Critique de Taken 3 écrit par Luc Besson, avec Liam Neeson

Exit les histoires d'enlèvements, Besson et Robert Mark Kamen dérivent des deux précédents scripts pour monter une histoire farfelue de vengeance.

Synopsis

L’ex-agent spécial Bryan Mills voit son retour à une vie tranquille bouleversé lorsqu’il est accusé à tort du meurtre de son ex-femme, chez lui, à Los Angeles. En fuite et traqué par l’inspecteur Dotzler, Mills va devoir employer ses compétences particulières une dernière fois pour trouver le véritable coupable, prouver son innocence et protéger la seule personne qui compte désormais pour lui – sa fille.

Critique

Il n'y a rien de bon dans ce Taken 3. Après Lucy qui a franchi un nouveau cap dans la course au pire, c'est à croire que Luc Besson part en croisade contre le bon cinéma et qu'il fait une affaire personnelle que de réaliser / écrire / produire de mauvais films.

Le scénario est vu et revu : une triste histoire de vengeance fait repartir en vrille notre Bryan Mills à la recherche d'une vie paisible. Cela ne vous rappelle pas l'excellent Le Fugitif ? Course poursuite, cavale, fusillades, l'ex-agent secret reprend encore une fois du service pour découvrir qui a tué son ex-femme. Au menu, un répertoire gigantesque de clichés plus horribles les uns que les autres. Du côté des gentils, Bryan Mills (Liam Neeson) et son équipe prônent la recherche d'informations à tout prix (dont l'exécution arbitraire dans l'action) pour identifier les auteurs de la tuerie. Cette équipe d'Expendables au rabais met la police à l'amende systématiquement grâce à leurs joujoux high tech. Du côté des méchants, une bande de russes stupides, alcooliques (forcément), bourrins et naïfs vient mettre le boxon pour quelques millions de dollars d'impayés. Entre les deux, le gentil flic Dotzler (Forest Whitaker) super-intelligent et ses affreux tics est d'un ridicule inégalable. En effet, il joue avec des élastiques pour se déstresser et n'hésite pas à sortir son "totem" à la Inception qu'est un cheval de jeu d'échec. Sans doute une astuce pour tenter de donner de la profondeur au personnage. (Et bien sûr, en bon flic, il se gave de donuts...).

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La liste des clichés est longue et pourrait faire deux ou trois belles pages, mais nous vous laissons le plaisir de tous les découvrir.

Ce magnifique panorama de personnages - tous dans la surenchère - se met en branle au service d'un script bourré d'incohérences et d'invraisemblances. Entre les courses poursuites durant lesquelles les véhicules se réparent magiquement d'un plan à l'autre et les franchissement de clôture nécessitant 15 caméras pour un seul plan, on peut comprendre que les pauvres scribouillards du plateau n'aient pas le temps de noter tout ce qu'il se passe et que les faux-raccords soient de mise. La réalisation musclée (comprendre caméra qui bouge tellement que cela fait mal à la tête) fait perdre énormément de lisibilité aux scènes d'actions et de combats...

Heureusement qu'il y a une morale à l'histoire : tu as le droit de casser la gueule aux forces de l'ordres, détruire un immeuble, recourir au meurtre, exploser une autoroute... Tout cela est pardonné et oublié par l'Etat vu que ton acte est justifié par les actions d'un vicieux mafieux Russe.

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"Aller, on fait la paix, malgré tes 45 millions de dollars de dégâts dans la ville"

 

Le film atteint l'apothéose du nanars total lors de la scène finale du combat entre Bryan Mills et Oleg Malankov. Une sorte de bourrinage à la Scarface durant lequel aucun des deux "soldats d'élite" n'est capable de placer une balle sur mille.

Bref, Taken 3 est l'archétype du film produit et réalisé pour générer un maximum d'argent pour le minimum syndical. A fuir absolument.

2 comments

  1. dave 27 avril, 2015 at 22:23

    excellente critique, cela reflète vraiment le film!
    donc cette fois ci,pour la critique, le chroniqueur avait bonne humeur^^

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