Sense8, le pari réussi de Netflix

Que d’éléments qui font rêver sur cette série ! Les Wachowski,  J. Michael Straczynski – créateur de Babylone 5 –  un sujet ambitieux, 8 pays, 4 continents et un budget de blockbuster. Voilà ce que nous vend Netflix. Encore un coup d’éclat ?

Synopsis :

Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s'entendre et de se parler comme s'ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s'adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d'eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l'humanité.

On a beaucoup reproché à Jupiter Ascending et Cloud Atlas de vouloir en mettre trop. Trop de personnages, trop d’histoire… bref une surenchère constante qui avait pour beaucoup l’effet d’une overdose plutôt que d’un réel développement justifié et compréhensible. Dans un format mini-série, ces histoires seraient surement mieux passées auprès du public en général, car il offre la possibilité de plus développer le récit et les personnages, en posant des bases solides. Voir les Wachowski se tourner vers la série est donc une vraie satisfaction. En douze heures, ils peuvent se permettre de prendre leur temps et de transmettre leurs idées sans que le spectateur lambda ne se sente oppressé par une déferlante d’informations.

Sense8-cast (1)

"Sense8 est une histoire […] sur ce que cela signifie d’être humain dans nos société contemporaine" expliquait Straczynski dans une interview. Avant d’être une série sur 8 individus connectés par un lien psychique, c’est avant tout une série sur 8 individus subissant les problèmes de la vie actuelle. Sexisme, occidentalisation, pauvreté, gang, sida, corruption, intolérance homosexuelle et transsexuelle … les thèmes sont légions. Cependant, à la différence de beaucoup d’autres séries sociales, celle-ci n’est pas moralisatrice. Elle se contente de faire évoluer les personnages dans cet univers. Cette série veut montrer l’humain, pas les problèmes – comme l’illustre très bien le générique, excellent par ailleurs. Le fait qu’ils deviennent sensitifs n’est presque qu’une excuse pour lier les personnages, mais ceci est aussi symbolique. Quand l’un des huit est en danger, un des sept autres va lui prêter ses capacités pour l’aider. C’est par le travail de groupe qu’ils s’en sortent.

Le caractère social de la série a beau en être le cœur, ce n’en est pas l’essence. Le lien psychique n’est peut-être qu’une excuse, mais il reste la raison d’être de la série. Si ce n’est pas un prétexte à  l’action – assez racolée par le synopsis officiel et la bande annonce qui ont pu en tromper plus d’un – il n’y en a pas moins quelques scènes très efficaces. La réalisation, que ce soit celle des Wachowski ou de leurs collaborateurs habituels, est très efficace en général, et pour cela en particulier. Les raccords sont superbes, et présentent tout le potentiel des sensitifs dès le premier épisode. On peut reprocher à la série de ne pas avancer assez vite, voir même de ne pas avancer du tout, mais ceci n’est pas le but. Le but et d’observer et de Sentir. On voit malgré tout très clairement un background se dessiner, et l’isolement progressif qui se créé pour les huit.

Hormis ces deux thèmes, il y a deux éléments techniques qu’il faut pointer du doigt et apprécier à leur très juste valeur. Le budget ahurissant de la série ne s’explique pas par des effets spéciaux omniprésents, au contraire. Non, c’est par la volonté de tourner dans des lieux réels. Vu leur diversités et leur nombre, plus une équipe de tournage pour chaque ville, il était très compliqué de ne pas faire exploser ce budget. C’est vraiment un plaisir que cet effort qui est fait là – certes pas dans un but purement artistique, mais il n’empêche – qui par conséquent nous offre les vrais décors. Les acteurs, parmi lesquels quelques habitués des productions Wachowski, ont vraiment la nationalité de leur personnage. C’est certes anecdotique, mais c’est cela qui va construire le charme de la série. Après ce que l’on demande surtout à un acteur c’est de bien jouer. Aucun problème de ce côté-là.

Cette série est vraiment une réussite, que la redak ne saurait que trop vous recommander !

4 comments

  1. M (@thisisareal1) 17 juin, 2015 at 00:23

    J’ai tellement aimé, et ça me fait plaisir de voir que je suis loin d’être le seul qui fut touché par cette première saison!
    Les thèmes abordés sont hyper variés et elle a su tour a tour me faire rire, m’émouvoir, me faire réfléchir. Quel plaisir d’avoir cette multitude de lieux et de « cultures », ainsi que le choc des différentes visions du monde. La série nous dit qu’au final peut importe d’ou l’on vient nous sommes proches. J’aimerais que plus de gens arrivent à comprendre ce message. Les acteurs étaient tous bons, les seuls bémols seraient le fait qu’ils parlent tous anglais dans leurs pays respectifs mais bon je pardonne aisément.

    SPOILERS ALERT
    J’avais du mal à saisir l’intrigue de wolfgang notamment pourquoi il était obsédé par ce coffre qui ne lui a apporté que des ennuis (porté par un acteur que j’aime beaucoup vu dans Im angesicht des verbrechens) mais tout fait sens dans l’ultime épisode. La coopération finale dans l’hôpital pour sauver Riley était jouissive. De manière générale les interactions entre les sensate sont génialement réalisées même si on perçoit des facilités scénaristiques.
    La scène des naissances était d’une beauté et d’une émotion absolue,
    La scène de « plaisir partagé » de l’épisode 6 était ce que j’ai vu de plus sexy dans une série tv,
    La scène final de l’épisode 4 m’a transmis une telle joie.
    Fin des spoilers.

    Je viens de finir la saison, je remercie grandement les créateurs pour Sense8 et leur tire mon chapeau pour ce qu’ils ont fait avec. C’était captivant, sublime, poétique et plein d’espoir.

  2. Alex76 17 juin, 2015 at 15:35

    Beaucoup de clichés culturels et un point de vue américain ethnocentré un peu agaçant. Voila pour les défauts. Le reste est pur bonheur. Série humaniste, touchante, personnages empathiques, bons acteurs, réalisation impressionnante avec ses 8 lieux de tournage. Rythme lent mais addiction garantie.

  3. Anonymousse 22 juin, 2015 at 10:19

    Je n’ai pas encore continué sur la série (4 épisodes de vus) mais je dois dire que la note est très surfaite pour le moment.
    Comme dit dans la critique, le scénario n’avance pas, et je dois dire que les lenteurs font déjà diminuer de beaucoup la note globale de la série.
    De plus, on entre énormément dans les clichés, c’est too much (encore des points de perdus).
    Le visuel est sympa, certaines scènes sont presques touchants mais la réalisation a 10 ans de retard (slow motions inutiles et permanents…)

    Pour le moment, je mettrais un timide 14/20 à la série après avoir vu comme j’expliquais, les 4 premiers épisodes.

  4. Ben 27 juin, 2015 at 16:04

    A m, je suis tout à fait d’accord avec tout ce que tu écris. Série magnifique qui nous fait passer par toutes les émotions. J’ai adoré !

Laisser un commentaire