Mon inconnue d'Hugo Gélin: analyse du film

Découvrir une nouvelle vie

Le comique du film émerge par les scènes de quiproquo basées sur "l'amnésie" de Raphaël dans sa deuxième vie. Enchaînant les malentendus, Raphaël ignore sa "copine" (Camille Lellouch), confond sa classe avec une conférence de presse et se rend à sa maison d'édition alors qu'il n'y est pas connu. Particulièrement caustiques, les scènes entre Mélanie et Raphaël exposent aussi la douleur liée à l'indifférence. Raphaël ne se souvient que d'Olivia, elle est l'amour de sa vie et son seul objectif. Après avoir été une femme trompée, Mélanie devient une femme qui n'a jamais été aimée.

Cette pérennité du grand amour donne corps au préconçu selon lequel un premier amour ne s'oublie pas. Ainsi, la vie de chacun serait marquée par une personne en particulier, un amour capable de traverser le temps. La temporalité, l'espace et même les rencontres ne pourraient pas venir à bout de ce sentiment de ne pouvoir aimer vraiment qu'une seule fois. Raphaël, comme Félix, sont des exemples de ce monothéisme amoureux. Ainsi, même si Olivia n'a plus conscience de son passé, elle tendra nécessairement vers Raphaël car elle lui ait destiné.

On peut oublier qui on est mais on ne peut pas oublier qui on aime.

Bonhomme, Marion Vernoux, 2018

La mémoire du coeur

La grand-mère d'Olivia (Edith Scob), comme le personnage de Félix, est présente dans les deux réalités. Atteinte de la maladie d'alzeihmer dans la deuxième dimension, elle est la seule à reconnaître Raphaël en le voyant. Si Raphaël en joue pour séduire Olivia, il ne sait pas vraiment si la grand-mère le reconnaît vraiment. Comme le film Du miel dans la tête, Mon Inconnue donne une certaine poésie à la maladie d'alzheimer. La superposition entre deux formes d'oubli, l'une temporelle et l'autre pathologique, permet d'établir un lien entre les deux. Hugo Gélin exprimera d'ailleurs, lors d'une avant-première, qu'il voulait montrer qu'alzheimer n'était pas une absence, mais peut-être une conscience d'autres dimensions temporelles. La grand-mère n'oublie donc pas, elle n'a juste pas conscience des mêmes temporalités que les personnages.

Je sais que je perds un peu la mémoire mais je me souviens quand même des gens qui comptent.

Gabrielle (Edith Scob)

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