Critique NO SPOILER Rogue One : A Star Wars Story

Critique NO SPOILER Rogue One : A Star Wars Story Antoine Godbillon

Summary:

4

Un film de guerre dans les étoiles

Le scénario de Rogue One a fait couler de l’encre depuis 2015. Entre les rumeurs liées à une nécessité de tourner à nouveau une grande partie du film, et les soucis de communication autour du film, Disney s’est mis une sorte de forte pression sur ce premier spin-off de la saga Star Wars. D’autant plus que Rogue One arrive très rapidement après l’énorme succès critique de Star Wars 7 : Le Réveil de la Force.

C’est aussi un défi d’importance pour Lucas Film et Disney que de lancer de nouveaux spin-off. Car l’univers de Star Wars a déjà été très fortement développé dans les séries dérivées d’animation comme The Clone Wars. Rogue One : A Star Wars Story parvient-il a être plus original que Star Wars 7 ? Les nouveaux personnages sont-ils attachants ? Bref, ce nouvel opus hors de la saga initiale a-t-il une place dans l’univers créé par Georges Lucas ?

Attention, à la demande explicite de Disney, nous n’avons pas de droit de dévoiler les éléments de l’intrigue ou encore les liens unissant les personnages. Cette critique est donc no spoiler. Mais vous pouvez lire notre dossier d’analyse complet.

Synopsis

Se déroulant juste avant l’épisode IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

Un space-opera familial, again !

Il n’y a pas de secrets, un Star Wars sans histoire de famille, c’est comme un café sans caféine, cela n’a aucun intérêt et en plus, ce n’est pas bon. Le trailer est déjà très clair là-dessus : Jyn Erso (Felicity Jones) et son père Galen Erso (Mads Mikkelsen) vont être au cœur de l’histoire, et c’est bien le cas. Tout comme l’intégralité de la saga Star Wars, Rogue One est clairement fondé sur les relations de filiation entre les personnages.

Paradoxalement, Rogue One est bien que plus intéressant niveau scénario que Star Wars : Le Réveil de la Force ! Et pourtant, tout le monde connait la fin : les plans de l’Etoile de la Mort sont volés par la Rébellion et transportés par Leïa et R2D2. Mais alors comment se fait-il que le film soit si réussit ? Car le doute plane toujours sur la manière dont la bande de rebelle va se sortir des multitudes de situations dans lesquelles ils tombent. Un peu à l’image d’un Indiana Jones, les héros parcourent la galaxie (ou du moins un système) à la recherche des fameux plans de l’Etoile Noire. A chaque étape son lot d’explosions et de batailles, de rencontres plus ou moins favorables. C’est donc un film mêlant différents genres que nous propose Gareth Edwards : un space opera familial mais aussi un film de guerre. Ce qui veut aussi dire, beaucoup de figurants et de personnages.

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C’est d’ailleurs un des principaux défaut du film : il y a bien trop de personnages ! On est clairement dans le domaine des « expendables ». De fait, il est difficile de réellement s’attacher aux différents protagonistes. Bien sûr, Jyn Erso est le personnage principal ! Mais elle ressemble bien trop à Rey de Star Wars 7 (en mieux quand même), que se soit dans le jeu que dans le script du personnage. Deux femmes « fortes », qui ont une grande gueule et qui n’hésitent pas à aller de l’avant, au contact ! Le second personnage intéressant est Cassian Andor (Diego Luna). Il vit la Rébellion depuis toujours et doit faire des choix qui vont influencer à la fois sa vie mais l’histoire… A l’image de Jyn et Rey, Cassian ressemble énormément à Poe Dameron, les blagues en moins. Heureusement, le droïde du film, K-2SO est très marrant pour compenser le côté très sérieux de la bande de rebelles… Attention donc de ne pas tomber dans le piège de faire trop de films de « clones », en changeant juste le scénario !

Mais si les personnages ne sont pas nécessairement excellents, ce n’est pas dramatique car ils sont mis au service d’une énorme réalisation qui montre un univers magnifique, au travers de la caméra de Gareth Edwards.

Un film de guerre dans les étoiles !

Il y a toujours eu beaucoup de batailles dans Star Wars, ainsi que des duels de sabre laser. Cependant, La Guerre des Etoiles n’a jamais été réellement très « guerrier » dans le style. Gareth Edwards apporte une notion qui manquait dans les films de Georges Lucas : la Guerre. Rogue One connait des séquences qui sont dignes de grands films de guerres. On y retrouve l’infanterie et le combat rangé, et en extérieur de surcroît ! Les grandes batailles sont désormais en plein jour et durent longtemps. Terminé les interminables échanges de tirs de pistolets-lasers dans un croiseur interstellaire 😉 La contre-partie à cette violence de la guerre est de donner un ton plus dur, plus réaliste… Beaucoup de morts, beaucoup d’échanges de tirs, une caméra au plus proche des scènes de guerre.

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La réalisation de Gareth Edwards (Godzilla, Monsters) reste classique mais très immersive. Le spectateur est au plus proche de la bande de rebelles et a presque l’impression d’en faire partie ! Ne reste plus qu’à éviter les tirs des Shoretroopers ! Pour accentuer l’intégration dans l’univers Star Wars censé se dérouler avant l’épisode IV, Greig Fraser (photo) et le réalisateur ont opté pour des objectifs de caméras datant des années 70, couplés aux technologies numériques d’aujourd’hui. Cela donne un cachet très années 70 à Rogue One, tout à fait dans la lignée des premiers épisodes de la saga de Georges Lucas. Surtout qu’il fallait que les deux films (Rogue One et l’Episode IV) puissent se rejoindre à un moment donné ! Mais nous ne pouvons pas en dire plus.

Du côté des méchants de l’histoire, on découvre le Directeur Orson Krennic, un farouche militaire pas forcément très futé, qui manque clairement de charisme. L’archétype du méchant-con. Heureusement, une autre tête familière vient renforcer l’Empire, et non, on ne parle pas de Dark Vador ! (Vous verrez bien !)

Un Dark Vador sans pitié

De nombreux codes de l’univers Star Wars sont présents dans le film Rogue One. Cela démarre bien sûr avec le « a long time ago in a galaxy far far away….« , puis un plan dans l’espace. Disney avait prévenu : il n’y aura pas de générique déroulant, qui sont dédiés aux films de la saga. Parmi les autres codes à respecter, il faut noter que toutes les scènes ont un charme très particulier avec notamment un gros travail sur les décors et costumes. C’est presque plus diversifié et réaliste que Le Réveil de la Force. Le travail sur « l’univers étendu » de ce spin-off vaut le détour.

Les personnages ont tous un une introduction qui donne un contexte précis et nous permet de les cerner en quelques minutes, voire secondes. Et bien sûr, c’est Dark Vador qui est le mieux travaillé ! Les quelques rares scènes featuring Anakin Skywalker sont d’une rare intensité, qui colle par ailleurs à la réalité sans pitié de la guerre dont nous parlions précédemment. La musique fait aussi le boulot pour accompagner les acteurs et la réalisation. Le maestro Michael Giacchino (Zootopie, A la poursuite de demain, Là-Haut, Ratatouille…) reprend avec une belle aisance les thèmes de Star Wars pour les remanier en version Rogue One. Parfois, on est un peu frustré d’entendre le début de grands thèmes, qui s’arrêtent brutalement pour reprendre sur une nouvelle version… Mais c’est le jeu du spin-off !

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Rogue One : A Star Wars Story est globalement un film très réussi, que l’histoire classera un peu à l’écart de la saga du fait de son aspect atypique et dur. Mais n’était-ce pas l’objectif souhaité ? Créer des spin-off visiblement différents ?

Le mot de la fin ? Rassurez-vous, comme toujours, c’est l’espoir qui mène la danse !

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