Critique du film Le Capital de Costa-Gavras

Il y a des films qu'on va voir avec un à priori. Rien que le titre peut déjà inciter à se… faire des films ; et "Le Capital" est de ceux là. Je suis rentré dans la salle en imaginant Karl Marx en train de taper sur son iPad... Chacun ses délires.

Costa-Gavras avait marqué les esprits, en 2006, avec "Le Couperet", où José Garcia, au chômage, tuait les candidats concurrents afin de retrouver un emploi. Les cinéphiles qui s'intéressent au sujet ont peut-être vu l'excellent "Violence des échanges en milieu tempéré" de Jean-Marc Moutout ou le médiocre "Ma part du gâteau" de Klapish. Dans ce tiroir, où sont rangés les films qui critiquent le monde du travail, voire de la finance et des hauts dirigeants, "Le Capital" est un énième pamphlet et il s'avère très mauvais.

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Pendant une heure et demie, c'est une oscillation permanente entre la caricature et la réalité, sans jamais trouver une crédibilité. On nous assomme de termes techniques pour donner de la vraisemblance et, ce faisant, on assène les clichés : salaires mirobolants, jets privés, collusion Etat/Cac 40, entre autres… Les scènes s'enchainent comme si Costa-Gavras avait voulu placer, de force, des personnages : les vilains directeurs calculateurs, la gentille employée intègre qui fait bien son travail, la créature de rêve et mannequin drogué, le cousin syndicaliste…  Bien entendu, tout ce fatras n'a aucune cohérence, aucun allant et on s'ennuie constamment.

Il suffit de quelques minutes pour comprendre où le cinéaste veut nous emmener en nous demandant, gentiment, de suivre un fil rouge (le destin du personnage de Marc Tourneuil, ses doutes, son cynisme : va-t-il s'en sortir ? veut-il s'en sortir ?).  Costa-Gavras nous ballade donc entre les grands hôtels et les réunions du board, les ministères et les yachts sans que le spectateur ne trouve sa place, partagé entre un siège d'observateur et un fauteuil de juge. Cette situation bancale est à l’image de Gad Elmaleh qui n'est pas du tout crédible, comme s'il ne faisait que passer, pas vraiment dans son rôle ; très falot à coté de Gabriel Byrne et Natacha Régnier. Les soi disant doutes qui l'assaillent semblent disposés là pour rassurer le spectateur mais on a du mal à y croire. Idem pour les instants où il joue les capitaines de société. C'est peut-être ce manque de vraisemblance globale qui contribue au malaise  qu'on peut avoir à la sortie et qui se résume en deux mots ; quelle déception...

En somme, avec "Le Capital", on est dans la caricature mais la pire qui soit, une caricature déguisée, dessinée à la truelle. Ressortez plutôt votre DVD de "Wall Street" avec Michael Douglas, vous ne perdrez pas au change.

5 comments

  1. John Stewart 24 novembre, 2012 at 21:36

    Je suis époustouflé – je ne vois de partout que des critiques négatives , alors qu’à mon sens c’est un TRES TRES bon film, sur un sujet grave qui nous concerne tous. Est -ce que « le Capital » empoisonne tous les esprits à ce point ?!! – en tout cas, pas moi; Allez le voir!!

  2. Air Ether 25 novembre, 2012 at 03:33

    C’est peut-être un sujet grave mais cela n’enlève rien au fait que le sujet
    est survolé, la réalisation est médiocre et le scénario bourré de
    clichés faciles… J’y suis allé avec un à priori positif (costa gavras,
    sujet intéressant) et j’en suis ressorti déçu, avec le sentiment
    d’avoir été pris pour un imbécile à travers des procédés grossiers et
    une kyrielle d’images simplistes.

  3. Neither 1 décembre, 2012 at 03:10

    Excellent film à voir et certainement même à revoir pertinent et pour ce qui est des clichés ça tombe bien c’est peut être un peu le propre du cinéma. Cela reste une fiction… c’est un film mais très proche de la réalité vu ce que j’observe de ce monde pour ce qui est du simplisme … Je l ai trouvé très bien menne
    Éther je trouve votre critique quelque peu hâtive et un brin oriente

  4. betty 6 décembre, 2012 at 01:06

    je viens de voir le film et le trouve plutôt assez réaliste !Votre critique est sévère!
    j’ai aimé et les clichés ne sont pas si clichés que cela Monsieur!
    Vous êtes sévère!Allez voir Capital!

  5. nemo 1 janvier, 2013 at 14:15

    On se demande si les critiques négatives surtout – venant des journalistes ne font pas rejoindre la réalité et la fiction. C’est à dire que l’on peut se poser la question si ces journalistes n’ont pas été payés pour salir ce film …. Et qu’il n’a pas été tout fait pour réduire son influence.

    bref, cher peuple : Allez le voir !

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