The lighthouse : explication du film et de la fin

La fin du film

Après que Winslow ait découvert que Wake conservait une documentation détaillée de ses méfaits apparents en vue de le faire licencier, le ton monte et ils en viennent aux mains. Winslow voit alors Wake sous forme de dieu marin, avec des tentacules et une corne de corail. Cette apparence évoque, voir fait référence directe à Protée, personnage que Homère a appelé "le vieil homme de la mer", et fils de Poseidon. Celui-ci est un métamorphe, ce qui correspond bien au changement soudain de Wake.

Meurtre et érotisme

Si quelque chose peut être considéré comme "évident" à propos des thèmes de ce film, c'est la tension homo-érotique indéniable et croissante entre les deux protagonistes. Symbole que l'on retrouve d'ailleurs exprimé visuellement, et narrativement, par le phare lui-même, cet object de désir et de convoitise pour les deux hommes.

rencontre homosexuelle

Eggers joue avec l'étrange, voir le surnaturel dans l'ambiance de son film et brouille les pistes grâce à cela, mais la relation est l'élément central du film, avec des reflexions sur le pouvoir et le rapport de force. La position "dominée" de Winslow créé de la colère, qu'il refoule, mais aussi une forme d'énergie érotique qu'il refuse d'accepter et de reconnaitre.

Ce rapport de pouvoir typique de la "masculinité" nocive est également exploré lorsque Wake humilie Winslow en le forçant à faire des tâches domestiques plus "féminines", en tout cas à cette époque.

A la fin, Winslow tue Wake avec une pelle et se dirige vers la lumière auparavant intouchable du phare. Le réalisateur Robert Eggers a avoué en interview que l'un de ses références principales était évidemment l'auteur H.P. Lovecraft. Le phare serait-il alors un portail vers une autre dimension ? A moins qu'il ne s'agisse simplement d'une créature maléfique du monde antique.Quoi qu'il en soit, quand Winslow regarde la lumière, il devient fou et semble brûler en riant de façon presque diabolique.

La vérité sur cette lumière n'est pas révélée au public, ni ce que Winslow en fait. Tout juste sait-on qu'il se réveille ensuite nu sur les rives avec des oiseaux picorant son estomac, y compris la mouette qui l'a nargué pendant tout le film.

Acteurs de the lighthouse

Hallucinations et culpabilité

Une autre approche, plus pragmatique, est simplement de considérer que Winslow est devenue complètement fous et que quasiment tout ce que nous voyons (et donc ce que lui voit) est uniquement dans sa tête. La vérité est que The Lighthouse est un film suffisamment brillant pour s'adapter à toute interprétation que le public juge appropriée. L’expérience fascinante est totale et nous nous retrouvons submergés, retournés, comme si nous avions chavirés, à la sortie de la séance.

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5 comments

  1. Rémi 2 janvier, 2020 at 00:00

    Le vieux gardien se garde l’exclusivité de l’entretien du phare comme une caricature de vestale dans un temple et refuse de partager (« La lumière est à moi ») avec son seul compagnon. Il lui dispute l’enchantement du feu (l’élu semble connaître un état d’extase près de la lampe, baigné par sa lumière irradiante).

    Le jeune gardien découvre dans un tissu une effigie-amulette représentant une sirène (il la détruira plus tard). Selon la mythologie grecque, les âmes des morts sont représentées sous forme d’oiseaux et ensuite de sirènes. Ici, les mouettes et les sirènes seraient les véhicules des âmes vengeresses; celles des marins morts en mer à cause d’un navire mal guidé (gardien naufrageur?) mais aussi celles des victimes directes du gardien pouvant jeter un sort sur un ennemi avec l’amulette.

    Le vieux métamorphosé en pseudo-dieu Neptune (ou Poséidon), après l’avoir invoqué explicitement pour punir le jeune, a le corps recouvert de coquillages et hypnotise son aide par l’éclat de son œil qui irradie comme un phare. La lumière du phare ne guide aucun navire, elle se communique comme un rayon mortel.

    Au lieu de voir la lumière, le plus fort aveugle le plus faible qui ensuite se brûle. C’est un peu une expérience de contre-initiation et d’inversion (y compris sexuelle) avec ses aspects parodiques, sinistres et destructeurs.

  2. Autre Rémi 8 janvier, 2020 at 01:01

    Mec, tu rates l’essentiel.
    Des influences de Lynch? Tu m’étonnes ;).
    Au cinema, quand deux personnages porte le meme nom, c’est qu’il s’agit en fait du meme personnage.
    Le phare et l’ile sont en soit une métaphore. Je pense a un purgatoire ou un truc du genre.
    Une partie de la conscience du personnage refuse de reconnaitre sa responsabitilité dans la mort du mec au canada, pendant que l’autre essaye de l’y pousser.
    A la fin, plutot que de reconnaitre le forfait, Patinson essaye de fuir, et finit par assassiner son “autre”, culpabilisateur.
    Plutot que d’acceder au “Paradis” (lanterne = lumiere etc…) il est brulé…
    Voilou balancé comme ca a l’arrache hein, a creuser et affiner ;).

  3. groseil 10 janvier, 2020 at 18:26

    Vous passez surtout à côté de Prométhée et de l’hybris, références mythologiques grecques qui sont, à mon avis, à l’origine même du film.

  4. YaRo 30 mars, 2020 at 04:17

    J’y vois aussi une référence à Prométhée, le feu (ici lumière) gardé jalousement puis prit “de force” et le châtiment de l’oiseau qui mange ventre (foie ?)
    Ceci dit, ce n’est probablement pas la seule référence et le seul thème du film, le Wake comme part de conscience de Winslow semble évident aussi, l’eau et la mer étant souvent une référence à l’inconscient, on peut y voir une allégorie de l’introspection voire d’une profonde méditation

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