge privilégie des plans-séquences mouvants qui nous plongent tête la première au cœur du Belgica et en captent toute l’effervescence, la ferveur et l’excitation du public, l’éveil de la libido, l’énergie puis l’exténuation des danseurs, l’ébriété croissante de la foule, les éventuelles échauffourées avant l’engagement de vigiles aux airs de molosses féroces.

belgica S’il n’atteint peut-être pas le niveau d’un Bergman, Van Groeningen sait aussi parler avec beaucoup de justesse des rapports humains, qu’ils soient familiaux – le thème de la fratrie est omniprésent, et, le plus souvent, les deux frères sont soit réunis dans le même plan, soit reliés à la faveur d’un montage parallèle – ou amoureux. Arne Sierens et Felix Van Groeningen, les auteurs du scénario, ont un sens de l’observation et du dialogue. Par ailleurs, si la trame du scénario est très classique – traçant une ascension puis une chute – l’intérêt du spectateur est maintenu tout du long par les qualités conjuguées de mise en scène, d’écriture et d’interprétation. Si le film dure deux bonnes heures et que cela est un peu long, Van Groeningen confirme son talent et la place importante qu’il occupe au sein du cinéma belge et européen.

La critique en vidéo !

https://www.youtube.com/watch?v=DCouDheA3Dc

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