Critique de Jersey Boys par Clint Eastwood

Clint Eastwood est un réalisateur prolifique dont les sujets abordés sont très divers. Après les biopics  (J. Edgar, Invictus...) et les films dramatiques (Gran Torino, Million  Dollar Baby...), le Musical n'avait jamais été tenté. Alors, convainquant ?

Synopsis

Quatre garçons du New Jersey, issus d'un milieu modeste, montent le groupe The Four Seasons qui deviendra mythique dans les années 60. Leurs échecs et leurs succès sont ponctués par les tubes emblématiques de toute une génération, à l'instar de “Sherry,” “Big Girls Don’t Cry,” “Walk Like a Man,” “Dawn,” “Rag Doll,” “Bye Bye Baby,” “Who Loves You,” et bien d'autres encore.

Critique

Jersey Boys porte bien son nom. Il s'agit avant tout de l'histoire des relations entre les membres historiques de Four Seasons que sont Frankie Valli, Bob Gaudio, Tommy DeVito et Nick Massi, qui sortent ensemble de leur
milieu défavorisé du New Jersey. A quatre, ils forment le groupe Four Seasons, machine à tubes des années 60. Avant tout, c'est une histoire d'amitié que conte ce film, des relations complexes que peuvent entretenir quatre jeunes sans avenir lorsqu'ils sont jetés sur le devant de la scène. Toutefois, le script du film semble prendre quelques libertés scénaristiques avec l'histoire vraie afin de renforcer les liens entre Frankie Valli et Tommy DeVito.

JERSEY BOYS
Malgré les 2h15 de film, on ne s'ennui pas une seconde. La parcours des Four Seasons est suffisamment tumultueux pour tenir sur ce format. D'autant plus que l'on prend un réel plaisir à découvrir ou redécouvrir leurs plus grandes chansons. La mise en scène alterne donc entre concerts, représentations, enregistrements et vie quotidienne. Clint Eastwood a fait le choix d'un casting d'habitué de la chanson et cela se sent ! Le ton est juste sur scène et rien n'est surjoué. Pour accompagner cela, la réalisation est hyper maîtrisée, Clint Eastwood ne déçoit pas et continue de livrer des films impeccables.

On est transporté dans l'ambiance des années 60 puis 70 avec de très beau décors, des voitures d'époque et bien sûr la bande originale de rêve !

Mais alors pourquoi seulement 3 étoiles sur 5 ? Car Jersey Boys souffre de quelques de défauts et pas des moindres... Il y a un réel plaisir à suivre les trébulations de cette bande d'amis mais l'ensemble mais de profondeur et d'émotions. Le spectateur n'est jamais emporté, par exemple, par les scènes de ménages entre Frankie Valli et sa femme, pourtant dramatiques... La séquence la plus triste et touchante (no spoiler !) pour Frankie Valli ne transpire pas jusqu'au premier sièges du cinéma. Dommage ! Seules quelques touches d'humour savamment dosé établissent un contraste avec le traitement assez monotone de l'histoire.

JERSEY BOYS

Cela est du, en partie, a un jeu d'acteur globalement moyen. Christopher Walken joue la simplicité en parrain de la mafia pas très puissant. John Lloyd Young (Frankie Valli) est convainquant en jeune rital-américain perdu et à la fois ambitieux, mais il perd de la crédibilité en tant qu'adulte alors qu'il est le personnage principal. Pour balancer, Vincent Piazza (Tommy DeVito) est génial en anti-héros que l'on déteste adorer (ou l'inverse).

Un autre point qui n'est pas très bien traité est le maquillage : il est censé se passer plus d'une dizaine d'années dans le film mais les acteurs gardent leur bouille de gamins, ce qui est très marqué pour Frankie Valli.

Au final, Clint Eastwood livre un film certes maîtrisé mais qui ne génère pas assez d'émotions pour entrer dans la postérité.

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