La forme de l'eau : explications du film The shape Of Water

Explications sur les personnages de La forme de l'eau

D'où vient la créature ?

Le film, s'il évoque le conte de fées, doit aussi beaucoup au genre du film de monstres, notamment avec sa créature évoquant celle de nombreux classiques. Si The Shape of Water est clairement ancré dans les années 1960 et ses problématiques politiques et sociales, la créature, que l'on peut aussi nommer l'Amphibien ou l'atout (Asset en VO selon les mots de Strickland) est une créature "magique" et utilise ses capacités inexpliquées et mystérieuses tout au long du film.

Dans le film, il est expliqué que Strickland a découvert la créature en Amérique du Sud - plus précisément dans la jungle amazonienne - où il était considéré comme un dieu par les tribus sauvages. Ce statut de dieu peut s'expliquer par les nombreuses capacités exceptionnelles dont il fait preuve : capacité de se guérir, guérir les autres... Et même contribuer au retour des cheveux de Giles !

Que l'Amphibien soit un dieu ou simplement une créature que l'homme ne peut pas comprendre est laissé à l'interprétation, avec des personnages différents qui développent chacun leur ressenti en fonction de leurs croyances et de leurs peurs. Comme pourront le faire les spectateurs à leur tour en découvrant le film.

Bien que que la créature provienne à priori de l'Amazonie, elle ne semble pas être capable de survivre dans l'eau douce. Hoffstetler donne à Elisa une boîte de matériaux à mélanger à l'eau dans laquelle vit la créature. Il semble quand même tout à fait être capable de sortir de l'eau pour de courtes périodes de temps, comme en témoigne sa sortie de l'appartement pour le cinéma. On en sait, au final, guère plus à la fin du film et cela permet de garder un certain mystère autour de cette créature.

la creature de l'eau

Le passé mystérieux d'Elisa

Avant de nous intéresser concrètement aux thématiques et enjeux du film, il est quasi indispensable de parler d'Elisa. C'est un personnage unique, vraiment, comme on en voit peu au cinéma. Une sorte d'Amélie Poulain sans tabou et balancée dans un film de monstres.

La première question au sujet d'Elisa est toute simple : Pourquoi est-elle muette? Nous n'avons pas d'informations concrètes mais plusieurs pistes : son enfance est difficile et elle a des cicatrices au niveau du cou, qui pourraient être liées à son mutisme... Ou pas !

Nous savons aussi qu'elle s'isole des gens autour d'elle. Elle n'exprime pas ses sentiments, elle est introvertie. Au sujet de ses origines, nous savons aussi qu'elle a été trouvée, encore bébé, sur un fleuve. Et si elle venait du même monde que la créature ? On peut faire plusieurs interprétations sans réponses précise. Le plus simple est de se dire que ces différences marquées avec les autres humains, ces mystères autour du personnage (rapport à l'eau, mutisme, marques au cou...) sont à chaque fois des points communs avec la créature, un moyen de les relier et renforcer leur connexion. Ses cicatrices, à la fin du film, nous y reviendrons, seront transformées en branchies par la créature et permettront à Elisa de vivre avec lui sous l'eau.

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17 comments

  1. Romain Picot 27 février, 2018 at 13:47

    J’ai adoré le film et la critique.
    Je me posais des questions à propos de la couleur verte.
    L’artiste se fait refouler pour sa publicité car la gelée est verte et qu’on la veut rouge.
    Elisa est habillé tout le film en vert jusqu’à la nuit passée avec la creature ou elle mettre du rouge.
    La Cadillac n’est pas verte, elle est sarcelle !
    Et le film se finit par le titre qui s’affiche avec la couleur verte. Si vous avez des idées je suis preneur.

  2. baz 2 mars, 2018 at 12:12

    A moments donnés, il est distillé et suggéré que :
    – les cicatrices sur le cou d’Elisa résultent d’une opération chirurgicale “sadique”
    – Elisa est une orpheline recueillie tout enfant abandonnée et sauvée in extremis au bord d’un marigot
    – Elisa adore se branler dans son bain
    On peut en déduire qu’Elisa est donc un monstre mutant né avec des branchies, corrigées/mutilées au prix de son mutisme, du même adn que le dieu mexicain aquatique.
    D’où leurs retrouvailles et relations compatibles des plus normales, le dieu guérisseur avatarien (transhumain germain dérivé de notre lointain ancêtre l’homo tetarus) lui redonnant ses facultés amphibiennes pour le happy end des familles converties aux monstres gentils et t héros pas beaux, tolérance vivre ensemble intégration heureuse tout ça tout ça…
    Outre cette propagande ecoco lgbt balancée pour les statuettes dorées, le scénar cousu de fils gras, comporte plusieurs artifices anti logiques, normal vu le parti pris idéologique manichéen inversé, comme cette absurdité de ne pas avoir directement reconduit en estafette notre fishman évadé à l’océan tout proche, plutôt que de le faire faisander dans une baignoire au sel de guérande et le jeter avec classe dans le trop plein d’égoût, du prochain orage bien affiché en caractères gras sur le calendrier google.

  3. Naiade 2 mars, 2018 at 16:28

    Pourquoi les oeufs? Je crois avoir compris pas mal des symboles. Les doigts noircis la voiture abîmée marquant l’impuissance du personnage. La masturbation dans la baignoire qui annonce ensuite l’acte d’amour dans la même pièce. Bref rien n’est arbitraire. Alors pourquoi l’oeuf…?

  4. Sans Importance 4 mars, 2018 at 23:05

    Attention de ne pas trahir ce très beau débit de poésie comme il est maladroitement commis dans la critique cinématographique un peu plus haut…

    « Incapable de percevoir ta forme, je te trouve tout autour de moindres
    Ta présence emplie mes yeux de ton amour
    Elle rend humble mon cœur, car tu es partout… »

  5. Sans Importance 4 mars, 2018 at 23:07

    Oups! Erreur du clavier automatique…

    Attention de ne pas trahir ce très beau début de poésie comme il est maladroitement commis dans la critique cinématographique un peu plus haut…

    « Incapable de percevoir ta forme, je te trouve tout autour de moi
    Ta présence emplie mes yeux de ton amour
    Elle rend humble mon cœur, car tu es partout… »

  6. Michèle Sauvage 5 mars, 2018 at 13:39

    Je me demande qu’est-ce que Elisa a dit à Strickland en language des signes.

  7. Tessaro 8 mars, 2018 at 18:42

    Bonjour. Quel est l´auteur du poème à la fin du film?
    La couleur vert représente l’espoir…. il faut toujours croire en son avenir?le flottement

    Le flottement dans la pièce remplie d’eau m’a fait penser au Titanic instantanément , sans savoir pourquoi. ? Continuer comme cela v’est Super.
    Phipadilou

  8. Michèle Sauvage 9 mars, 2018 at 16:05

    La cpuleur vert sarcelle est typique aux années 50 début 60. Presque tout était de cette couleur. Je me souviens des appareils ménagers et petits électroménager de mes parents tous vert sarcelle. Les affiches des magasin et la voiture de mon père vert sarcelle. C’était la couleur à la mode à cette époque en Amérique.

  9. dog 6256 15 mars, 2018 at 03:35

    Personne n’a vu l’ombre de Darwin flotter ? La théorie de l’évolution… Nos propres facultés ignorées, insondées, inexplorées… tout comme le fond des océans… ou de la conscience
    Personne ne songe que ce film est un symbole de vie, de fécondité, d’éternité, entre l’eau et l’œuf, et ce mouvement lancinant, cette vibration perpétuelle que l’eau propage ?
    Personne ne songe que le « vert sarcelles » nous parle des frontières plus que floues entre le bleu et le vert, et nous plonge au cœur de l’englouti, des profondeurs qui restent à découvrir, en nous et autour de nous ?
    Car la couleur n’existe pas… c’est une longueur d’onde
    J’y vois donc un travail d’alchimiste, une lente fusion entre ce que nous avons été, ce que nous sommes, et ce que nous deviendrons, pour peu que nous prenions conscience de notre humanité.
    Ce film, onirique à souhait, est un appel à notre humanité, à ce qui nous fonde, à ce qui nous lie
    Ce qui flotte ici, ce qui nous entoure et nous forge, ce qui clignote bleu comme clignote « mon frère », c’est mon « âme », celle dont je suis incapable de percevoir la forme… qui rend humble… car elle est partout.
    Nous sommes ce que nous décidons d’être, des êtres vils et sans honneur ou bien des héros. Et nul doute que nous sommes à la croisée des chemins. De nos choix personnels découleront d’infinis possibles, des possibles fragiles, en devenir, et qu’il suffit juste de vouloir pour que nos branchies se révèlent et que s’ouvre la porte d’un nouveau monde …

  10. Michèle Sauvage 15 mars, 2018 at 04:06

    Alors là mon frère je crois que tu devrais lâcher la drogue, retirer ta chemise aux motifs fleuris, enlever la couronne de fleurs que tu portes au cou, enlever le bandeau que tu as autour de la tête, enlever tes petites lunettes rondes, jeter ton macaron “peace and love” entrer dans ta machine à remonter le temps pour quiter les années 60 et revenir en 2018 ????

  11. Yunity 21 mars, 2018 at 00:55

    DOG 6256 : Il y aurait un moyen de te contacter, pour discuter d’avantage de ton point de vu ?

  12. lustro 24 mars, 2018 at 23:09

    Bravo pour les commentaires, il y en a qui vont loin…Moi aussi je suis romantique et je vois la créature et la belle vivrent heureux au fond de l’océan…Guillermo del toro est un cinéaste de l’amour, ses films baignent dans un onirisme qui me fait penser à Cocteau et la fin du film quand ils s’enlacent et s’embrassent me fait penser à la fin de la Belle et la bête du dit Cocteau…Merci M Del toro de nous faire rêver…Il était une fois…

  13. dog 6256 1 avril, 2018 at 14:34

    A Michèle Sauvage : JE SUIS UNE FILLE pour le cas où le message s’adressait à moi. A Yunity : comment fait-on? Je ne souhaite pas spécialement donner mes coordonnées ici sur le web… ???

  14. Jin 31 juillet, 2018 at 00:25

    Un pan important de l’analyse devrait concerner la dimension mythologique :
    – le cinéma Orpheus, et la créature à la fin qui, tel Orphée, essaie de ramener à la vie son Eurydice/Elisa,
    – ce même cinéma qui diffuse le film du Livre de Ruth (grand-mère du Roi David),
    – Samson et Dalila, bien sûr,
    – les chats de Giles (Thor, Pandore, etc.)
    Il y a tant et tant de références à ces récits anciens…

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