TUNNEL : un film catastrophe parfaitement exécuté

Une dose parfaite d'humour10
Sans oublier d'écrire un vrai Drame10
Avec des acteurs convaincants !9
Des téléphones (coréens) increvables...8
Des voitures (coréennes) increvables...8
9

Le réalisateur coréen Kim Seong-hun marque un franchement l'année 2017 avec son film TUNNEL. Ce film catastrophe, à la frontière entre comédie et drame, bénéficie d'un équilibre parfait dans sa réalisation, son écriture et le jeu des acteurs.

Après Hard Day sorti en 2015 et qui avait déjà été remarqué par la critique internationale, Kim Seong-hun est un réalisateur a surveiller ! Surtout lorsque l'on sait que TUNNEL n'est que son troisième film. Vous pouvez également retrouver notre interview de Kim Seong-Hun sur Devenir-realisateur.com.

Synopsis

Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

Critique de TUNNEL : un film émouvant

tunnel_Kim Seong-hunL'attachement aux personnages est définitivement l'un des critères majeurs dans la réussite d'un film dramatique. Si le spectateur ne parvient pas à créer de lien, qu'il n'y a aucune empathie (ou de haine), le résultat ne peut pas être brillant.

Kim Seong-hun parvient, avec TUNNEL, à nous embarquer dans un entremêlement d'émotions très intéressantes ! Le héros de l'histoire Jung-soo (Ha Jung-Woo) a beau être enseveli dans un tunnel autoroutier, il n'est pas le seul personnage à être attachant. On a pitié de lui, on se sens solidaire.

tunnel_Kim Seong-hunA l'autre bout du tunnel, le sauveteur Dae-kyoung (Dal-Su Oh), sait nous faire rire parfois à gorge déployée ! Il incarne à 200% la comédie dans le film, parfaitement maîtrisée sur les thèmes abordés et dans l'écriture. A ses côtés, la femme de Jung-soo - Doona Bae dans le rôle de Se-hyun - est la figure même de la tristesse.

Cette distribution des rôles et des émotions permet au spectateur de s'agripper à chacun des personnages en creusant réellement leurs psychologies propres. A aucun moment on ne doute du jeu des acteurs. Il dégage de l'ensemble une sorte de sincérité, de réalisme proche du documentaire. C'est presque par le rire que l'on se souvient qu'il s'agit finalement d'un film tragi-comique.

Dénoncer le comportement des médias

tunnel_Kim Seong-hunÉtonnamment, il existe bien une sorte de "méchant" dans le film ! Le tunnel n'est pas le seul adversaire que semble vouloir combattre le réalisateur ! Qui donc a obtenu le plus mauvais rôle ? La presse ! C'est la presse et les médias qui sont clairement montrés du doigt, caricaturés par des journalistes-sangsues à la recherche du scoop à tout prix. La vie humaine de Jung-soo n'est le centre d'intérêt qu'au début du film, pour devenir une thématique lassante... subissant un tout autre traitement !

Les soucis de corruption de la Corée sont aussi rapidement dénoncés par le réalisateur, qui n'hésite pas à préciser en interview que "seuls quelques personnes, quelques coréens sont corrompus !". Mais c'est loin d'être le sujet principal du film.

Un très bon film au final

tunnel_Kim Seong-hunLes deux heures de film passent à une vitesse incroyable. L'alternance entre les situations angoissantes à l'intérieur du tunnel, avec ce sentiment d'impuissance des sauveteurs de extérieure est parfaitement maîtrisée. Alors qu'il démarre comme un vrai film catastrophe, TUNNEL sait évoluer pour dégager de nouvelles émotions inattendues.

Nous sommes très loin du film d'action à base de dynamitage de roche pour libérer un prisonnier. La musique n'est pas assourdissante. La caméra sait se poser.

Résultat : une sensation d'immersion impressionnante lors des séquences souterraines, ainsi qu'un véritable attachement aux personnages du film.

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