#Gerardmer2016 : Critique The Witch, prix du jury SyFy

Prix de la mise en scène au Festival de Sundance 2015, The Witch, réalisé par Robert Eggers, était l'un des films les plus attendus de la sélection du Festival de Gerardmer 2016. Le film a d'ailleurs remporté le prix du jury Syfy, en partenariat avec Canal Sat.

Synopsis

1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

Critique du film

The Witch est un premier film. Auparavant, Robert Eggers avait surtout travaillé comme chef décorateur sur quelques projets, notamment à la télévision. Le budget de son film est de seulement 1 million de dollars, ce qui, même pour un film d'horreur, est vraiment peu. Il y avait donc de bonnes raisons de douter du potentiel du film, surtout que la possession par le diable ou autres démons est un thème un peu rabâché ces dernières années par des films de plus ou moins bonne qualité. Et pourtant, The Witch est une vraie réussite, aussi bien maîtrisé du point de vue de la mise en scène que du scénario.

the-witch6Attention tout de fois, le film n'est pas forcément facile d'accès. Certes les images sont extrêmement belles, comme des tableaux, mais le rythme est lent, surtout dans le première partie du film. Le film est très bavard, la religion est omniprésente et les éléments fantastiques sont finalement assez en retraits, ou plutôt discrets dirons-nous, pendant un long moment. Cela n'empêche pas le film d'être passionnant, riche et complexe pour celui qui se laisse embarquer. Le réalisateur, pour une grande partie des dialogues, s'est appuyé sur des comptes rendus d'époque, ce qui contribue fortement au réalisme et à la justesse des rapports entre les personnages.

Au fur et à mesure que l'intrigue évolue, une certaine tension s'installe et les éléments fantastiques sont de plus en plus présents. L'une des forces du film est de développer une intrigue peu prévisible. Il est assez difficile d'éprouver de l'empathie pour certains personnages, mais tous sont travaillés intelligemment et présentent une certaine ambiguïté. Durant une bonne partie de l'intrigue, on constate l'influence néfaste de la religion, tout du moins du fondamentalisme, sur le bien être d'une famille et sur l'innocence présumée d'une jeune fille, facilement accusée par le reste de sa famille de méfaits dont elle n'est pas forcément responsable. Est-elle pour autant si innocente que l'on veut bien nous le montrer ? C'est l'un des enjeux du film, jusqu'à son dénouement particulièrement réussi, pas forcément prévisible et plutôt malin.

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Si le film bénéficie d'une plastique incroyable et d'un scénario intelligent, il bénéficie également d’interprètes extrêmement bons. Ralph Ineson, en particulier, incarne un père qui, dans les mains d'un acteur moins juste, aurait pu être caricatural. Robert Eggers prouve ainsi ses talents de directeur d'acteurs.

The Witch est un premier coup d'essai brillant, qui nous permet de découvrir un auteur réalisateur ambitieux et talentueux, qui semble à l'aise avec tous les aspects de la création d'un film. Si aucune date de sortie n'est prévue pour le moment en France, on espère vraiment qu'il bénéficiera d'une sortie en salles.

Bande annonce du film

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