Critique Killer Joe de William Friedkin

Présenté en avant première au Festival de Deauville, Killer Joe est également dans les salles depuis mercredi. Que vaut le nouveau film de William Friedkin ?

Synopsis
Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars. Mais qui va se charger du sale boulot ?

Grand réalisateur du Nouvel Hollywood des années 70, William Friedkin connait, comme Francis Ford Coppola, une deuxième partie de carrière plus modeste. Six ans après l’excellent Bug, le voici de retour avec Killer Joe, un thriller indépendant porté par un sacré casting. Emile Hirch, Gina Gershon et la sous-estimé Thomas Hayden Church jouent très bien les ratés/bouseux du fin fond du Texas. Juno Temple est troublante en petite sœur/ jeune vierge un peu perdue. Matthew McConaughey, quand à lui, bénéficie certainement de son meilleur rôle depuis le début de sa carrière. Alors que les autres personnages sont plutôt ancrés dans la réalité, le quotidien, son personnage a un coté irréel. Tel un Ange Gardien, ou un démon, il sort de nulle part et va bouleverser la vie de ce petit monde pathétique. Les pires défauts de cette famille vont ressortir jusqu’à un final à la limite du grand-guignolesque mais pas raté pour autant.

Juno-Temple-as-Dottie-in-Killer-Joe
Malgré cette interprétation de qualité et une mise en scène plutôt brillante, on ne peut être pleinement satisfait du résultat. Si on enlève la violence graphique et quelques beaux mouvements de caméra, il ne reste qu’un scénario et des rebondissements pas si extraordinaires. Et le personnage de Killer Joe ne parvient pas suffisamment à dynamiter cette histoire.

Au final, Killer Joe n’est pas un mauvais film mais le résultat est assez banal et décevra ceux qui avaient aimé Bug, le dernier très bon film de William Friedkin.

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