#Dinard2017 : Critique du film Confident Royal de Stephen Frears

Voyage en United Kingdom6.5
remise en question du rapport colonial6
La quête de l'émoi4
5.5

Confident royal s’ajoute à la liste des films « tirés de faits réels mais en fait pas vraiment » qui sortent en foule en ces dernières années au cinéma. Stephen Fears n’en est ailleurs pas à son premier essai puisqu’il avait déjà réalisé The Queen en 2006.

Synopsis

L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du règne marquant de la Reine Victoria. Quand Abdul Karim, un jeune employé, voyage d’Inde pour participer au jubilé de la reine Victoria, il est surpris de se voir accorder les faveurs de la Reine en personne.

Alors que la reine s’interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnages vont former une improbable alliance, faisant preuve d’une grande loyauté mutuelle que la famille de la Reine ainsi que son entourage proche vont tout faire pour détruire.

A mesure que l’amitié s’approfondit, la Reine retrouve sa joie et son humanité et réalise à travers un regard neuf que le monde est en profonde mutation.

Confident royal est un film familial à caractère léger mais bienvenu sur l’amitié qui peut se nouer entre deux personnes qui n’ont rien en commun. Alors oui, vous l’avez déjà vu mille fois sur des centaines d’autres scénarios, mais ce film a quelques atouts pour vous convaincre. Pourquoi ?

Le pouvoir

D’abord parce qu’après une introduction courte et sans prétention de l’univers du scenario, Confident Royal nous plonge dans le réel d’une personne qui subit le pouvoir plus qu’elle ne l’use. Le film remet en question de manière très poétique le rapport entre pouvoir et liberté, entre la domination et l’aliénation.

Voyage

Ensuite parce que le chef opérateur n’y est pas allé dans la demi-mesure et que vous apercevrez la Grande-Bretagne comme vous ne l’avez jamais vue. Suivre la reine de l’Empire implique un magnifique voyage à travers les terres anglaises, et même un rapide extrait des coutumes locales.

Colons

Enfin parce que ce film laisse entrevoir le racisme dissimulé de l’aristocratie britannique très typique de l’époque (évidemment, la France n’est pas en reste non plus), et pointe du doigt l’ignorance folle du colon sur le pays qu’il prétend dominer.

Toutefois, il ne faudra pas s’attarder sur passages qui sont peu subtilement conçus pour faire pleurer dans les chaumières, et qui sonnent faux voir too much dans un film qui parle d’événements (probablement) survenus dans la réalité.

Une histoire vraie à t-elle le droit d’être aussi romancée ? Ou en tout cas, interprétée ? Cela ne ternit-il pas l’image de personnes aujourd’hui défuntes et donc facilement condamnables (mention spéciale pour Bertie, prince de Galles et fils de la Reine Victoria) ?
Grossir les traits d’un personnage caractériel pour affecter le public apparait particulièrement comme du mauvais goût. C’est d’abord un manque de tact parce que tout le monde se rend bien compte de la supercherie. C’est ensuite contreproductif de la part d’un media dont l’ambition est de retranscrire l’authenticité d’une époque. (Même si, attention, le film ne prétend pas raconter l’Histoire avec exactitude). A noter que ce film est une adaptation et que ce manque de réalisme part certainement du roman.

On retient donc que cette intrigue simple mais efficace a le mérite de nous faire rire et pleurer (en rythme), et c’est parfois la seule chose dont on à besoin. Judi Dench execute parfaitement son rôle. Allez-y en famille.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :