Blade Runner 2049 : explications du film et de la fin

Attention, ceci est une analyse de Blade Runner 2049, réalisé en 2017 par Denis Villeneuve. Si vous cherchez une analyse du premier Blade Runner, réalisé par Ridley Scott en 1982, c'est par là que ça se passe : Explications de Blade Runner.

Revenons donc à nos moutons (les fans purs et durs comprendront), et concentrons-nous donc sur Blade Runner 2049, le film avec Ryan Gosling dans le rôle titre. Il s'agit là aussi d'un polar SF plutôt sombre, se déroulant dans un monde encore plus dévasté et lugubre que le film précédent. Et encore une fois, le film va au-delà de la simple intrigue policière et se permet des réflexions philosophiques ambitieuses pour un blockbuster de ce calibre. Comme à notre habitude sur Oblikon, je vais profiter de cette analyse pour vous donner le plus de clarté possible. Au programme : des explications sur l'intrigue, une interprétation du discours philosophique du film, les questions sans réponses, mon avis sur la fin, mes théories pour un éventuel Blade Runner 3...

Synopsis du film

En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies...

Cet article est 100% spoilers sur l’histoire et le déroulement de l’intrigue du film. Je vous conseille évidemment d'avoir vu Blade Runner 2049 avant de parcourir cette analyse. Je vous souhaite bonne lecture, et surtout n'oubliez pas de réagir en commentaires et de nous partager vos hypothèses. Cette analyse a été rédigée à chaud. Il y a forcément plein d'autres choses à dire sur le film de Denis Villeneuve.

Nous allons maintenant commencer l'analyse en revenant sur les différents modèles de Répliquants et autres éléments de compréhension importants pour aborder 2049 avec les connaissances essentielles.

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18 comments

  1. Valentin 6 octobre, 2017 at 01:45

    Merci de cette analyse.

    Concernant les yeux de Wallace, vous n’avez pas parlé de la fin de Nexus 2036 où Wallace lance un regard à ses interlocuteurs, comme pour montrer que sa cécité est peut-être un mensonge.
    En ce qui concerne une éventuelle suite, cela me parait presque évident. Notamment par rapport à la rébellion évoquée dans le film et aussi par rapport à cet accouchement inexpliqué. Cependant, si le film n’a pas de suite, la plupart des questions qu’on peut se poser à la fin du film n’ont pas essentiellement besoin de réponses. Et les questions sans réponses claires, c’est quelque chose que le premier film Blade Runner ne s’est pas gêné de faire (Même si je l’accorde, il y en a beaucoup à la fin de Blade Runner 2049).

  2. olivierripoll 6 octobre, 2017 at 12:07

    Je me pose plusieurs questions :

    1 que signifie la référence juste à l’ endroit ou est le scalpel de Snaper à toucher l’os du bassin de Rachel ?

    2 Pendant l’analyse des cheveux de Rachel, l’ordinateur démontre 2 individus avec le même Adn…

    3 quand Deckard est amené par Luv vers les colonies, elle répond à la question de ce dernier : nous rentrons à la maison… une autre fabrique de répliquant ?

    olivier

    et félicitation pour ce site.

  3. peace and cut 7 octobre, 2017 at 16:20

    Bonjour. Il y a deux choses qui me dérangent dans ce film (que j’ai par ailleurs adoré). Pourquoi est-ce que Niander Wallace et les Nexus 8 n’essaient pas de trouver un accord pour atteindre leur objectif, qui est commun, à savoir faire en sorte que les réplicants puissent se reproduire. Evidemment Niander veut en faire des esclaves et les Nexus 8 des êtres vivants libres, mais en attendant ni l’un ni les autres ne savent comment faire en sorte qu’ils se reproduisent. Bon après c’est vrai que les Nexus 8 voit l’enfant un peu comme jésus donc il n’ont pas une approche scientifique comme Niander. Comment expliquez-vous cela? Autre chose, le film laisse entendre qu’il n’y a quasi plus d’arbres sur terre (posséder un bout de bois rend très riche, c’est donc un matériau très rare). Comment les êtres humains font-ils pour respirer? et les réplicants, si on admet qu’ils ont besoin de l’O2 pour respirer.

  4. Jil 8 octobre, 2017 at 02:03

    Merci pour cette analyse
    Je pense que K meurt à la fin car la musique qu’on entend est la,meme que clé de la mort de Roy Betty dans le premier Blade Runner

  5. Pato Donale 8 octobre, 2017 at 21:07

    Mes principaux doutes:

    – qui sont les 2 êtres qui partagent le même ADN (un homme/une femme)?

    – si Ana est la fille, comment expliquer qu’elle se retrouve là où elle est? Dans sa bulle de verre et il me semble qu’elle parle de ses parents…

    – pourquoi Luv laisse K vivant à Vegas?

    – pourquoi K ne tue pas Deckard comme convenu?

    – pourquoi K était-il « filé » alors qu’il n’est donc visiblement pas l’enfant…

  6. Anne Contri 9 octobre, 2017 at 00:05

    Alors voici mes réflexions : dans BR19, j’ai émis l’hypothèse une demi-seconde que Deckart soit un Répliquant… Et puis non. Impossible. Pour moi, c’est un humain, évidemment. Infiniment troublé par ses sentiments envers Rachel alors qu’il sait qu’elle n’est pas humaine. Qu’il ait fait un enfant avec elle est un authentique miracle. Cet enfant est une chimère ! Un peu comme un mulet ! Comme un brugnon !
    S’il connait les souvenirs implantés chez Rachel, c’est que c’est le B.A.ba du souvenir implanté chez les répliquants, tous les blade runners savent ça, voyons… Et puis notre Harrisson Ford ne peut être qu’humain, le tout grognon un peu rustique. C’est tout le sel de cette histoire, fatalement, cette rencontre improbable…
    Une question me turlupine : Ryan Gosling, on comprend tout doucement qu’il est un répliquant, surtout quand sa chef lui demande s’il n’est pas d’accord avec sa mission : il répond qu’il ignorait que ça puisse être possible. Un répliquant sacrément sophistiqué : il a des sentiments, s’excuse auprès de Sanner au début, pas ravi de devoir le tuer. Touchant quand il explique à sa jolie Joy qu’elle n’est pas obligée de se pâmer d’amour. Et là, voila ma grande question existentielle est : pourquoi fume-t-il ? Comment les répliquants peuvent-ils être accro à la nicotine, c’est une fantaisie de Villeneuve, ça… Il faut dire, Ryan et sa clope, ça a du chien…
    Autre question : pourquoi, dans ce futur imaginé, n’y a-t-il que deux trois voitures qui volent dans le ciel ? Encore une fois, Ryan « driver » au volant de sa vieille caisse, ça le fait graaave, n’empêche, c’est étonnant qu’il soit quasi le seul. Dans le BR19, il y a plus de voitures volantes que dans le BR49…
    Quant au fait qu’il ne soit pas l’enfant-miracle… Moi je dis : ça sent le troisième film. Car en faisant des recherches sur l’ADN, il découvre qu’il y avait deux enfants, un garçon et une fille. La fille est morte, le garçon a disparu, lui dit-on. A tous les coups donc, il est le frère que la douce Ana. J’imagine que les parents et leurs alliés ont planqué le garçon dans l’orphelinat, et la fille, passée pour morte, a changé d’identité et a été présentée comme souffrant d’absence d’anticorps et donc, placée dans sa « bulle », avec pour fonction de créer des rêves et des souvenirs. Ca se trouve, elle pourrait tout à fait vivre dehors… Et le souvenir du cheval de bois appartiendrait donc réellement à Ryan Gosling.
    Autre question bêtasse : pourquoi la jolie Luv est-elle si méchante ? Bon d’accord, des méchants qui vont au bout de leur mission destructrice, ça fait marcher un film, mais pourquoi s’acharne-t-elle comme ça ? On aurait pu inventer qu’elle est amoureuse de son patron, ou de K/Joe, puisqu’elle va jusqu’au bout… Ou presque, d’ailleurs, c’est vrai qu’elle l’épargne…
    Et la prostituée Mariette, pourquoi au début le trahit-elle pour Luv/Wallace, et ensuite, l’aide à rencontrer Hiam Abbas et le clan des reclus du « miracle »…? Ca ne colle pas.
    Et comme dit ici dans un commentaire, l’histoire de l’immatriculation sur l’os, c’est mignon, mais un peu tiré par les cheveux…
    Et la fleur jaune orange, c’était très joli, mais d’où ça sort ? Et le ragout, il était bon le rajout ?
    Chouette, ça en fait des questions tout ça ! à vous !

  7. Jules 9 octobre, 2017 at 13:35

    Je comprend pas pour ma part,
    K est le fils de deckard et de Rachel comme on voit dans les cheveux de Rachel deux adn qui correspondent,
    De plus son souvenir n’est pas un implant et ce n’est pas le souvenir de la créatrice de souvenir puisque dans le souvenir c’est un garçon non?
    Pour moi k va mourir en pensant être un répliquant alors qu’il n’en ai pas un ….

  8. Dominique 9 octobre, 2017 at 16:58

    Merci pour cette excellente analyse. Juste une remarque pour le plaisir d’un moment de discussion avec vous. Que Deckard et Rachel aient ou non « choisi » de s’aimer (choisit-on de s’aimer au fait?) ne change sans doute rien à l’affaire. Tristan et Yseult eux aussi se sont aimés plus ou moins par erreur (une histoire de phyltre d’amour absorbé par qui ne devait pas l’absorber) mais aucun lecteur du roman n’a de doute sur la profondeur de leur amour. Mais je m’égare

  9. Marko 9 octobre, 2017 at 17:59

    C’est ce que j’appelle de l’analyse première classe. Je voulais y voir plus clair après avoir vu le film et la on peut dire que j’ai été servi.

  10. np-cr 11 octobre, 2017 at 21:37

    Merci pour l’analyse.

    Beaucoup de suite de bons films ne sont pas au niveau, celle-là me plaît et m’a intéressé.

    Pour le fait que Deckard puisse être un réplicant, je n’y crois pas.
    Croire seulement car pas de certitudes, pas de preuves irréfutables.
    S’il est vrai qu’il raconte à Rachel ( BR 19 ) lors d’une première discussion entre eux, son rêve, un implant pour lui prouver qu’elle est un réplicant, dans une deuxième discussion Rachel lui demande s’il a vu les dossiers.
    Deckard répond que non, mais on peut supposer qu’il les a réellement lus, surtout qu’il utilise un procédé ( interrogatoire de Léon BR19 ) pour identifier les réplicants dont je me rappelle plus le nom.
    Deckard se rend compte aussi que les réplicants ont une conscience, à travers Roy à la fin et surtout à travers Rachel, ce qui le renvoie à sa propre conscience, à son humanité.
    Pour en revenir à Deckard et supposé non humain, quand il est au-dessus du vide ( BR19), agrippé à une poutre métallique, incapable de se hisser pour se sauver.
    On a vu la facilité avec laquelle Roy le sauve pourtant très mal en point, près de mourir. Comme on a vu, les nexus 6 sont puissants, rapides, souples tant de qualités que Deckard a mais dans une proportion bien moindre, tellement humaine par rapport à ses êtres aux aptitudes bien supérieures à celles des humains.
    En plus s’ajoute à cela le comportement de Deckard.
    Après, cette histoire de licorne dans le premier BR, un rêve de Deckard et le fait que Gaff fabrique une licorne, je n’ai pas la moindre idées pour l’expliquer.
    A moins que Gaff laisse à penser à Deckard qu’il les laissera vivre leur rêve, un rêve, l’illusion le temps d’un instant qu’ils pourront être comme les autres amants.
    Que cela soit juste une coïncidence entre le rêve de Deckard et l’objet fabriqué par Gaff ???

    Quant à K, il me plaît de croire qu’il est le frère jumeau d’Ana.
    Luv se pense la meilleure, elle veut l’être, briller aux yeux de Wallace ?? elle agit en conséquence…
    Plus cruelle et impitoyable plus humaine que les humains eux-mêmes…
    Je pense et j’aimerais qu’il y ait une suite.
    Le soulèvement des réplicants, comme la série Westworld.
    Au final beaucoup de suppositions, de questions…C’est peut-être aussi bien…

  11. prometheus56 12 octobre, 2017 at 12:25

    Mais alors, comment un individu aussi intelligent et fortuné que Wallace n’aurait-il pas compris plus vite que l’enfant de Rachel est Ana ?

  12. Yunity 15 octobre, 2017 at 23:54

    Je trouve aussi que l’histoire sur K n’est pas totalement résolu, dans la mesure ou l’on parle bien de deux Adn diffèrent, comme si il s’agissait de Jumeaux. De plus, Freysa mentionne le faite que ce n’était qu’une partie de leur plan, comme si nous allions découvrir autre chose par la suite.

    Je pense qu’on joue ici encore sur l’ambiguïté du premier avec Deckard, humain/replicant ? A savoir que K, ne se définit pas non plus lorsqu’on lui demande qui il est pour Deckard, comme ca, c’est à nous spectateur de le définir, d’y réfléchir. Ou alors est-ce la purement symboliquement, pour nous interroger sur la notion des liens entre individus, sont ils définis par le créateur, ou par ce que l’on choisit d’être dans sa vie ?! Mais comme il le dit, peut être que pour protéger les gens que l’on aime, mieux vaut leur rester étranger.

    Si nous enlevions le « savoir » autour des replicants, ils nous paraitraient tous humain. Luv à été conçu en mode carte blanche, elle peut absolument tout faire, mentir, tuer, prendre des initiatives, se battre pour sa propre logique. Elle est probablement le meilleur répliquant jusqu’à ce que l’on découvre, ou que Wallace mettent de la valeur sur l’enfant miracle. Luv est alors dépassée par ses propres limites de conception.

    Excellente suite du film de 1982 !

  13. Laurent SFN 18 octobre, 2017 at 15:44

    @Anne Contri : « pourquoi, dans ce futur imaginé, n’y a-t-il que deux trois voitures qui volent dans le ciel ? Encore une fois, Ryan « driver » au volant de sa vieille caisse, ça le fait graaave, n’empêche, c’est étonnant qu’il soit quasi le seul. Dans le BR19, il y a plus de voitures volantes que dans le BR49… »

    La voiture volante, qui est un cliché récurent de la science-fiction classique, passerait pour désuet à présent que le 21ème siècle est bien entamé. On remarque d’ailleurs que dans l’autre grand film de science-fiction de la rentrée (Seven Sisters) les véhicules volants sont absents. Même si l’univers visuel de Villeneuve est en raccord avec celui du film de 1982, il n’a sans doute pas voulu insister sur des détails kitsch.

    Ce qui est finalement effrayant, c’est de voir à quel point ce monde du futur devient de plus en plus crédible. Les thèmes sous-jacents du premier volet (climat détraqué, montée des eaux, disparition de la vie animale et végétale), qui passaient encore au début des années 80 pour un cauchemar fantasmé par des écolo-gauchistes marginaux, sont aujourd’hui pleinement d’actualité.

  14. Joe Chip 23 octobre, 2017 at 06:13

    Bonjour
    Quelques conclusions personelles sur les questions que se posent beaucoup de personnes.

    La question qui revient sans cesse depuis 1982 est: Est-ce que Deckard est un humain ou un androide?
    Je pense que ce n’est pas la bonne question à se poser, et ce n’est pas celle que posent ni le film premier du nom,
    ni la nouvelle de Philip K.Dick « les androides revent-ils de moutons électriques »
    La question est: qu’est-ce qui permet de définir l’humain? (Et il n’est pas aisé d’y répondre).
    Aussi chacun est libre d’interpréter le personnage Deckard selon ses propres critères.
    De fait, l’oeuvre renvoie à notre libre arbitre: Avons-nous besoin d’une confirmation extérieure pour définir sa nature?
    En d’autres termes, sommes-nous humains capables de choix, ou dépendant d’une matrice (pensée/mémoire/consensus)?
    Qu’est-ce qui nous définit? Notre mémoire, ou notre comportement?
    Bon, sinon, pour les pinailleurs, j’ai une explication factuelle:
    A l’époque du premier film, les réplicants ont TOUS une durée de vie de 4 ans. Donc, 30 ans plus tard, par déduction…

    Concernant la problématique des personnages K/Ana. Pourquoi avoir créé cette boucle dans le scénario, qui montre
    comment après le blackout Deckard et les rebelles ont implanté des données dans l’ordinateur, concernant 2 jumeaux de Rachel.
    On voit cette scene avec un antique ordi en vert sur fond noir, et deux cadres, celui de gauche concerne Ana, avec la mention « décédée »
    l’autre rectangle à droite étant la fiche de K.(son nom de code « K » ne doit rien au hasard, comme vous allez voir)
    Il n’y avait nul besoin de ça pour servir le propos, la mention « décédée » sur la fiche d’Ana aurait suffi, et quand bien même
    le scénario impliquait K comme leurre, cette scène était-elle réellement nécessaires, alors que nombres d’autres éléments sont ellipsés?

    Mais c’est sans compter la fascination de Ridley Scott et Hampton Fancher (scénariste des 2 films) pour Philip K.Dick
    Il se trouve que K.Dick avait une soeur jumelle, Jane, morte de malnutrition à l’age d’un an, en 1929.
    A Fort Morgan, au Colorado, il existe une tombe double, avec une simple dalle et 2 cadres rectangulaires:
    Sur celui de gauche est inscrit Jane C.Dick, 1928-1929. L’autre étant resté vierge jusqu’en mars 1982,
    attendant son occupant, Phil K., mort juste avant la sortie de Blade Runner…

    Vous voyez ou je veux en venir?
    Dans le monde de Blade Runner, Jane (J.Ana) est vivante, dans son monde-bulle, isolée des autre protagonistes,
    c’est elle qui crée l’histoire, qui façonne les souvenirs: Quand K tombe
    sous la neige, elle, dans sa bulle-monde, crée justement un souvenir de neige.

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