Analyse et explication de fin de saison : Mindhunter

Esthétique fincherienne 9
Un duo à perfectionner 7
Un sujet captivant 8
8

Nombreux sont les cinéastes connus et renommés s’essayant aux séries TV aujourd’hui : Martin Scorsese avec Vinyl, Jane Campion dans Top of the Lake, M.Night Shyamalan avec Wayward Pines, ou encore Jean Marc Vallée avec Big Little Lies. David Fincher, s’étant déjà intéressé à House of Cards, réalise cette fois-ci quatre épisodes de la nouvelle série phare du géant Netflix.

Mais que vaut cette série retraçant l’histoire du profilage aux États-Unis ?

Synopsis

En 1977, alors que le profilage n’a pas encore été inventé, Holden Ford, un agent du FBI timide mais brillant et passionné, s’associe à son collègue, Bill Tench, afin de percer les mystères de la psychologie des tueurs en série. Bill et Holden enchainent alors les interviews officieuses pour tenter d’établir une « méthode » qui pourrait servir à appréhender de futurs serial killers avant que ceux-ci ne sévissent.

Analyse de Mindhunter

Un bijou d’esthète

Du début à la fin, Mindhunter est empreint de la marque fincherienne : la scène d’ouverture en est la démonstration parfaite avec ce premier plan en scope, géométrique et parfaitement cadré. Le scénario est aussi millimétré, les punchlines nombreuses et toujours mises en valeur par des gros plans sur le visage des personnages lorsque cela est nécessaire.

Mindhunter est un bijou d’esthète, noir, riche en ironie, qui bénéficie de l’association du cinéaste américain avec Joe Penhall, le showrunner de la série, précédemment scénariste de la dystopie La Route (2009) avec Viggo Mortensen.

On reconnaît David Fincher de par son style : sobriété de la mise en scène, linéarité narrative et élégance constante. Cette saison 1, inévitablement, renvoie à son chef-d’œuvre Zodiac (2007). Mindhunter et Zodiac ont la même atmosphère, cette photographie urbaine sombre et contrastée, contrebalancée par la lumière des néons, qui dans Zodiac était dûe au chef opérateur Harris Savides, restituant au final avec brio l’hyperréalisme de la ville.  On peut aussi penser au récent Spotlight de Thomas McCarthy qui possède ce même mélange d’apparente simplicité et de pertinence. Mindhunter a le mérite d’être immersif : la sublime photographie restitue parfaitement un contexte et une époque. On pourrait peut-être reprocher à la série le fait que les épisodes non réalisés par Fincher soient un peu en deçà, tant au niveau de l’intrigue que pour l’esthétique globale.

Une œuvre matricielle

Mindhunter n’est pas seulement une série de type thriller, c’est aussi une série historique, la première retraçant la naissance et l’histoire du profilage criminel tel qu’on le connait aujourd’hui. En regardant Mindhunter, on assiste au changement des consciences et des masses qui s’opéra suite à la naissance de la notion de « serial-killer » : dès lors, les foules et non seulement Holden, Bill et Wendy (jouée par la talentueuse Anna Torv) se passionnèrent pour les tueurs, d’où le terme de « fascination » pour les tueurs en série souvent employé aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que Mindhunter est une série basée sur des faits réels, à savoir le parcours de John Douglas et Robert Ressler qui furent les tous premiers profilers américains.

Le duo central

Au centre de la série se trouve un duo, celui d’Holden et Bill, joués respectivement par Jonathan Groff (auparavant dans Glee) et Holt McCallany (connu pour ses petits rôles récurrents). Le duo renvoie sans cesse à celui de la saison 1 de True Detective, qui là aussi réunissait deux opposés. Mais même si l’alliage de Mindhunter fonctionne, il est tout de même inférieur à celui de Marty Hart et Rustin Cohle (incarnés par Woody Harrelson et Matthew McConaughey). C’est là les limites du classicisme : à vouloir être toujours dans la retenue, on en arrive à des personnages qui ont peu de conflits, donc pas assez d’enjeux scénaristiques. Il faut voir comment leur relation évolue par la suite, pour qu’elle puisse retenir l’attention du spectateur.

De même, la série a le mérite de mêler l’intime au professionnel et de faire d’Holden quelque chose de plus qu’un simple « costard » : c’est tout l’intérêt de sa relation avec Debbie, qui malgré son charme, peine à réellement capter le spectateur puisqu’elle n’a pas vraiment d’impact sur lui au fur à mesure qu’on avance dans la série. A suivre, donc…

Si vous voulez tout savoir sur la fin de Mindhunter, rendez-vous en page suivante avec une explication de la fin !

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4 comments

  1. Vinny 22 octobre, 2017 at 01:05

    Bonjour, j’ai adoré cette série, votre article retranscrit plutôt bien ce que j’ai pensé de la série mais il y a un point qui revient à chaque épisode que je n’ai pas vraiment compris. À quoi / qui correspond le personnage qu’on voit dans quasiment toutes les introductions d’épisode et la scène finale dans laquelle il brule ses dessins pervers ?

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