MANIAC: analyse de la série NETFLIX

Une série à la hauteur des enjeux qu’elle pose : assez faibles

Maniac - 2018 - Cary Joji Fukunagawa et Patrick Somerville

Avec Jonah Hill, Emma Stone, Sonowa Mitzuno, Justin Theroux, Sally Field, etc.

Synopsis

Owen Milgrim (Jonah Hill), est un homme instable mentalement qui doit mentir pour témoigner au procès de son frère. Il est hanté par un mystérieux frère qu’il est le seul à percevoir. Il a parfois du mal à différencié la réalité de la fiction. Il est très malheureux et mélancolique. Sur les ordres de son frère invisible, il s’inscrit à un essai clinique.

Annie Landsberg, Emma Stone est une jeune femme qui abuse d’une drogue de synthèse et qui, pour en obtenir d’avantage, va s’inscrire à un essai clinique.

Par l’intermédiaire de drogues et d’un ordinateur intelligent, les docteurs Fujita et Muramoto vont tenter de proposer une alternative à la thérapie psychologique.

Un rétrofuturisme assumé et malin

La nouvelle série du réalisateur de True Detective est dans une veine retrofuturiste et revient sur un mythe de la révolution électronique : les ordinateurs vont changer le monde et une intelligence artificielle peut tout faire. Surfant sur l’amour des années 80 et des premiers ordinateurs, on retrouve les codes couleurs chers à cette époque. Mais Fukunagawa ne va pas trop loin et ne s’extasie pas sur l’héritage des 80’s. Il s’agit vraiment d’aborder cette période d’un point de vue adulte, d’un point de vue scientifique, d’un point de vue psychiatrique.

Le choix des couleurs, souvent vives, saturées, porches du fluo, ancre l’image dans une réalité et c’est souvent par les couleurs que le spectateur pourra s’orienter entre le rêve et la réalité.

La série étant un produit Netflix, elle est tournée en 4k avec seulement deux formats d’image : le 16/9 pour la télé et certaine scène en 1.33, elle est donc assez lisse et extrêmement soignée.

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A vouloir être trop mail, on peut s’y perdre

Les motivations des personnages sont troubles, celles de la série également. Comme l’explique le réalisateur, il n’aime pas les scénaris prévisibles, dont il peut devenir le dénouement au bout de la 20 ème page. Il en va de même pour Maniac. Mais cette volonté de complexité induit parfois une certaine confusion. Rien ne semble résolu dans l’épisode 10 car rien n’avait vraiment été mis en balance dans les épisodes introductifs. La tension narrative reste très limitée. Les enjeux sont essentiellement internes aux personnages eux-mêmes et à leurs combats intérieurs plus qu’influents sur une histoire globale.  Ainsi, plus qu’une mini-série motivée par une histoire, c’est une série dont le cheminement psychologique des personnages qui est au cœur de « l’intrigue ».

Comme dans son travail sur True Detective, Fukunagawa se focalise sur un très petit nombre de personnages : Owen et Annie sont les deux protagonistes, auxquels viennent s’ajouter, dans une histoire séparée qui ne se réunira jamais vraiment les docteurs Fujita et Mantelray. Les deux actes sont parallèles. Celui des patients, 1 et 9, se déroule entre les souvenirs de leur vie personnelle, le laboratoire où ils sont enfermés et les différentes aventures diurnes qui les lient. Celui des docteurs est limité au cadre spatiale de la salle de contrôle et la salle des serveurs.

L’univers dans lequel s’inscrit l’action est technophile. On y voit l’arrivée de la domotique, de la publicité globale, mais aussi l’arrivé de l’informatique et de l’électronique. Dans ce monde rétrofuturiste un peu fantasmé, c’est un petit robot qui ramasse les crottes de chiens et un père dépressif peut se retirer dans un genre de capsule au milieu de son jardin.

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Pour conclure

La série est très courte, riche visuellement et assez prenante. Ayant peu d’enjeux et la dramatisation étant assez faible, c’est une série facile à regarder. La performance de Jonah Hill est incroyable. Son aisance à passer d’un rôle à l’autre, tout en conservant un ancrage sous-jacent dans le rôle du mélancolique et souffrant Owen, un homme blessé et perdu justifie à elle seule de voir la série. Et puis retrouver ce duo d’acteurs, dont les carrières ont explosé depuis Superbad est toujours amusant. 

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