Westworld : explications et théories de la saison 1

Les références et influences de Westworld

Les citations de Shakespeare

Le robot qui "incarne" le père de Dolores a, comme cela est expliqué par l'un des programmeurs était un professeur dans un autre scénario. C'est la nouvelle mise à jour mise en place par le Docteur Ford (Anthony Hopkins) qui permet aux robots d'avoir des souvenirs, où "rêveries" comme celui-ci les a nommées.

"Hell is empty and all the devils are here" / "L'enfer est vide et les démons sont ici"

Cette réplique est issue de La tempête, et est un avertissement communiqué par la père à sa fille au sujet des visiteurs, où plus généralement des êtres humains.

"When we are born, we cry that we are come to this great stage of fools" "Lorsque nous naissons, nous pleurons d'être venus dans dans ce théâtre de fous"

westworld_labCette citation est reprise au Roi Lear. Dans l'oeuvre de Shakespeare, Lear explique que les bébés pleurent à leur naissance lorsqu'ils découvrent le monde cruel et hypocrite dans lequel ils viennent d'arriver. C'est plus où moins la même chose qui se passe pour le père de Dolores, dont la nouvelle mise à jour, ajoutée à la photo trouvée dans le pré, sonnent comme une seconde naissance, un éveil à la réalité du monde qui l'entoure. Le théâtre est Westworld et les fous sont les humains.

"By my most mechanical and dirty Hand" / "Par ma main mécanique et sale"

Cette citation extraite de la pièce Henry IV nous confirme qu'Abernathy a conscience de sa condition de robot.

"I shall have such revenges on you both that all the world shall... I will do such things. What they are yet I know not, but they shall be the terrors of the earth" / J'obtiendrais ma revanche sur vous tous qui feront du monde... Je vais faire de telles choses. Ce qu'elles sont, je ne le sais pas encore, mais elles seront les terreurs de la terre."

Voici une autre citation extraite du Roi Lear. A la fin de l'épisode, Abernathy, le père de Dolores, est mis en quarantaine. Mais son intention de se venger des humains et de ses créateurs est évidente et il y a fort à parier qu'on le revoie plus tard dans la série.

"These violent delights have violent ends" / "Ces délices violents auront une fin violente"

Cette fois-ci, c'est la célèbre pièce Roméo et Juliette qui est cité par Abernathy. Il annonce son intention de mettre fin au fonctionnement de ce monde de manière violente.

"A rose is a rose" / "Une rose est une rose"

Cette citation n'est pas directement tirée de l'oeuvre de Shakespeare mais de Gertrude Stein, qui s'est inspirée du texte de l'auteur anglais ("A rose by any other name would smell just as sweet" / "Une rose, même avec un autre nom, sentirait toujours aussi bon"). Ici, Abernathy nous exprime son point de vue sur la condition des robots. Peu importe le nom qui leur est donné, il s'agit de créatures vivantes, avec des émotions.

Les "classiques" autour des robots

westworld_doloresEn voyant Westworld, on ne peut pas ne pas penser à l'influence des robots d'Asimov (nous en avons déjà parlé), mais aussi des Répliquants de Blade Runner. Ces derniers, parfaits et semblables en tout point à un être humain, cherchent de la même manière à s'en affranchir en tuant leur créateur... est-ce-que le sort de Ford sera identique au Dr Tyrell ? Seul l'avenir nous le dira !

Les musiques en version "western"

Influence certes mineure, mais qui apporte énormément à l'univers de Westworld, c'est évidemment cette musique jouée au piano. Loin des classiques country qui égayent (ou pas) les multiples films de cowboy que l'on a vu, ici, ce sont surtout des réarrangements de classiques du rock que l'on entend. Ainsi, le premier épisode nous offre à la fermeture du Saloon un "Black Hole Sun" de Soundgarden et l'attaque du même Saloon est rythmée sur un brillant réarrangement du mythique "Paint in Black" des Stones ! Dans un autre épisode, c'est "No Surprises" de Radiohead, puis "A Forest" de The Cure. Une série qui aime la bonne musique !

D'autres films

Les points communs avec Matrix semblent nombreux et il y en aura sûrement d'autres à un moment. On pourrait presque voir "Westworld" comme un "préquel spirituel" à la trilogie Matrix, et pourtant, là, se sont les robots qui vivent dans un monde imaginaire, trompés par les humains. Pour le moment...

On pense aussi beaucoup à The Truman Show, le superbe film réalisé par Peter Weir et écrit par Andrew Niccol. Dans celui-ci, ce sont encore une fois les humains qui sont à l'origine du monde créé de toute pièce, mais cette fois la "victime" est un humain, incarné par Jim Carrey et trompé depuis sa naissance. Comme Dolores et son père, celui-ci se rend peu à peu compte que quelque chose ne tourne pas rond dans son monde.

Enfin, l'autre grosse influence que l'on peut citer pour le moment est Jurassic Park. Et pour cause, Mondwest, le film qui a inspiré la série, est écrit par Michael Crichton... comme le livre qui a inspiré le film de dinosaures de Steven Spielberg. Et encore une fois, lorsque les hommes se prennent pour dieu, leurs créatures se rebellent à un moment ou un autre.

Dans l'épisode 3, Bernard (en fait Arnold, comme nous l'ont révélé les épisodes suivants) fait lire à Dolores un extrait d'Alice au pays des Merveilles. Les deux personnages se ressemblent d'ailleurs assez fortement d'un point de vue physique. Dolores est, comme Alice, elle aussi endormie. Elle se réveille lorsqu'elle accède au centre du labyrinthe et prend conscience de son existence.

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14 comments

  1. Stephanie 6 octobre, 2016 at 17:24

    Oh làlà moi qui ai laissé tomber GOT après 2 épisodes et demi… je ne vais pas m’en sortir avec cette série mdr ! Elle a l’air super bien pourtant 🙂

  2. MM62 12 octobre, 2016 at 10:29

    J’ai le sentiment que cette série traite des dessous du mythe fondateur des américain, c’est à dire le massacre des premiers habitants de l’Ouest américain, les indiens. Le crime ontologique sur lequel s’est bâtie la société américaine et qui a été refoulé.
    Depuis 30 ans, l’homme en noir veut accéder à un niveau caché du jeu à travers un labyrinthe qui pourrait être celui de la mémoire collective américaine (représenté sous le scalp du croupier indien). Toutes les victimes (indiens, noirs, mexicains) des blancs connaissent ce niveau et prétendre ne pas le connaître, sans doute pour empêcher l’homme blanc (en noir) d’y accéder…
    Voilà mon hypothèse pour cette série, qui a l’air prometteuse…

  3. Daniel 17 octobre, 2016 at 16:56

    Aucun des auteurs de cet article ne dit clairement que c’est la simple adaptation en série du film éponyme “Westworld” de 1973 avec Yul Brynner ???

  4. PR0fET 14 décembre, 2016 at 20:57

    Une remarque à faire par rapport a une série sci-fi dans un monde de robot ultra connecté (surement du 4G :), j’aurais aimais plus d’imagination par rapport au dévoilement de la conscience chez un robot. Pourquoi chercher à détruire l’humain et non pirater les ordinateurs et serveurs réseaux par leur simple conscience. A l’aube des « objets connectés », et du « Hackerisme », je pense qu’il aurait fallu un peu plus pousser la démarche de Maeve ou Dolores en piratant le code par la pensée. Décidément ces robots sont trop humanisés, et ne découvrent pas leur potentiel réel, mais plutôt une pseudo liberté pour être pire que les humains…

  5. grace 17 décembre, 2016 at 02:32

    De vinci*
    Il a été peint au 16 ème siècle dans la chapelle sixtine.
    Merci de corriger, sinon bonne analyse en dehors de ça.

  6. Perlinpingpong 20 septembre, 2017 at 16:13

    Super analyse, je viens de comprendre que je n’avais compris que la moitié des twists 😀 (Wyatt = Dolores, notamment…cela dit pour un épisode final de cette ampleur (1h30 ! et que de rebondissements !), ça méritait mieux qu’un visionnage paupières mi-closes à 4h du mat…). Un peu complexe tout ça au final, même après un second visionnage du 1er épisode. Les temps et les différentes “versions” des personnages semblent enchevêtrés tout le long des 10 épisodes. Ça mériterait un deuxième visionnage complet de la série pour tenter de remettre les dialogues dans les bonnes timelines (notamment ceux entre Arnold/Bernard et Dolores), et les comprendre plus finement aussi évidemment (les voix qu’entend Dolores, les mystérieuses répliques de l’homme en noir pour ne citer qu’eux…)
    NB : Votre fonction toute POURRIE qui recharge la page toutes les 2mn fait perdre les commentaires en cours d’écriture… pas cool… ça passe l’envie d’écrire un commentaire, c’est quand même dommage (Ça m’a pas passé l’envie d’écrire celui-là mais tout le monde ne s’acharne pas comme moi j’imagine).
    Ceci étant dit merci au rédacteur pour cette belle analyse.

  7. Héloïse 20 mai, 2018 at 22:15

    Mille ans plus tard. Je crois avoir compris une bonne partie de la timeline, mais un truc reste impossible pour moi : comment c’est possible que Dolores se souvienne de l’homme en noir au moment de se faire violer, que ce souvenir similaire l’aide à s’enfuir, et qu’ensuite elle tombe sur William aka l’homme en noir en puissance ? là j’avoue, mon cerveau explose !

  8. GTW 14 juin, 2018 at 17:48

    Bonjour,
    il me semble que dans vos références il manque celle à Philip José Farmer:
    Les thèmes et l’ imaginaire de La Saga des Hommes Dieux me semblent être
    en résonnance avec WestWorld: Ah! . . . les portes, les labyrinthes . . .
    Je me demande si Michël Crichton n’ a pas lu cette série de PJF.

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