Ad Astra : explication de la fin et du voyage de Brad Pitt

Analyse de Chris

Ad Astral a l'apparence d'une grande épopée spatiale de science fiction, mais c'est avant tout un voyage introspectif, celui de l'astronaute Roy Mcbride, incarné par Brad Pitt. Le nouveau film de James Gray (comme ses oeuvres précédentes) s'intéresse surtout aux états émotionnels de son personnage, son ressenti et sa perception du monde et de la vie.

Les nombreux examens psychologiques effectués par l'astronaute sont toujours positifs (sauf un). Pourtant, celui-ci est loin d'être épanoui, en paix, et le début du métrage. En attestent notamment les paroles de sa femme, lorsqu'elle le quitte. McBride semble constamment dans le contrôle et affiche un visage extrêmement ambitieux, suivant un parcours sensiblement similaire à celui de son père.

Cela va d'ailleurs continuer durant une bonne partie du film. Il va partir à l'autre bout de la galaxie, comme son père. Celui-ci cherchait des extraterrestres, sans certitude de leur existence. Le fils part retrouver le père sans garantie de sa présence. Comme ce dernier, il va également tuer un équipage. Mais sur place, il va faire son propre choix, renoncer à suivre le chemin du père pour écrire sa propre histoire.

La dernière partie du film est ainsi à la limite de l'expérimental. Les scènes que nous voyons (Brad Pitt traversant les anneaux de Neptune, l'explosion nucléaire qui le renvoie sur Terre) sont plus symboliques et métaphoriques que réalistes. C'est une transposition d’impressions intimes, du chemin parcouru dans l'esprit de Brad Pitt au cours de son long voyage solitaire et lors de sa confrontation avec son père..

L’idée de James Gray est de partir la mission spatiale pour peu à peu confronter les personnage à ses insécurités, ses traumas et ses difficultés. Les visuels et les évènements sont là pour retranscrire le big bang intérieur de Mcbride, en lutte avec ses émotions.

La fin du récit se veut assez ouverte. Le cinéaste a confirmé que pour lui, l'astronaute retournait sur terre et prenait conscience de ce qui était important pour lui. Mais comme la dernière demi-heure est assez abstraite, on peut légitiment s'interroger sur le destin du héros. Oui, intérieurement, il fait du chemin. Toutefois, il pourrait très bien rester, physiquement, coincé sur Neptune, ou dans sa navette. A moins qu'il n'ai même pas eu l'opportunité de quitter Mars ? La narration, à la limite du conte et de l'irréel, laisse la place à bien des réflexions. Dans tous les cas, le cinéaste a choisi si vision, positive et optimiste, du destin de l'astronaute.

Le face à face avec son père disparu, l'a forcé à évaluer comment sa vie a été façonnée par la distance émotionnelle et physique que celui-ci avait créée. Il s’est consacré à cette carrière à cause de son père et s'est éloigné des siens. Dans les derniers moments du film, Mcbride est soulagé et heureux, capable de s'intégrer pleinement à la société.

Roy s'est libéré de l'emprise que son père avait sur lui. À son retour à la maison, Roy réalise qu’il ne veut pas être seul et agit en conséquence. Il communique enfin avec sa femme et lui exprime ses pensées internes et ses émotions. Courir après les étoiles, c'est prendre le risque de se brûler. En restant sur terre, il peu apprécier la lumière du soleil, et la beauté des étoiles, la nuit, sans se détruire physiquement et intérieurement.

Ad Astra reprend les thèmes chers du cinéaste, mais diverge quand même grandement de ses oeuvres précédentes. La distance avec Shakespeare n'a jamais été aussi importante, et même si "Ad Astra" a des origines grecques, on s'éloigne de la tragédie. Si la dernière scène a été ajoutée à la demande de Brad Pitt (également producteur) pour ne pas troubler le spectateur, elle ne change pas vraiment le tonalité de l'oeuvre et l'intention du cinéaste : un regard, certes complexe sur l'évolution de notre société et les liens entre parents et enfants, mais optimiste. James Gray signe son premier "blockbuster" et choisit le happy end. Il ne fait plus des films que pour lui-même et cherche à satisfaire son public, sans se renier.

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1 comment

  1. JeanCloudDebil 24 octobre, 2019 at 03:31

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    Elaborated stupid is still stupid … croissants.

    … and your site sucks and smell like a sophisticated french who didn’t brush his teeth for weeks

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