Film Oxygene sur Netflix : explication de la fin

Des questionnements pour le personnage mais aussi pour le spectateur

Malgré des crises d’angoisse effrénées, Liz prend doucement le contrôle de sa situation, enfermée dans sa boîte. 

Son rapport avec Milo, notamment, change. Liz comprend assez rapidement, au cours du film, que Milo donne des informations comme un ordinateur échangerait des données scientifiques. Autrement, ses questions doivent être formulées de manière à ce que l’ordinateur la comprenne. Un “Qui suis-je ?” doit très vite se transformer en un “Identité du patient”. Le rapport qu’entretient Liz avec Milo évolue en fonction de la prise de conscience progressive de Liz. 

Ce qu’on apprend

Au fur et à mesure que le film avance, nous en savons un peu plus sur Liz et son passé, rendant certaines pistes deviennent évidentes quant à sa compréhension et son adaptation rapide à sa situation, qui est celle de parler à une AI pour avoir des réponses. En effet, une question très simple nous vient à l’esprit durant le visionnage du film: si Liz avait été une citoyenne lambda, comment aurait-elle su tout ce qu’elle sait sur les codes et le vocabulaire scientifico-médical lui permettant de se sortir de sa situation ? Nous apprenons ainsi qu’elle n’est pas une citoyenne lambda, mais une doctoresse accomplie et réputée, ayant remporté de nombreux prix scientifiques.  Elle est ou a été mariée à un docteur également, Léo, dont la situation, dans le film, est floue. 

Des indices (très) révélateurs

Les informations se déroulent petit à petit et Liz pose les bonnes questions à Milo. Très rapidement dans le film, elle demande à Milo qui elle est; ce à quoi Milo répond qu’elle est la "bioforme Omicron 267”. Le langage biologique de l’AI est particulièrement révélateur de la véritable nature de Liz. Une nature d’autant plus évidente que cette dernière ne cesse d’avoir des hallucinations/souvenirs/cauchemars représentant des rats de laboratoire par centaines. Autrement, les indices sont, avec peu de filtres, exposés de façon à ce que nous comprenions qu’elle est la représentation d’un clone. 

Liz est donc la représentation clonée de Elizabeth Hansen, doctoresse de renom dont le travail principal est de sauver la race humaine vouée à disparaître dans deux générations à cause d’un virus sur Terre. Une nouvelle planète (ou du moins une partie très précise se situant à la frontière du chaud et du froid de cette planète)  a été trouvée par les scientifiques pour que les êtres humains puissent y vivre et se reproduire. 

Liz prend très vite contact avec les êtres humains qui lui répondent ! Le contact avec des êtres humains et pas uniquement avec Milo, est important dans le film et permet au réalisateur de brouiller les pistes. Bien qu’elle semble avoir des facilités peu évidentes pour tous dans le domaine de la biologie, Liz interagit de manière normale avec les personnes qu’elle a au téléphone. Ses comportements et ses émotions dûs à la situation dans laquelle elle se trouve, sont tout aussi légitimes. Il est vrai que la mise en place de l’appel à distance, bien qu’il semble peu probable, permet de nous rapprocher du personnage de Liz, et bien entendu, d’avoir des réponses avec elle. 

Liz parle avec deux interlocuteurs majeurs au téléphone. Une troisième interaction est faite avec la mère de Liz, mais elle permet d’instaurer une séquence émotionnelle plus qu’une mise en place de réponses. Les trois interactions sont très différentes et peu liées entre elles en termes de répercussion émotionnelle. 

La première interaction est la plus évidente et celle que nous avons évoqué plus haut: Liz appelle la police car sa situation prévaut qu’elle a besoin d’aide. Le policier est avenant et humain, bien que la conversation prenne un autre tournant plus tard dans le film, puisque il s’avère qu’il ment sous les ordres du gouvernement. 

La seconde interaction est avec une femme âgée que Liz appelle car elle souhaite initialement parler à Léo, son mari, en comprenant qu’il existe. La femme, d’abord froide et peu avenante raccroche à plusieurs reprises, choquée par cet appel étrange. Il n’y a pas vraiment moyen de savoir ce qu’il s’est passé sur Terre pour que la femme rappelle Liz et veuille absolument lui parler. Après quelques séquences humoristiques de “je décroche/tu raccroches”, Liz entend son appel. Nous comprenons que la femme au téléphone est la véritable Elizabeth Hansen; celle qui a dirigé le travail d’une vie à la repopulation de la race humaine, car le monde se meurt. Que Liz dans la capsule est son clone, plus jeune. Mais surtout, nous apprenons que Liz se trouve dans une capsule spatiale depuis douze ans, avec dix milles autres prototypes se dirigeant vers la nouvelle planète en question. Autrement, depuis une capsule qui circule dans l’Espace depuis maintenant douze années, il est très possible de converser au téléphone avec des personnes à Paris ! 

Liz se parle donc à elle-même lors de ces échanges, ce qui est aussi un moyen d’indiquer que le travail d'introspection et d’acceptation de soi est primordial à la résolution de son problème. Alexandre Aja se sert de cette métaphore de la conversation du “moi” au “je” également pour lancer le postulat de la remise en question et que, rarement une solution est envisageable si la personne ne se pose pas les bonnes questions propres à son bien-être personnel. 

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