#Deauville2022 – La compétition

Emily The Criminal

Synopsis

La chance en berne et crou­lant sous les dettes, Emi­ly en est réduite à inté­grer un réseau d’arnaqueurs à la carte de cré­dit et plonge peu à peu dans le milieu cri­mi­nel de Los Angeles, non sans consé­quences néfastes.

Critique

La première raison d’aller voir ce film est la présence d’Aubrey Plaza. On retrouve ici l’actrice hilarante de Parks and recréation dans un rôle sérieux et sombre.

Emily son personnage est pourtant attachant. Comme de nombreux américains, elle galère à rembourser ses 70 000$ de dette étudiante, sujet au cœur de l’actualité en ce moment avec l’effacement d’une partie de la dette par le président Biden.

Problème : difficile de trouver un job quand tous les employeurs potentiels ont connaissance de son casier judiciaire.

Aussi, en attendant de trouver mieux, elle livre des repas. Ayant dépanné un collègue, celui ci la remercie en lui passant un bon plan qui s’avérera bientôt un cadeau empoisonné.

Emily The Criminal

On se découvre petit à petit une Emily qui ne laisse pas faire et plus badass qu’elle n’en a l’air. A la fois désespérée, désemparée et sans plus rien à perdre, elle prend les devants jusqu’à franchir une frontière sans retour en arrière possible. Audrey Plaza nous est clairement une actrice remarquable. Elle parvient sans difficulté à nous faire oublier son rôle culte de secrétaire cynique de Parks and recreation.

Emily the criminal fait partie de ces films du cinéma indépendant américain réussi et qu’on l’est content d’avoir découvert. A ce titre, les spectateurs du festival de deauville sont plutôt d’accord avec Oblikon puisqu’il lui a attribué le Prix du Public!

1-800-Hot-Nite

Synopsis

Le monde s’écroule autour de Tom­my le jour où la police enfonce la porte d’entrée de sa mai­son et arrête son père. Confron­té à un ave­nir sans cadre fami­lial, il s’enfuit avec ses amis Steve et O’Neill dans les rues sombres de Los Angeles, peu­plées d’individus louches et de poli­ciers à leur recherche. Tom­my va aus­si croi­ser un python et connaître sa pre­mière bagarre, son pre­mier bai­ser et sa pre­mière conver­sa­tion télé­pho­nique à carac­tère sexuel. Au lever du jour, la cama­ra­de­rie vole­ra en éclat lorsque les trois amis pas­se­ront le seuil de l’âge adulte.

Critique

Une épopée (pré)adolescente d’une nuit durant laquelle Tommy et ses deux amis Steve & O’Neill vont réellement basculer à l’âge adulte. Fuîtes, trahisons, peurs, sexe, amour, tout vas se bousculer pour nos héros dans un film sans temps mort dans les rues de Los Angeles.

Les jeunes acteurs sont très bons. Mention spéciale à Dallas Dupree Young qui assume avec brio son rôle principal. La réalisation de Nick Richey est maîtrisée. Chapeau bas car l’exercice n’était pas facile pour un film réalisé sur un temps et budget record (moins de 200 000$, 18 jours de tournage).

1-800-Hot-nite

Le film synthétise (peut-être trop rapidement) le passage à l’âge adulte. Si l’on peut faire une critique, c’est le trop plein d’aventures pour une nuit ! Cela ne s’arrête pas pour Tommy, et même le spectateur se perds à un moment dans toutes ces péripéties ! Ces dernières embrouillent malheureusement un peu la compréhension de l’évolution du personnage. Un peu moins d’actions auraient pu permettre de mieux travailler sur ce cap que vit Tommy. Rien de dommageable cependant pour le spectateur !

En somme, on s’attache aux acteurs et on navigue avec plaisir avec eux dans cette nuit d’aventures.

Watcher

Synopsis

Julia et son mari d’origine rou­maine quittent les États-Unis pour emmé­na­ger à Buca­rest, où ce der­nier a trou­vé un nou­vel emploi. Ayant tiré récem­ment un trait sur sa car­rière de comé­dienne, Julia se retrouve sou­vent seule dans son grand appar­te­ment et essaye de s’occuper comme elle peut. Une nuit, en scru­tant par la fenêtre l’immeuble d’en face, elle aper­çoit une sil­houette qui semble la regar­der en retour…

Critique

Watcher fait partie de ses films dont on se demande s’il sera à la hauteur de ce que nous laisse espérer son synopsis. Est-ce que l’on va partir sur un film de suspense ou sur un film ou il ne se passe pas grand-chose.

Rassure-vous : nous avons bien droit à la première option ici.

Tout au long du film, nous suivons Julia. Dès son arrivée à Bucarest, dans le taxi, elle doit demander à son mari de lui traduire les propos du chauffeur. On met à sa place dès les premières minutes car qui n’a jamais été avec un groupe de personnes qui parle une langue que vous ne comprenez pas ?

Notre emplahtie envers elle est renforcée car elle a quitté New York et sa carre!re pour suivre son mari à moitié roumain qui travaille dans le marketing a eu une promotion à Bucarest.

La première partie du film met l’accent sur sa solitude : elle passe ses journées seule sans rien à faire à part se balader dans la ville; son isolement également car même avec son mari et ses collègues, ces dernières se mettent à parler roumain sans qu’elle ne puisse participer.

Watcher

La réalisatrice qui a passé une période en France sans connaître le français retranscrit parfaitement cette sensation « Lost in translation ».

Lorsqu’arrive le watcher, Julia ne se laisse pas faire. Ses tentatives plus ou moins réussies pour faire intervenir la police, son mari reflètent bien les problèmes actuels que sont l’anxiété des femmes dans la rue notamment la nuit, les quais de métro ou les trains où l’on se retrouve quasiment seule et sans défense, mais aussi la difficulté d’être crue, se voir traitée d’hystérique ou de parano.

Bien que l’on soit du côté de Julia, on en arrive nous même à douter : est-elle vraiment surveillée ou imagine -t-elle tout cela ? La tension ne se relâche pas durant les 1h30 que durent le film, ou quand elle se relâche c’est pour mieux de faire sursauter ensuite. Il y a d’ailleurs quelques scare jump maitrisés et sans abus jusqu’à la scène finale totalement réussie.

Watcher est une très bonne surprise dont nous aurions pu passer à côté.

Aftersun

Synopsis

À la fin des années 1990, Sophie, onze ans, et son père Calum passent leurs vacances dans un club de la côte turque. Ils se baignent, jouent au billard et pro­fitent de la com­pa­gnie com­plice de cha­cun. Calum devient la meilleure ver­sion de lui-même lorsqu’il est avec Sophie. Sophie, quant à elle, pense que tout est pos­sible auprès de lui. Lorsque la jeune fille est seule, elle se fait de nou­veaux amis et vit de nou­velles expé­riences. Tout en savou­rant chaque moment pas­sé ensemble, une part de mélan­co­lie et de mys­tère imprègne par­fois le com­por­te­ment de Calum. Vingt ans plus tard, les sou­ve­nirs de Sophie prennent une nou­velle signi­fi­ca­tion alors qu’elle tente de récon­ci­lier le père qu’elle a connu avec l’homme qu’elle ignorait.

Critique

Un film prenant un parti assumé de vouloir raconter des vacances d’été marquantes pour le personnage principal. Ainsi on est transporté dans l’été des 11 ans de la petite Sophie (interprétée avec brio par la jeune Frankie Corio). Été qu’elle passera en Turquie avec son père que l’on comprends fraîchement séparé de sa mère.

L’été sera riche en émotions pour la petite fille, confrontée pour la première fois à la sexualité en traînant avec un groupe d’ados, mais également – et surtout – face à la solitude de son père. Présenté ainsi, on ne peut pas penser au Somewhere de Sofia Coppola mettant également en scène cette relation complexe père / fille durant une tranche de vie. Malheureusement Charlotte Wells n’est pas Sofia Coppola, et la réalisation se montre décousue, un peu comme les flash-forward sur la vie de Sophie adulte.

Aftersun

Le choix de Charlotte Wells est de donner très peu d’informations sur ses personnages. Ainsi on découvre certaines choses par bribes sur qui est devenue Sophie. Il reste néanmoins difficile de faire le lien entre la Sophie adulte et les expériences de ces vacances. Vacances présentées de plus de manières très atmosphériques, presque éthérées. On a souvent l’impression d’assister uniquement à un témoignage de vacances plus qu’à un moment clé dans la vie de l’héroïne. Au risque également de perdre le spectateur dans ces non-tribulations de vacances finalement assez classiques.

Un premier film en demi-teinte donc pour Charlotte Wells. N’est pas Sofia Coppola qui veut et le manque de clarté dans ses objectifs perdent le spectateur, sans que la réalisation ou la photo puissent porter le film.

Dual

Synopsis

Sarah, en phase ter­mi­nale d’une mala­die grave, décide de lan­cer une pro­cé­dure de clo­nage révo­lu­tion­naire pour atté­nuer la souf­france de ses amis et de sa famille. Mira­cu­leu­se­ment réta­blie, elle tente de se défaire de son clone…

Critique

Disons le de suite: Dual n’est pas un grand film mais il le sait et ne se prend pas au sérieux. Il y a parfois un côté second degré assumé qui nous empêche de le trouver cette impression de déjà-vu. Car oui, vous aurez bien entendu cette impression. En lisant le synopsis, vous avez probablement déjà penser à l’épisode de Black Mirror Be right back dans lequel une femme qui a perdu son mari achète son clone. Le film risque également de rappeler – dans une certaine mesure- l’épisode White Bear.

Dual

Mais revenons au clone. Sarah doit donc se débarrasser de son clone mais dans la légalité ( encore une qui n’a pas dû lire les petites lignes des conditions générales). Son clone ayant aussi des droits, la loi prévoit un duel à mort entre l’original et son double, duel qui est évidement devenu une TV réalité. Les deux Sarah sont bien décidées à gagner et à ne pas se laisser faire.

Certains passages sont cyniques et caustiques. La scène avec le médecin qui lui annonce sa maladie incurable et les prochaines étapes est terriblement drôle.

On regrette un peu une fin abrupte et l’on reste sur sa faim.

Cependant le film se regarde avec plaisir et sans ennui (merci aux trop peu nombreux réalisateurs qui font encore des films de 1h30).

Montana Story

Synopsis

Cal et Erin, la ving­taine, sont frères et sœurs mais ne se parlent plus depuis des années. Leur père ayant subi une attaque céré­brale, ils se rendent à son che­vet dans le ranch fami­lial où il vit doré­na­vant sous assis­tance res­pi­ra­toire. Des années de res­sen­ti­ments et de non-dits resur­gissent lorsqu’ils doivent prendre des déci­sions qui pour­raient chan­ger leur vie à jamais, mal­gré la dis­tance émo­tion­nelle qui les sépare. 

Critique

Montana Story est une histoire de famille comme on en voit dans beaucoup de films. Sans être très original, le film se regarde avec plaisir et on suit les deux personnages principaux durant près de 2h à prendre parti pour l’un ou pour l’autre, à écouter leurs vécus et leur ressenti d’hier et d’aujourd’hui. 

Dès la moitié du film, le réalisateur choisit de partager le secret de cette famille. Moins qu’un secret, c’est plutôt un événement qui a brisé cette famille mais qui n’était que la goutte d’eau… 

Tout au long du film, les acteurs sont justes, pas de pathos ou de mélodrame trop poussé, ce qui est appréciable car cela aurait pu être la facilité. 

Les paysages du Montana sont magnifiques mais certains – un peu trop citadins- auront cette impression d’être coupés du monde. 

Bien qu’assez oubliable, Montana Story est conseillé aux amateurs de grands horizons et de drames intimistes. 

Stay Awake

Synopsis

Ethan, dix-sept ans, et son frère Derek, dix-neuf ans, font de leur mieux pour tra­ver­ser la période dif­fi­cile de l’adolescence tout en s’occupant de leur mère accro aux médicaments.

Critique

Il est des petites perles sympathiques que l’on n’imagine pas à la lecture du pitch du film. Stay Awake fait complètement partie de cette catégorie. Un film tournant quasiment exclusivement autour de trois acteurs. Les deux frères, incarnés par Fin Argus et un très “Chalamesque” Wyatt Oleff. Leur mère, Chrissy Metz, déjà vue (et brillamment) dans la série This is Us. La symbiose marche excellemment bien entre les deux frères, et les échanges avec Chrissy Metz, accroc aux médicaments, sont maîtrisés et d’une fluidité mémorable.

Si le jeu d’acteur est la force principale du film, il ne faut pas oublier néanmoins son contexte et comment il met en scène avec une certaine discrétion les drames de la crise des opiacés aux Etats-Unis. Pour ceux qui ont vu la série Dopesick, il est aisé de comprendre la situation de leur mère. Pour d’autres spectateurs plus naïfs de ce sujet brûlant, il sera peut-être difficile de comprendre l’addiction de la mère de nos deux héros.

On pourra néanmoins à ce moment se rattraper sur l’évolution des personnages. Chacun à sa manière découvrira qui il est, ce qu’il cherche dans la vie. Que cela soit professionnellement ou sexuellement, les thèmes sont abordés avec sérieux sans être écrasants.

Un film touchant, enthousiasmant, un film dont on se rappelle.

Retrouvez-ici le programme du Festival du Cinéma Américain de Deauville
Retrouvez-ici nos chroniques des documentaires de l’Oncle Sam
Retrouvez-ici nos chroniques des premières

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