Snowpiercer : Analyse et explications du film et de sa fin

La fin de Snowpiercer

La fin du film se déroule en trois temps : le monologue de Curtis déjà évoqué plus haut ; le face à face entre Curtis et Witford ; La survie des deux enfants et leurs premiers pas dans ce nouveau monde.

Le face à face entre le « héros » et le « méchant » dictateur est un moyen supplémentaire, après l’aveu de cannibalisme de Curtis, de rebattre les cartes une fois et d’appuyer encore une fois là ou ça fait mal. Curtis n’est pas celui que l’on croyait ? Et bien ce n’est pas le seul ! Gilliam, son ami et mentor assassiné un peu plus tôt dans le film était en fait un allié de Witford. Un Witford aux intentions moins horribles qu’il ne semblait au premier abord. S’il endosse clairement le rôle de dictateur, ses actions ont un seul but : la survie des habitants du train. La révolution n’est qu’une supercherie orchestrée avec Gilliam pour, entre autres, réguler la population et assouvir le désir de rébellion, dans un cadre voué à l’échec.

Ed Harris, dictateurSauf que cette fois-ci, la révolution a été au bout et Witford invite alors Curtis à prendre sa place. C’est d’ailleurs curieux de voir de nouveau Ed Harris dans un rôle aussi posé et philosophique. Posture déjà tenue récemment dans Pain and Gain avec son rôle de détective voltairien, et, dans une moindre mesure, dans The Truman Show.

Cette fin est finalement assez similaire à deux autres œuvres de Science-Fiction que sont Matrix et 1984. Matrix tout d’abord, car finalement, la logique était assez similaire : Neo n’est finalement qu’un objet, un « patch » de la matrice qui, utilisé à bon escient par l’Architecte, permet de créer une nouvelle version de la matrice, plus saine, et donc plus redoutable. Neo est ici clairement notre Curtis, convaincu de faire le bien, menant une révolution de bout en bout, soutenu par Gilliam qui joue ici le rôle de l’Oracle. Soutien indicible du héros de la rébellion qui n’est finalement que l’associé du « grand méchant » Witford/Architecte dans le but de renouveler et améliorer l’univers dans lequel évoluent les humains, la Matrice d’une part, le Train de l’autre.

Ce final rappelle aussi énormément celui de 1984, ou, dans un processus similaire, le héros découvrait que l’opposition à Big Brother n’était qu’une mascarade mise en place par le parti lui-même. Winston, le héros, finissait complètement déshumanisé.

C’est un peu la même chose dans Snowpiercer. Alors que Curtis peut choisir de prendre la place de Witford, et ainsi continuer avec ses faiblesses typiquement humaines, il fait le choix de perdre son humanité en mourant. Mais contrairement à 1984, en faisant cela, il permettra à deux enfants nés dans le train de survivre et de construire un nouveau monde. En cela, la fin du film, bien qu’assez sombre, se veut quand même positive et source d’espoirs.

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6 comments

  1. boogiethelma 5 novembre, 2013 at 11:24

    merci pour cette analyse!!!j’étais curieuse de bien des éléments,ça fait plaisir d’avoir quelques réponses!!! 🙂 bon boulot

  2. nicolas 15 novembre, 2013 at 21:34

    Superbe article pour une superbe film. Quelle claque ! Un film qui se ré-invente constamment, d’une beauté esthétique époustouflante, d’une richesse narrative infinie. Ma critique http://bit.ly/1eVNhrA qui a la même analyse du film, condense parfaitement tout cela. Mon n°1 de 2013 !

  3. Christopher Guyon 5 décembre, 2013 at 11:54

    J’ai moi aussi adoré le film, mais certains avis sont plus nuancés dans la redak. Il y en a même un pour dire que c’est copié et inférieur à la trilogie Matrix. Ah ce Tom…

  4. Christopher Guyon 15 décembre, 2013 at 19:05

    Un très bon film c’est sur, mais pas le numéro un pour moi. Révélations sur le sujet dans quelques jours 🙂

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