Explications et analyse Quelques minutes après minuit

Explications et analyse Quelques minutes après minuit Christopher Guyon

Summary:

4

Un film pour enfants mature et ambitieux

Quelques minutes après minuit (dont le titre original et certainement plus poétique est A monster calls), est la troisième film de Juan Antonio Bayona. Au casting de ce film pour enfants, plutôt sombre, on retrouve de très beaux noms, notamment Felicity Jones (Star Wars Rogue One), Sigourney Weaver, Liam Neeson et le jeune Lewis MacDougall dans le rôle titre. Dan cette analyse, nous vous proposons pour commencer une critique plutôt conventionnelle du film, avant de nous intéresser, dans une deuxième partie, aux aspects plus complexes et ambigus du film.

Cet article est 100% spoilers sur l’histoire et le déroulement de l’intrigue du film. Nous vous conseillons (ou pas) de le voir avant de lire.
Page 1 : Synopsis, critique et analyse du film (ci-dessous)
Page 2 : Explication de la fin, mythologie et fin du film

Synopsis

Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

Critique et Analyse du film

La bande annonce, finalement, montre assez peu du film, où en tout cas da manière plutôt subtile. Le ton et l’ambiance sont parfaitement retranscrits, mais la plupart des images montrées sont issues du début du film.

L’intrigue tourne donc autour de Conor, un adolescent assez sensible, confronté aux difficultés de son âge et à la maladie de sa mère. Une nuit, plus précisément quelques minutes après minuit, un monstre assez terrifiant débarque chez lui et lui raconte une histoire… Un point de départ assez simple. Mais si la bande annonce pouvait rappeler celle du film Le bon gros géant de Steven Spielberg, le résultat final est radicalement différent.

D’un point de vue purement formel, le film est une réussite totale. Juan Antonio Bayona, avec ses deux premiers films (L’orphelinat et The impossible) mais aussi avec les deux premiers épisodes de la série Penny Dreadful, a prouvé qu’il n’avait justement plus grand chose à prouver dans ce domaine. La créature, une sorte de groot géant, est, à défaut d’être originale (mis à part quelques effets bien pensés lorsqu’il s’emporte) extrêmement réussie. Le monstre est tour à tour effrayant, imposant, touchant…

Le film repose aussi sur un casting talentueux, et si Lewis MacDougall est aujourd’hui inconnu du grand public, il y a des chances qu’il suive la trajectoire de Tom Holland, bientôt à l’affiche de Spiderman Homecoming et justement révélé par Bayona dans The Impossible. Liam Neeson n’est pas physiquement présent, puisqu’il a fait la motion capture pour le monstre, mais sa performance reste solide et sa voix marque. Son aura a indéniablement un impact sur le charisme du monstre.

quelques-minutes-apres-minuit

Derrière une intrigue plutôt simple et parfaitement maitrisée destinée à captiver les enfants, se cachent de nombreux thèmes, certes assez durs, mais qui sauront leur parler : le fait de grandir, le deuil, la communication entre parents et enfants, la gestion de la souffrance, la capacité surmonter les épreuves… Autant d’éléments auxquels un enfant peut être confronté et pour lesquels les parents ont du mal à communiquer et fuient le dialogue, quitte à mentir. Le film fait preuve de sentimentalisme par moments, et fera peut être verser une larme aux plus sensibles, mais il évite toujours le misérabilisme. Avec de tels sujets, est-ce vraiment un film destiné aux enfants, et si oui à partir quel âge ?

Un film pour enfants ?

Oui, oui, et encore oui, mais pas que ! Après la projection à laquelle j’ai assisté, la réalisateur Juan Antonio Bayona est resté quelques minutes pour répondre à quelques questions. L’un des spectateur a alors demandé si certains sujets n’étaient pas trop durs pour un film pour enfants. Certaines personnes ont commencé à dire que ce n’était pas un film pour enfants, et heureusement, le réalisateur les a vite contredit. Oui, Quelques minutes après minuit est un film pour enfants, cela ne veut pas dire qu’il n’est destiné qu’aux enfants. Je pense que la plupart des adultes avec un minimum de sensibilité apprécieront le film, aussi bien pour ses qualités visuelles et sa mise en scène que ses thèmes.

Le film traite effectivement de sujets durs, mais ce sont des sujets importants auxquels un jeune peut être confronté et face auquel les adultes restent parfois impuissants. Un film peut aussi être un moyen de communiquer, un moyen d’apprendre des choses à ses enfants. Pendant quelques jours après la projection du film, je me suis demandé si je devais conseiller à mon frère de le montrer à mon neveu de 7 ans. Au départ, j’étais un peu réticent. Plus que pour la dureté du propos, c’était par rapport aux longueurs du film à certains moments. Et après un certain temps de reflexion, oui, j’ai recommandé à mon frère d’aller au cinéma pour voir le film avec mon neveu. Oui, il ne comprendra pas tout. Mais c’est typiquement le genre de film qui m’aurait marqué si je l’avais vu enfant, et qui peut le marquer. Il pourra le revoir et le comprendre un peu plus à chaque fois. Surtout, ce genre de film lui apportera bien plus qu’un énième film Marvel ou film d’animation ultra-formaté…

Des héritiers à Steven Spielberg il y a en a eu, pour diverses (et pas toujours très justes) raisons, mais aucun n’a jamais traité de l’enfance et du fait de grandir aussi brillamment que le fait Juan Antonio Bayona. Si le premier Jurassic World a franchement déçu, le second opus réalisé par Bayona a toutes les chances d’être très réussi et on a hâte de suivre la carrière du réalisateur, que ce soit pour des blockbusters ou des projets plus personnels !

Sur la page suivante, je vous propose de revenir sur les aspects plus mystérieux, fantastiques et même philosophiques du film.

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