Deauville 2013 : Critique Les amants du Texas de David Lowery

Synopsis
Bob et Ruth s’aiment, envers et contre tout. Et surtout contre la loi. Un jour, un braquage tourne mal et les deux amants sont pris dans une fusillade. Quand Bob est emmené par la police, Ruth a tout juste le temps de lui annoncer qu’elle est enceinte. Dès lors, Bob n’aura qu’une obsession : s’échapper de prison pour rejoindre sa femme et son enfant.
Mais quand il y parvient, quatre ans plus tard, le rêve correspond mal à la réalité. En fuite, poursuivi par la police et par les membres d’un gang, Bob peine à rétablir le lien avec sa famille. Ruth est devenue mère et elle ne veut pas d'une vie de cavale : courtisée par un policier attentionné, la jeune femme devra choisir entre le passé et l'avenir.

Critique

« Le rêve correspond mal à la réalité ». C’est là toute la synthèse du film. Le film est un anti Bonnie & Clyde. Ici point de rêves enflammés et de couples « magiques ». Tout est ici très réaliste, contrairement aux autres films du même genre, que l’on pourrait qualifier de crime et romance.

C’est dans la chaleur du Texas parfaitement retranscrite à l’écran que l’on suit une Rooney Mara refaire sa vie dans l’attente de son homme en prison…attente particulière car en même temps, elle sait que ce moment est passé, perdu à jamais, et souhaite au plus profond d’elle tourner la page.

En face, Casey Affleck est lui beaucoup plus romantique, si ce n’est idéaliste, convaincu de pouvoir repartir là où ils s’étaient arrêtés.

Le film s’appuie donc beaucoup sur les émotions du couple, partagés, tiraillés entre la vie qu’ils ont eu, celle qu’ils ont et celle dont ils rêvent. On est donc loin des lettres enflammées, de l’attente interminable et des retrouvailles passionnées. Ici on navigue dans du ressenti, de l’émotionnel confronté à la dure loi de la vie.Amants du texas à Deauville 2013

En parallèle, le reste de l’intrigue est un peu brouillon. La figure paternelle incarnée par Keith Carradine est tout sauf essentielle, si ce n’est tenter d’insuffler quelques scènes d’action parfaitement dispensables au travers d’un contrat sur la tête de notre héros. Dommage car sans elles, le film s’en serait certainement mieux porté.

Un film touchant donc, porté par deux grands acteurs et un réalisme presque déprimant par rapport à ce que nous offre la machine Hollywoodienne. Mais c’est aussi pour cela, et malgré ces écueils, que nous aimons ces films indépendants.

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