Critique du classique de 1938 : Les Aventures de Robin des Bois

         The Adventures of Robin Hood est un peu comparable à un de ces vieux objets souvenirs ramenés de vacances. Ils ont beau être vieux et prendre la poussière, chaque fois que nous les contemplons nous retombons dans une nostalgie et une allégresse infinies. Car oui, ce long-métrage ne se regarde pas il se contemple. L’acteur principal se fait appeler Errol Flynn, l’actrice principale, Olivia de Havilland, quant au réalisateur il se nomme Michael Curtiz. Je pourrais arrêter mon papier là car vous avez déjà trois bonnes raisons de le regarder (de le contempler pardon). Mais soyons fous.

Un blockbuster d’avant-guerre

         Bien qu’il y ait eu une trentaine d’adaptations cinématographiques de Robin des Bois, The Adventures of Robin Hood reste encore aujourd’hui l’interprétation la plus culte et la plus mythique du célèbre archer. C’était même un blockbuster avant l’heure. A sa sortie en 1938, le film était le plus cher jamais produit par la Warner Bros. Il avait coûté plus de 1,900,000$. Une somme astronomique pour l'époque. Un projet qui faillit mal finir tant les dépassements de budget étaient conséquents et les délais difficiles à respecter. Retour sur ce monument qui fait encore parler de lui huit décennies après sa sortie.

Evoquons d’abord le contexte historique. Nous sommes au cœur de l’Angleterre, fin XIIème siècle. Le royaume est gouverné par Richard 1er dit Cœur-de-Lion. Parti pour les croisades, le roi est fait prisonnier par Leopold d'Autriche qui demande une rançon. Plutôt que de payer, le Prince Jean, frère du roi, s'installe sur le trône d'Angleterre. Robin de Locksley, archer de grande valeur, refuse de reconnaître l'usurpateur et organise dans la forêt la résistance pour sauver son roi.

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Comédiens et couleurs resplendissantes

Nous retrouvons donc un Robin des Bois flamboyant accompagné de ses fidèles les Joyeux Compagnons, avec des personnages cultes que l’on retrouve, tels que Frère Tuck, un moine, Petit Jean, son camarade le plus célèbre, ainsi que Will Ecarlate, nommé ainsi parce qu’il est toujours vêtu de soie rouge. Une joyeuse bande de copains bienveillante que nous prendrons plaisir à voir évoluer tout au long du film, caractérisé par son humour bien particulier et des aventures emplies de joie.

         Sur le plan des comédiens, difficile de choisir entre Errol Flynn qui incarne Robin et Olivia de Havilland qui joue le rôle de Lady Marianne.

Bien qu’Errol Flynn avouera ne pas s’être autant amuser que ça sur le tournage (notamment parce que son épouse était aussi l’ex-femme du réalisateur), c’est tout simplement l’acteur parfait pour ce rôle. Ce dernier nous livre une prestation d’un Robin des Bois grandiose. Avec une prodigieuse énergie, il joue le justicier en collant vert avec son charisme habituel si caractéristique et une fougue dont il peut se vanter.

Olivia de Havilland n’a pas à se plaindre de son côté. L’actrice perfore l’écran avec son regard de braise et sa douceur au goût lait-fraise.

Concernant l’image, quelle incroyable qualité nous avons à l’écran ! Nous sommes face à un technicolor époustouflant, où les costumes verts et rouges claquent à l’écran, où l’eau scintille, où les couchers de soleil sont flamboyants. Cet aspect chatoyant contribue grandement à donner un ton jovial et inoubliable à l’œuvre de Michael Curtiz.

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Des airs de classicisme

Ajoutez à ça une mise en scène particulière, assez proche du genre théâtral. Tout ce qui se passe à l’écran, tout ce que peut voir ou apercevoir le spectateur est exploité. C’est notamment le cas avec le sens du détail. Le moindre accessoire au service de l’action pure est utilisé. Tables retournées, chaises renversées, lames luisantes, escaliers circulaires, la liste est longue. Toujours avoisinant le genre théâtral, nous retrouvons ici la règle de la bienséance pour ne pas choquer le spectateur, principe utilisé dans le théâtre classique français quatre siècles plus tôt. Conséquemment, nous n’avons pas de sang et des combats non-violents qui nous font plus sourire qu’autre chose.

Tout cela dans un rythme très soutenu avec de nombreuses péripéties qui ne nous donnent pas le temps de souffler, en plus de rendre le film hautement dynamique.

Concluons en évoquant une bande-son joyeuse, à l’image de Robin des Bois et de son insouciance. Très importante dans un long-métrage qui ne laisse pas beaucoup de place aux échanges avec de nombreuses scènes d’action et de combats, des discussions concises et un jeu sans paroles de la part des acteurs, et qui ajoute encore à la gaieté du film.

Bilan

         Somme toute, Les Aventures de Robin des Bois constitue LE classique par excellence, dans le sens noble du terme. Une œuvre qui ne vieillit pas, ou bien le fait avec charme et classe. Un film qui, à l’instar de Cupidon et de son héros principal, marque l'esprit des spectateurs avec une flèche en plein cœur. Ça aura également été le cas pour Wolfgang Reitherman qui s’inspirera librement de ce film pour produire le classique d’animation Robin des Bois près de quarante ans plus tard.

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