La Grande Muraille ne cède pas sous nos critiques

La Grande Muraille ne cède pas sous nos critiques Antoine Godbillon

Summary:

2.5

Un petit plaisir naïf

 

Les critiques ne sont pas tendres avec Matt Damon. La blague des « impôts à payer » revient en force pour le pauvre Matt dont ses choix sont critiqués d’avoir choisi cette superproduction. Il est vrai qu’avec les 135 millions de dollars, La Grande Muraille est le film le plus cher jamais produit en Chine, et il serait étrange que Matt Damon n’ai pas eu sa part.

Cela dit, alors que les critiques vont descendre le film en flèche, on ne voit en La Grande Muraille pas moins que le Transformers chinois, ou encore un Pacific Rim à la sauce RPC. Pourquoi les américains auraient-ils le monopole du blockbuster international ? Pour un premier exercice de style, ce n’est pas fondamentalement foiré ! Explications.

Synopsis

Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.

Héroïsme sur fond vert

la_grande_muraille_2017_effets-speciauxLa première chose qui marque sont les effets spéciaux. Ils ne sont pas tous, justement, du meilleur effet. Les Tao Tei, ces créatures venues – semble-t-il – de l’espace ne sont pas très bien réussies. Le 100% effets spéciaux numériques fait tout de même regretter les bonnes vieilles maquettes, ou encore l’alternance entre CGI et effets spéciaux « physiques » (à la Jurassic Park). Au-delà de ces créatures, certains décors sur fond vert se rapprochent malheureusement trop d’un jeu vidéo dans des séquences cinématiques.

Ce qui est dommage, c’est que de nombreuses scènes se déroulent dans le désert. Le décalage entre certains ces décors naturels de déserts absolument magnifiques et cette reproduction de la Grande Muraille entourée d’effets spéciaux numériques est assez violent. Malgré tout, le film qui dure 1h44 passe relativement vite. Il suffit de s’habituer à cet exercice de style assez étrange…

Chorégraphies au second plan et ralentis à outrance

la_grande_muraille_affiche_2017_matt_damonCar le film est définitivement une accumulation de batailles entre l’armée de l’Ordre Sans Nom et les Tao Tei. Heureusement, les différents combats sont très variés et très peu répétitifs ! Les situations alternent, les manières de combattre aussi. Le seul point dommageable est que les chorégraphies de combats sont malheureusement trop peu développées… Zhang Yimou nous avait pourtant bien habitué avec « Le Secret des poignards volants » (2004) et « Hero » (2002). On sent quelques influences de wire-fu lorsque les femmes-guerrières se balancent au bout d’une corde pour découper les Tao Tei, mais cela s’arrête là. Les chorégraphies de kung-fu sont inexistantes, ce qui est normal s’agissant plutôt de combats rangés contre des hordes de monstres verts.

William Garin (Matt Damon) est donc à l’honneur dans ces combats, assisté de Pero Tovar (Pedro Pascal, vu dans Narcos et Game Of Thrones). Plutôt que des séquences de combat à mains nues ou bien à l’épée, c’est surtout l’arc de William qui est utilisé. Ce qui donne l’occasion de nombreux ralentis « à la chinoise » parsemé dans tous le film, et souvent un peu abusifs. Bref, le fait que le film sache renouveler les situations est salvateur.

Pas un grand film, mais un plaisir naïf

la_grande_muraille_2017_costumesNéanmoins, et malgré tous les défauts dont fait preuve le film, c’est avec un plaisir naïf que l’on regarde La Grande Muraille. Certains dialogues entre Matt Damon et Pedro Pascal sont assez drôles et les clichés de mercenaires surdoués font sourire. Du côté de la Chine, les costumes sont bien pensés, les armes délirantes mais originales, les couleurs sympathiques et flamboyantes. Quoi que l’on dise, La Grande Muraille est un film bien équilibré : action, dialogues, humour et situations. Le suspense n’est pas l’élément le plus fort, mais ce n’est pas le sujet du film !

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