Corpse Bride / Les noces funèbres : analyse du film de Tim Burton

Corpse Bride, ou "Les noces funèbres" en France, est un film d'animation en stop-motion produit par Tim Burton en 2005, inspiré du conte juif de « La mariée morte ». L'histoire est celle de Victor Van Dort, un jeune homme vivant dans un petit village d'Angleterre en plein XIXème siècle, dans une famille plutôt aisée, mais pas très bien vue dans le village. Il est prévu que Victor épouse Victoria Everglot, jeune fille issue, à l'inverse, d'une illustre famille puissante et enracinée, qui se retrouve cependant ruinée et endettée. La préparation du mariage ne se passe pas comme prévu, et Victor se retrouve entraîné sous terre par le fantôme d’une mystérieuse mariée décédée, souhaitant l’épouser.

Si le synopsis peut sembler simple, ce n’est pas le cas du film, qui regorge de doubles lectures et théories toutes plus folles les unes que les autres. Je propose donc de faire partager la mienne : Le découpage du film en forme de Deuil.

La théorie des 5 phases du deuil, d’Elizabeth Kübler-Ross, est très connue, et j’ai personnellement pu en percevoir certains signes au travers du personnage d’Emily, l’épouse fantôme, dans le découpage du film (bien sûr, cela restant non-confirmé, donc seulement une théorie de ma part).  SPOILER ALERT

Tout d’abord, commençons par l’introduction :

INTRODUCTION (de 00 :00:00 à 00:17:00)

Le film, en ouverture, présente les lieux de l’action, où s’entremêle les noms des acteurs et réalisateurs dans le générique. On y reconnaît bien ici la pâte artistique de Tim Burton, l’ouverture ressemblant par exemple grandement à l’ouverture d’Edward Scissorhands (Edward aux mains d’argent).

Le film commence ensuite sur Victor étudiant un papillon bleu, puis le libérant par la fenêtre vers la lumière, sous les sons d’une horloge en background. Le film se termine également par la libération de papillons vers la lumière, projetant sur le film une impression de boucle temporelle que le son d’horloge accentue. Puis celui-ci amène le spectateur sur les lieux de l’action tout en traversant la ville. La première impression que j’ai eu, c’est de voir du poisson partout dans la ville, que cela soit en statues ou sur des affiches, ou par la vente intensive de poisson. On apprend plus tard que la prospérité économique de la famille Van Dort vient principalement de la pêche, ce qui n’était pas rare au XIXème siècle en Angleterre, cependant c’est en faisant des recherches que je me suis rendue compte que le poisson en ancien grec (dit Ichthus) était un signe de vie et d’abondance, il représentait le royaume des vivants, mais aussi la résurrection. Le poisson pourrait donc constituer un rappel des deux différents mondes présents dans le film, le monde des vivants et le monde des morts, mais il peut également faire référence aux éléments futures du film : la « résurrection » des morts, envahissant le royaume des vivants.

Il y a très peu de végétation dans le film, la plupart étant morte. Cependant, deux principales sont visibles, et elles sont, toutes les deux, détenues par Victoria d’une part, et Emily d’une autre part. Victoria semble avoir une tige de cerisier, placé au dessus du piano, qu’elle donne comme un symbole à Victor lors de leur rencontre. La fleur de cerisier a des vertus de renouveau, de renaissance, d’amour nouveau et éphémère. Quant à Emily, nous le voyons plus tard dans le film, elle détient un bouquet de roses et de lys, signe de pureté, de tendresse et de grand amour. Toutes les deux confieront leurs fleurs à Victor, comme une promesse, un échange.

L’introduction se termine alors après l’entraînement au mariage de Victor et Victoria.

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