Les Derniers Jedi, Disney et moi

-  Hé !
-  Quoi...
-  T'as vu Les Derniers Jedi ?
-  Oui...
-  Alors ?
-  J'ai bien aimé les teasers.
-  ...

Synopsis

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

Synopsis du synopsis

VII + I = VIII

Attention, des traces de spoilers et de fruits à coques sont dans cet article.

Je suis ton père, Noël

Cette année, Noël était en avance de quelques jours pour les très (très) nombreux fans de la saga Star Wars. Mercredi 13 décembre sortait dans les salles obscures Les Derniers Jedi. Un huitième épisode au scénario ultra confidentiel que Disney distilla pourtant avec un véritable savoir-faire, en offrant à la Terre entière quelques teasers pour (re)mettre la Force, en Marche. Et pour les spectateurs avides d'aventures intergalactiques, ces avant-goûts étaient comme de petits chocolats d'un calendrier de l'Avent, que l'on savoure avec délectation en attendant le jour J, J comme Jedi.

Plus de 4 millions de spectateurs verront d'ici la fin de l'année Les Derniers Jedi en France au cinéma. Et dans la foulée, Disney a déjà annoncé une quatrième trilogie de l'univers Star Wars ! Décidément, les épisodes de la guerre des étoiles n'avancent que par groupe de trois, un peu comme les rois mages en Galilée. Certains imaginent déjà sous le manteau que Les Derniers Jedi atteigne un jour le milliard de dollars de recettes à travers le monde. Mais... trop optimistes, ne sont-ils pas ?

Star Wars est également une franchise que l'on retrouve dans tous les magasins de jouets, avec de nombreux produits dérivés, voire à la dérive. Et cette année, l'un des must have est sans nul doute cet espèce de mashup animalier aussi grotesque qu'énervant, le Porg. Cette peluche est à Star Wars VIII, ce que Footix était à la Coupe du monde de football en 1998.

Disney a confié ce huitième épisode au cinéaste Rian Johnson, qui réalisa en 2012 l'étonnant Looper avec Bruce Willis. Mais basculer d'une arme à l'autre, c'est-à-dire d'une vieille pétoire au sabre laser, ne garantit pas de facto l'enthousiasme du public. Force est de constater que des spectateurs, sans doute les plus conservateurs, ont tournés le dos à ce dernier volet.

Les Dernier.e.s Jedi.e

L'entre-deux-fêtes est la période idéale pour aller découvrir Star Wars VIII au cinéma, et se faire un avis. Ce dernier épisode commence avec Luke Skywalker, tel un vieux Jedi là-haut sur la montagne, et une nouvelle génération qui vient lui forcer un peu la main à reprendre son sabre laser, et lui passer le relais. C'est un vent de jeunisme et de féminisme, qui souffle dorénavant sur cette saga familiale, aux origines plutôt patriarcales.

Rey ne débarque pas sur la planète Ahch-To pour se dorer la pilule en bikini, sur une plage abandonnée, entre coquillages et crustacés. Au contraire, elle joue les bonhommes en faisant léviter de la caillasse. Et Kylo Ren efface avec rage son grand père Anakin Skywalker de sa mémoire, supprime le suprême leader Snoke d'une simple découpe au laser, puis élimine son oncle Luke Skywalker lors d'un ultime combat. Mais en réalité, c'est l'autorité, la hiérarchie et la pérennité qui sont ici sabrées.

Les Derniers Jedi ne désignent vraisemblablement pas les anciens Jedi. En fait, ils désignent uniquement les nouveaux personnages, ainsi que leurs nouveaux pouvoirs. Soit les tout derniers arrivés dans cette aventure intergalactique à l'instar de Rey et Kylo Ren. Dommage que l'humour originel de Star Wars soit délaissé au profit d'un Marvel. On regrette également que les six ou sept premiers épisodes de la guerre des étoiles n’aient pas été davantage sanctuarisé, quitte à proposer ensuite un nouveau (?) titre comme Star Wars : The Next Generation.

En décembre 2018, le faucon millenium renaitra de ses cendres avec Han Solo à son bord. Le temps d’un spin off les spectateurs retrouveront sans doute l'esprit de la toute première trilogie, et au générique de fin se diront dans un long soupir : Ah, c’était quand même bien mieux avant !

 

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