Critique Manga - Bakuon Rettô

Les moteurs grondent. Les pots d'échappement pétardent. L'atmosphère est électrique, euphorique, violente. Tout le monde revêt les signes distinctifs de sa bande. Et d'un coup, dans un boucan infernal, les premières motos démarrent et entrainent à leur suite un long convoi de Bôzôzoku à travers les méandres asphaltiques de Tokyo…Bienvenue dans Bakuon Rettô.

C'est l'univers que le jeune Takashi va découvrir dans le Japon des années 80. Takashi est un jeune collégien déraciné, en perte de repères, incapable de communiquer avec sa famille. Après des ennuis dans son ancienne école, il est transféré à la « campagne », ses parents croyant que l'air rural le remettra dans le droit chemin. Ils ne se doute pas que Takashi va alors s'enfoncer doucement dans la délinquance. En effet sa première rencontre dans son nouvel établissement lui fait découvrir l'univers des Bôzôzoku, ces jeunes délinquants à moto qui se rassemblent par centaines sur les routes de Tokyo en quête d'excitation et de révolte.

Tsutomu Takahashi va vous narrer la vie de ce personnage complexe. Timide aux premiers abords, Takashi va évoluer, gagner en confiance et s'insérer dans le milieu des Zokus. Fasciné par la bitume défilant sous ses yeux, par la cacophonie des moteurs et par ce sentiment d'appartenir à un groupe, Takashi ne peut freiner son désir de s'impliquer dans la bande des Zeros. Sa vie devient vite un combat omniprésent dans lequel le lecteur ne peut prétendre en comprendre le véritable enjeu sans ressentir le malaise que suscite cette société chez les jeunes.

Le dessin est au service du trouble et de la violence de cet univers de Bôzôzoku. Dans la colère et la bagarre, le dessin devient nerveux, vivant et les cases se multiplient sur chaque page . Alors qu'au guidon des bécanes, les personnages gagnent en assurance et en force, même en étant poursuivis par la police. Tsutomu Takashashi nous offre alors des doubles pages pleines de cette excitation et de ce sentiment de toute puissance qui envahissent ces délinquants. En outre des pages couleurs bienvenues agrémentent certains tomes et renforcent la qualité visuelle du manga.

Ressortez vos blousons de cuir et vos katanas, prenez la route qui mène à votre libraire, puis rentrez chez-vous déguster cette œuvre (ce sera plus s

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