SANS UN BRUIT : Explications du film et de la fin

 - Élément 3: Le comble imprégné d'une cruelle ironie: la femme enceinte. Après la mort d'un de leurs enfants, le petit dernier, en début de film, Evelyn Abbott (Emily Blunt) est de nouveau enceinte en plein milieu de film ! Quoi de plus embêtant pour cette famille que d'attendre l'arrivée d'un nouveau membre. Dans des circonstances normales, bien sûr qu'une telle nouvelle devrait être accueillie à bras ouverts. Seulement, les circonstances pour cette famille sont loin d'être normales. La première chose à laquelle nous pensons lorsque nous apprenons la nouvelle (par le biais de mimiques et de gestuelles des personnages qui caressent le ventre de Evelyn, ou de gros plans sur celui-ci puisqu'il peuvent à peine parler), c'est "comment va-t-elle faire lorsqu'elle devra accoucher ?" Bien entendu, nous attendons avec impatience ce moment - qui arrive toujours au moment opportun pendant lequel la créature s'introduit dans le cocon familial. L'une des scènes les plus porteuses de tension est justement celle-ci. Ce moment, où dans sa baignoire, Evelyn se cache à la fois du monstre et retient sa respiration pour ne pas faire de bruit en accouchant est d'une intensité rarement développée comme telle.

Ce moment, bien que puissant en soi, tire le fil vers un autre moment fort:

- Élément 4: La naissance du bébé. Dans un monde où un enfant nourrisson vient de naître mais où nous n'avons pas le droit d’émettre le moindre bruit sous peine de mort, comment faire ? Et bien, Krasinski nous donne une réponse très simple à cette question: on dope l'enfant pour qu'il s’endorme un bon coup et ne dérange plus personne. Comme nous le disions un peu plus haut dans l'article, la maison des Abbott est composée de plusieurs "compartiments" si nous pouvons les appeler comme ça. Effectivement, il y a le sous-sol insonorisé dans lequel le père de Regan fait tout son possible pour lui développer de nouveaux amplificateurs afin qu'elle puisse retrouver l’ouïe. Mais il y a aussi "la cave" dans laquelle la mère, impuissante, assiste au dopage de son bébé par son époux pour qu'il se taise pour ne pas que la créature présente dans la maison ne les détecte. C'est à ce point que la famille Abbott démontre sa fidélité.

Une Dévotion Familiale poussée au Paroxysme

Sans un bruit est donc légitimement un film d'Horreur pour le côté surnaturel des créatures, pour les ambiances apportées par des jeux de lumière maîtrisés et fluides, une belle réalisation, précise et pas du tout alambiquée... Mais ce qui en fait un film "d'amour", ce sont les relations qu'ont les personnages entre eux. Une dévotion telle que nous comprenons par des conversations notamment que les parents ne laisseront jamais rien arriver de mal aux enfants.

Ce qui assez étonnant dans un film où les personnages ne sont pas sensés parler, c'est que les seuls moments où ils s'expriment c'est pour s'avouer leur amour et leur dévotion. Le rapport entre les parents et les enfants est vraiment l'un des enjeux majeurs du film, plus que la compréhension de tous les mystères autour des monstres et de leurs faiblesses.

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4 comments

  1. SeyTo 17 juillet, 2018 at 02:08

    Il ne dope pas le bébé c’est de l’oxygène parce qu’il l’enferme dans une boîte hermétique.

  2. SeyTo 17 juillet, 2018 at 02:09

    Par contre pas très malin de prendre une hache et de vouloir attaquer alors qu’il avait juste à s’allonger et ne faire aucun bruit !

  3. yannick ndefo 28 septembre, 2019 at 09:50

    Quelle passion! Quelle analyse! Ton texte est tellement chargé en émotions que je me suis instantanément senti replongé dans l’ambiance du film. Un chef d’oeuvre critique bravo! Je suis d’accord avec Seyto c’est de l’oxygène à mon avis aussi

  4. Inès 9 octobre, 2019 at 11:32

    Merci beaucoup pour votre message et votre compliment, contente que cela vous ait plu. Bien noté pour l’oxygène. A bientôt !

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