The lighthouse : explication du film et de la fin

The lighthouse est un film à mi-chemin entre le thriller et le film fantastique. On retrouve au casting les très bons Robert Pattinson et Willem Defoe, qui offrent deux performances assez déjantées.

Que le film vous ai donné du plaisir ou plutôt ennuyé, une chose est certaine, si vous êtes là, c'est qu'il ne vous a pas laissé indifférent ! Robert Eggers, bien aidé par ses comédiens en roue libre, propose une expérience atypique et dérangeante, abstraite autant par l'esthétisme que par le propos bien souvent obscur. Mais quelle est vraiment l'intention du cinéaste avec ce film ?

Synopsis du film

L'histoire hypnotique et hallucinatoire de deux gardiens de phare sur une île mystérieuse et reculée de Nouvelle-Angleterre dans les années 1890.

Ce dossier est bien sûr garanti 100% Spoilers sur le film, ses mystères, les différents rebondissements et la fin.  Si vous avez aimé le film, nous vous conseillons également de regarder le premier film de Robert Eggers, The Witch, pour lequel nous proposons aussi une analyse complète.

une phare et deux hommes

Explications et analyse

Avec The Lighthouse, le réalisateur Robert Eggers offre au public un film encore plus mystérieux que The Witch. Une partie du public sera probablement énervée mais aussi certainement fascinée par l'expérience proposée par le réalisateur. Les influences sont multiples, avec Lovecraft et Moby Dick en tête de liste, mais auss David Lynch et Tarkovsky dans une moindre mesure.

Le cinéaste refuse de guider son spectateur et laisse une grande partie de son récit à l'interprétation. Une chose est certaine, nous ne somme pas face à un enième Marvel. Il est loin le temps où Robert Pattinson jouait les vampires dans Twilight ! Trêve de bavardages, voici tout ce que nous pouvons dire et analyser sur The lighthouse, ses personnages, sa fin violente et ses moments les plus étranges, pour ne pas dire malsains.

Rappel des évènements

The Lighthouse s'appuie sur un duo atypique : deux personnages étranges, Ephraim Winslow, incarné par Robert pattinson et Thomas Wake, interprété par Willem Defoe. Leur relation est au cœur du récit, et alterne entre phases d'amitié, de conflits, et d'autres nettement plus ambiguës.

Au fur et à mesure que les séquences s'enchaînent, sans véritable fil rouge, il devient toutefois clair pour Winslow que Wake a perdu la raison, rendu fou par ce travail solitaire et monotone. Wake développe une obsession quasi sexuelle vis à vis de la lumière du phare, et refuse à Winslow de s'approcher de celui-ci, ce qui installe une tension certaine entre les deux hommes.

Il est également révélé, lors d'une des nombreuses séances de beuverie entre les deux hommes, que Winslow n'est pas ce qu'il prétend être et qu'il ment sur une partie de son passé. En réalité, il s'appelle Thomas Howard. C'est un ancien bûcheron dont le dernier emploi s'est terminé par un "accident" impliquant le vrai Ephraim Winslow. Progressivement, le comportement désinvolte de Winslow vis à vis de la vérité nous fait nous demander lequel est le plus fou des deux.

rober pattinson gay

La nuit qu'il imaginent comme la dernière avant qu'ils ne soient ramenés chez eux, Wake, ivre mort, s'assure qu'ils ratent le navire envoyé pour les récupérer. Winslow découvre notamment que Wake cherche à le faire licencier pour incompétence, sans être payé pour son travail.

Chacun des personnages étant capable de mentir, c'est le spectateur lui-même qui est désorienté, malgré la présence rassurante d'un phare censé guider les hommes. Le spectateur se retrouve lui-même en pleine paranoïa et nait que croire...

Paranoïa et autres thématiques

Le film peut sembler abstrait et obscur par bien des aspects, mais d'autres métaphores sont également plus simples à appréhender.

La première est que Winslow a perdu la tête en attendant la grande tempête, donc la plupart de ce qui se passe après la nuit où le navire ne vient pas se passe dans sa tête. Bien sûr, il y a des trucs loufoques avant ça aussi. Mais la majeure partie peut être attribuée à la solitude qui touche Winslow qui se retrouve parfois en plein fantasme.

En fait, la réalité commence à être altérée seulement après la nuit où Wake et Winslow ont bu ensemble pour la première fois. Ce dernier, coincé sur cette île abandonnée avec la pire compagnie qui soit, part totalement en vrille. A l'instar de Moby Dick, Ephraim est devenu totalement obsédé par l'accès au phare en point de commettre un meurtre. Est-ce la même chose qui s'est passé lors de l'accident du contremaître évoque lors d'une beuverie entre les deux hommes ?

Quelle que soit la façon dont cela s'est produit, la culpabilité de cette mort semble peser sur Winslow au point de le pousser à bout. Il rêve de se noyer, et plus tard, lors de ses crises les plus fortes, il voit des éclairs de l'homme tué. En outre, la façon dont il tue finalement Thomas avec une hache rappelle la précédente occupation de Winslow en tant que bûcheron.

willem defoe fou

Wake a raison sur une chose, en tout cas : Winslow a définitivement pris ce travail horrible et isolé sur l'île parce qu'il est en fuite.

The Lighthouse est une comédie très sombre, qui la différencie de The Witch. En effet, c'est avec le premier pet, qui sera suivi par de nombreux autres, que le public se rend compte que ce film va dans une direction bien plus étrange et décalée que le précédent film de Robert Eggers. Le ton est différent, mais le mystère reste bien omniprésent.

Page suivante : explications de la fin

1 2

6 comments

  1. Rémi 2 janvier, 2020 at 00:00

    Le vieux gardien se garde l’exclusivité de l’entretien du phare comme une caricature de vestale dans un temple et refuse de partager (« La lumière est à moi ») avec son seul compagnon. Il lui dispute l’enchantement du feu (l’élu semble connaître un état d’extase près de la lampe, baigné par sa lumière irradiante).

    Le jeune gardien découvre dans un tissu une effigie-amulette représentant une sirène (il la détruira plus tard). Selon la mythologie grecque, les âmes des morts sont représentées sous forme d’oiseaux et ensuite de sirènes. Ici, les mouettes et les sirènes seraient les véhicules des âmes vengeresses; celles des marins morts en mer à cause d’un navire mal guidé (gardien naufrageur?) mais aussi celles des victimes directes du gardien pouvant jeter un sort sur un ennemi avec l’amulette.

    Le vieux métamorphosé en pseudo-dieu Neptune (ou Poséidon), après l’avoir invoqué explicitement pour punir le jeune, a le corps recouvert de coquillages et hypnotise son aide par l’éclat de son œil qui irradie comme un phare. La lumière du phare ne guide aucun navire, elle se communique comme un rayon mortel.

    Au lieu de voir la lumière, le plus fort aveugle le plus faible qui ensuite se brûle. C’est un peu une expérience de contre-initiation et d’inversion (y compris sexuelle) avec ses aspects parodiques, sinistres et destructeurs.

  2. Autre Rémi 8 janvier, 2020 at 01:01

    Mec, tu rates l’essentiel.
    Des influences de Lynch? Tu m’étonnes ;).
    Au cinema, quand deux personnages porte le meme nom, c’est qu’il s’agit en fait du meme personnage.
    Le phare et l’ile sont en soit une métaphore. Je pense a un purgatoire ou un truc du genre.
    Une partie de la conscience du personnage refuse de reconnaitre sa responsabitilité dans la mort du mec au canada, pendant que l’autre essaye de l’y pousser.
    A la fin, plutot que de reconnaitre le forfait, Patinson essaye de fuir, et finit par assassiner son “autre”, culpabilisateur.
    Plutot que d’acceder au “Paradis” (lanterne = lumiere etc…) il est brulé…
    Voilou balancé comme ca a l’arrache hein, a creuser et affiner ;).

  3. groseil 10 janvier, 2020 at 18:26

    Vous passez surtout à côté de Prométhée et de l’hybris, références mythologiques grecques qui sont, à mon avis, à l’origine même du film.

  4. YaRo 30 mars, 2020 at 04:17

    J’y vois aussi une référence à Prométhée, le feu (ici lumière) gardé jalousement puis prit “de force” et le châtiment de l’oiseau qui mange ventre (foie ?)
    Ceci dit, ce n’est probablement pas la seule référence et le seul thème du film, le Wake comme part de conscience de Winslow semble évident aussi, l’eau et la mer étant souvent une référence à l’inconscient, on peut y voir une allégorie de l’introspection voire d’une profonde méditation

Leave a reply