Shining : Analyse et explications de la fin

la hache de shining

Qu’est ce que the Shining ?

C’est en tout début de film que nous sommes introduits à la signification du mot, par le biais de Dick Hallorann, le cuisinier de l’hôtel s’adressant directement à Danny et le mettant en garde. Lorsque Hallorann propose à Danny s’il veut bien manger une glace, il souhaite définitivement un moment avec le jeune enfant, et cela nous le comprenons directement. Nous avions déjà connaissance du fait que Danny avait un don, où probablement qu’il était bizarre et nous avions effectivement besoin de cette partie explicative sur cette étrangeté.

Kubrick, dans Shining, use beaucoup de l’insinuation et nous laisse libre d’interpréter ce qu’il nous propose. Finalement, ce n’est qu’à ce moment du film où il se montre un peu plus radical et réaliste puisqu’il nous expose directement à la signification du titre de son œuvre.

Overlook hotel

Le film aurait tout à fait pu récupérer le nom de l’hôtel : The Overlook Hotel qui, d’ailleurs, sonnerait bien plus « film d’horreur » que Shining. Ce qui est particulier avec le choix de ce titre, c’est qu’il n’induit pas un film d’horreur puisqu’il dégage une notion davantage positive que négative.

Dans le film, Hallorann explique à Danny que les personnes dotées d’un don de clairvoyance un peu plus poussée se font appeler les Shining. Hallorann et Danny sont de ces personnes. Ce moment où Hallorann appelle Danny « Doc » (référence à Bugs Bunny) alors qu’il n’est pas censé connaître de surnom nous met déjà la puce à l’oreille sur son don de clairvoyance à lui.

Ils sont capables de lire dans les pensées et obtenir des bribes d’information sur le passé ou le futur. Ici, le don de Danny est utile car il lui permet de comprendre cet endroit effroyable dans lequel il s’apprête à vivre. Il ressent le malaise de l’endroit et grâce aux plans rapprochés de Danny et ainsi que son regard horrifié, nous le ressentons avec lui.

Le Overlook Hotel, le véritable monstre du film ?

La particularité de The Shining par rapport à de nombreux films d’horreur (et surtout pour un film d’horreur de l’époque), c’est qu’il ne nous impose pas un monstre de façon évidente. Le film ne fait que jouer avec les détournements de notre subconscient. Il n’y a pas d’ennemi à proprement parler, et bien que Jack Nicholson soit « possédé » à l’issu du film, nous nous demandons même s’il l’est vraiment. Nous lui connaissions déjà des antécédents d’homme violent lorsque nous apprenions qu’il avait été une fois violent avec son fils, Danny lorsqu’il était complètement saoul.

Kubrick nous dit ainsi que l’homme qui s’apprête à rentrer dans cette vision cauchemardesque de sa psyché n’est pas si innocent que cela. C’est même comme si il nous prévenait nous, spectateurs, de la descente de Jack grâce à des informations sur son passé.

Et cette descente, c’est par le biais de l’Overlook que nous y assistons. Tout est fait, dans le film, pour que nous percevions l’Overlook comme un personnage à part entière, et comme le véritable « méchant » du film. Celui-ci parle aux personnages et Kubrick joue subtilement avec les plans pour nous faire comprendre qu’il est pratiquement le personnage le plus vivant du film.

Danny sur son vélo

Les couloirs interminables

Stanley Kubrick filme de façon très emblématique l’Overlook Hotel et joue à de nombreuses reprises à lui créer une aura inquiétante et dérangeante. Celle-ci passe notamment par des travelling lents, circulaires, répétitifs. La scène la plus évidente, à ce niveau, est cette fameuse où Danny fait du tricycle dans les couloirs de l’hôtel. Kubrick y place la caméra à hauteur du petit garçon sur son tricycle pour que nous voyions les couloirs tels que Danny les voit. Ce positionnement de caméra fait son effet : puisque nous voyons tout l’hôtel à hauteur du petit garçon, celui paraît immense, et vide à la fois. De ces tapis à motifs répétitifs se dégage aussi une forme de folie et de solitude à la fois. C’est comme si Danny représentait cette petit puce dans le cerveau de Jack Torrance et faisait la visite de la folie de son père, ce est, cela va s’en dire, plus que perturbant. Ce voyage intérieur dans les landes démentielles du subconscient de son père représente incontestablement une exploration dans les enfers.

Le labyrinthe

Le labyrinthe aussi est une figure emblématique du film et porteur de fortes significations. Lorsque l’on parle de labyrinthe, nous pensons d’abord mythologie grecque et la célèbre histoire du minotaure. Pour le petit rappel, le labyrinthe dans la mythologie fut ordonné par le roi Minos et construit par le scientifique Dédale, dans le but d’enfermer un monstre effroyable : le Minotaure, monstre mi-homme, mi-taureau. Celui-ci fut conçut par Pasiphaé (Europe), la femme de Minos et Zeus, le Dieu des Dieux.

Le labyrinthe de l'hotel

Pourquoi Kubrick a t-il ainsi choisi cette icône pour tuer son protagoniste principal, à savoir Jack Torrance ? Nous pourrions penser que la figure même du labyrinthe renvoie à la folie de Torrance à laquelle il ne peut échapper, et de ce fait n’en sortira pas indemne. Les couloirs du labyrinthe sont en réalité ceux de son subconscient et ce n’est pas anodin si Kubrick décide de finir le film de nuit, et dans ce labyrinthe glacial. Cela nous éclaircit sur la finalité indubitable de Torrance ; le labyrinthe l’enferme et l’engouffre dans ce climat glacial : il est déjà condamné et tout se referme sur lui, sans aucun échappatoire possible.

La chambre 237 :  la pièce des fantasmes

La célèbre chambre 237 qui a d’ailleurs fait l’objet d’un documentaire de Rodney Ascher, Room 237 fait, dès les débuts du film, référence à un interdit, et donc est placée au cœur d’un intérêt que nous alimentons au fil du film. Car, ce qui est surprenant avec cette pièce, c’est que finalement, il n’y a rien de particulier à l’intérieur. Ce sont les fantasmes de Jack Torrance que nous y apercevons. Le « Mal » dans cette pièce finit par être un objet de désir, à savoir la femme jeune, belle, désirable et désireuse. Nous remarquions déjà, avant l’ouverture de cette porte sacrée, que les relations entre Jack et sa femme ne faisaient pas figure d’émerveillement. De ce fait, il ne semblait pas illégitime de nous introduire à cette pièce enivrante.

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4 commentaires
  1. J’aimerai savoir comment Danny à eu des marques d’étranglement après être sortis de la chambre 237. Et deuxièmement comment Jack à réussi à sortir de la chambre froide (épicerie)…

  2. Merci Ines pour ce post

    Pas tres fan de Kubrick, mais j’ai vraiment apprécier celui-ci, tout comme Barry Lyndon (son must pour moi !)

    Nicholson est vraiment impressionnant, littéralement possédé par son personnage

  3. Shining est un film fascinant qui bonifie avec le temps. Toutes les théories et les essais d’analyser le film ne font que renforcer son mystère et son pouvoir.

  4. Merci pour ce post!
    Cependant il y a un détail que je n’ai toujours pas compris, c’est le célèbre cliché a la fin et le rôle de l’ancien gardien de l’hotel qui a aussi tué sa famille ?

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