Ad Astra : explication de la fin et du voyage de Brad Pitt

Explications de James Gray

"Il y a une célèbre citation d'Arthur C. Clarke à ce sujet, soit nous sommes seuls dans l'univers, soit nous ne le sommes pas, les deux sont également terrifiants, et c'est vrai. Mais, en même temps, la Terre est très bonne. J'ai ma femme et les enfants et ils sont géniaux, et cela me procure beaucoup de joie.

La citation en question

"Pour compter sur de faux dieux, l'idée qu'il y a ces petits hommes verts qui nous sauveront ou nous mangeront, c'est pour moi plus horrible que de devoir compter sur d'autres personnes."

La fin selon James Gray

"La fin faisait que j'imaginais est celle avec le gars qui touche la capsule spatiale, et la caméra se retire. Ensuite, il y a eu cette séquence supplémentaire,, l'évaluation psychologique où il termine en disant" Soumettre ".

"Nous voulions nous assurer que le public comprenne sa transcendance. Pas qu'il allait bien ou qu'il allait très bien, mais qu'il avait été capable de sortir de l'autre côté."

«C’était mon intention de ne jamais faire un film déprimant ou déprimé car, contrairement à son père, il rompt le cycle et revient sur Terre. Je voulais donc que sa transcendance soit claire. Nous l’avons toujours considérée comme cela."

L'espace et Trump

"L’espace est aussi revenu ces derniers mois dans les discours politiciens et bellicistes… Je suis embêté d’avoir à le dire, mais mon film prophétisait un peu cela, d’une manière dont je ne suis pas fier. SpaceCom va devenir une réalité. Quand Donald Trump l’a annoncé, je ne pouvais pas y croire. «Space Command» : quelque chose que j’avais écrit il y a dix ans ! Je pense que tout ce dont vous parlez se tient : la planète brûle, elle est en train d’être détruite. Et il me semble que nous avons été un peu complaisants dernièrement avec la menace d’un holocauste nucléaire, qui me paraît sous-estimée. Entre ça et le réchauffement climatique, nous faisons face à deux menaces existentielles directes. Auxquelles s’ajoute, évidemment, l’horreur d’un capitalisme financier dérégulé. Qui est, je pense, en l’absence d’alternative, l’une des raisons pour laquelle les gens sont attirés par l’ailleurs.

{...} Dans les années 60 et 70, aussi corrompu que cela ait pu être, l’idée de régime communiste, plus ou moins dictatoriale, constituait au moins une sorte de barrière au modèle du capitalisme financier, des «démocraties fondées sur l’économie de marché», comme ils disent. C’était une alternative. Terrible. Inopérante. Mais une alternative, et l’on pouvait appréhender, comprendre."

Le point de vue du cinéaste

"C’est l’idée, oui. Ces héros peuvent paraître des autoportraits du cinéaste en recherche de quelque chose d’inaccessible, ou qui n’existe pas. C’est sans doute juste. Parce que… même si je parvenais à faire un grand film, si j’en étais capable, peut-être ne saurais-je pas moi-même que j’y suis arrivé, parce que ce n’est en quelque sorte même pas la question. Cela requiert un trop grand examen de soi. Vous vous exposez à travers le film, vous vous rendez très vulnérable, et c’est tout ce que vous pouvez faire. C’est votre travail. Vous ne faites pas ça pour la reconnaissance, pour les compliments, pour l’argent, ni même pour la gloire ou la célébrité. Vous faites ça pour du temps.

{...} Si vous m’aviez demandé à 25 ans si je désirais par-dessus tout faire un grand film et devenir un réalisateur célèbre ? Oui ! Mais aujourd’hui, je sais que c’est du vent. Je vais vous dire des clichés, mais j’ai une femme formidable et trois jeunes enfants que j’aime tant que je pourrais les manger. Il y a cette citation du peintre japonais Hokusai à propos du vieillissement où il dit qu’à l’âge de 120 ans il espère avoir atteint la compréhension intime d’une feuille d’arbre. Aujourd’hui, ma chose préférée au monde consiste à contempler des mantes religieuses dans la cour avec mon fils. J’aime aussi beaucoup le silence et l’obscurité. Rentrer chez moi le soir, éteindre les lumières et m’asseoir dans le noir quelques minutes. J’ai beaucoup aimé la musique, aujourd’hui un peu moins. J’aime ne rien écouter, le silence.

A propos du père

"Pour revenir au personnage de Tommy Lee Jones dans Ad Astra, dont je voulais qu’il apparaisse troublé mais surtout pas en monstre, quand je le vois s’entêter, se taper la tête contre les murs, vouloir à tout prix attirer d’autres gens dans sa quête, j’ai de l’empathie et de la tendresse pour lui. Je le vois presque aussi vulnérable qu’un enfant. Et je me dis : peut-être est-ce là ce que je fais, peut-être que je me plante et que les gens qui font Avengers ont raison. Peut-être ces gens sont-ils en train de fabriquer ce que l’on regardera dans 2 000 ans comme l’équivalent de l’Enéide. C’est effrayant, mais c’est une perspective à laquelle tout créateur doit se confronter. On ne sait jamais."

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