Snowpiercer : Analyse et explications du film et de sa fin

Une fable puissante sur l’humanité et ses travers

Le sujet principal de Snowpiercer c’est l’humain, l’homme, ses comportements, ses désirs, ses envies, quelle que soit sa classe et sa situation. Ainsi, Bong Joon Ho cherche avant tout à traiter des réactions humaines à travers ses différents personnages, c’est pour cela qu’il prend bien le temps de tous les présenter. Sauf que presque tous, de Curtis à Gilliam en passant par Namgoong Min soo ne sont pas ce que le réalisateur veut bien nous faire croire au début.

Même Witford est plus ambigu qu’il n’y parait et ne se révèle pas forcément heureux dans sa situation de privilégié qu’il est prêt à abandonner.

L’une des tromperies les plus efficaces, et qui illustre bien ce propos, est celle liée aux enfants arrachés à leurs parents au début du film. Lorsque la femme au manteau jaune vient prendre ces enfants au début du film, il est facile de penser qu’ils vont servir de diner aux privilégiés de la tête du train. Finalement, dans un magnifique monologue et l’une des plus belles séquences du film, on découvre que ce sont Curtis et les autres habitants de la queue du train qui se sont adonné au cannibalisme. Lorsque Curtis rejoint finalement Witford et que l’on voit celui-ci se cuire un steak, l’image du cannibalisme est ainsi très « fraiche » dans les esprits des spectateurs et une sensation de mal-être s’installe. Pourtant, ce n’est pas de la viande humaine puisque l’on découvre très vite à quoi servent les enfants sélectionnés au début.

Ces différents éléments servent à nous montrer que tous ces personnages, tous les humains, ne sont pas si différents les uns des autres. Chacun a quelque chose de mauvais en lui, mais personne ne peut être totalement « méchant » ou « gentil », si ce n’est les enfants, encore protégés par leur pureté et leur innocence. En s’intéressant à chacun, on découvre ses motivations, ses faiblesses et tous ces adultes semblent finalement vouloir des choses très similaires.

Ecole dans la transperceneigeL’un des autres séquences majeures du film est celle dans le wagon école. On imagine bien ce passage charcuté dans la version américaine qui fera 20 minutes de moins que la version internationale du film. Celle-ci rappelle par bien des aspects certains films de Paul Verhoeven, notamment Robocop et surtout Starship Troopers. Sauf que dans ces films, les séquences en question étaient des vidéos de propagande. Ici, c’est l’intégralité de la scène et du wagon qui évoquent cette propagande. C’est l’institutrice, une personne vivante, réelle qui incarne cette caricature déshumanisée. Et elle « éduque » les enfants du train comme le ferait une vidéo de propagande, comme le ferait un système dictatorial.

Le personnage de Mason, pourtant née avant la création du train, est un bel exemple de ce que cette classe souhaite construire, des moutons sans aucune pensée propre. C’est un être faible qui épouse la doctrine de Witford par pur intérêt personnel, par désir de pouvoir et possibilité de faire souffrir les autres. C’est un moyen pour elle de se rassurer sur sa condition que de voir et maltraiter des « êtres inférieurs ». Sa faiblesse ressortira au grand jour quand elle n’hésitera pas à trahir Witford par pur instinct de survie et intérêt personnel.

Ce formatage de moutons est une critique de la tyrannie, mais probablement aussi du système éducatif, sinon Bong Joon Ho n’aurait pas choisi le cadre scolaire. Celui-ci dénonce un système conçu pour formater les individus selon un modèle plutôt que pour les aider à développer leur propre pensée. N’est-ce pas Keith Richards, des Rolling Stones, qui a dit que l’école était uniquement un moyen d’habituer les enfants au futur rythme de travail qui les attend ?

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6 comments

  1. boogiethelma 5 novembre, 2013 at 11:24

    merci pour cette analyse!!!j’étais curieuse de bien des éléments,ça fait plaisir d’avoir quelques réponses!!! 🙂 bon boulot

  2. nicolas 15 novembre, 2013 at 21:34

    Superbe article pour une superbe film. Quelle claque ! Un film qui se ré-invente constamment, d’une beauté esthétique époustouflante, d’une richesse narrative infinie. Ma critique http://bit.ly/1eVNhrA qui a la même analyse du film, condense parfaitement tout cela. Mon n°1 de 2013 !

  3. Christopher Guyon 5 décembre, 2013 at 11:54

    J’ai moi aussi adoré le film, mais certains avis sont plus nuancés dans la redak. Il y en a même un pour dire que c’est copié et inférieur à la trilogie Matrix. Ah ce Tom…

  4. Christopher Guyon 15 décembre, 2013 at 19:05

    Un très bon film c’est sur, mais pas le numéro un pour moi. Révélations sur le sujet dans quelques jours 🙂

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