I am mother : explications de la fin du film Netflix

I am Mother est un film de science fiction sorti sur Netflix le 07 juin 2019. Le scénario a été pendant des années sur la fameuse "Black List" d'Hollywood, celle regroupant les meilleurs scénarios pas encore produits. Réalisé par Grant Sputore, le film bénéficie d'un casting talentueux avec la jeune Clara Rugaard-Larsen, Hilary Swank et même Rose Byrne pour la voix du robot "Mother" / Mère.

Synopsis
Afin d'éviter l'extinction des êtres humains, un robot "La Mère" a été désigné afin de les éduquer. Une femme va mettre en péril ce nouvel équilibre.

Ce dossier est bien sûr garanti 100% Spoilers sur le film, les différents rebondissements et la fin.

Première partie (ci-dessous) : Analyse du film
Deuxième partie : La philosophie du film
Troisième partie : Explications de la fin

Que se passe-t-il lorsqu'une 'intelligence artificielle se rebelle et détruit l'humanité, uniquement pour repeupler la planète à son image ?

Le concept de "La singularité" - une réalité dans laquelle l'intelligence artificielle dépasse de loin l'intellect et le pouvoir de l'humanité - n'est pas nouveau. Nous avons vu des tonnes d'oeuvres sur cette idée, allant de classiques comme 2001: l'odyssée de l'espace et Blade Runner, Terminator, ou plus récemment des séries comme Black Mirror et Westworld.

Mais le traitement est assez différent dans I Am Mother, plus humain, et c'est peut être aussi parce qu'il ne met que des personnages féminins en avant. L'intrigue suit une jeune fille et un robot isolé dans un bunker souterrain. D'après le robot "Mère" le monde en surface est toxique et il est impossible d'y survivre.

Au fur et à mesure que la fille grandit, Mère lui donne des leçons sur la nature humaine et la philosophie, en posant de nobles valeurs d'honneur et de sacrifice dans l'esprit de la jeune femme. Mais alors que la fille / "Daughter" commence à exprimer sa curiosité pour le monde en dehors de cet abri antiatomique glorifié, posant de plus grandes questions sur son identité et sur son identité, une étrange femme blessée par balle apparaît à la porte du bunker. De quoi remettre en cause tout l'enseignement de Mère et les acquis de la jeune fille.

Le film bénéficie de beaux moyens, mais ce n'est pas un blockbuster, et clairement, les émotions et les interactions entre les personnages est privilégiée à l'action pure. Les plans extérieurs bénéficient d'une esthétique loin d'être désagréable, mais c'est un plus, pas le coeur du film. La majorité de I Am Mother se déroule dans un seul décor. Le casting restraint (seulement trois actrices), ainsi que la nature peu encombrante et généralement claustrophobe du décor du film, donnent au film une ambiance parfois anxiogène, mais aussi douce et calme lorsqu'il le faut.

L'histoire est engageante, avec une tension constante, qui se construit progressivement tout au long des deux heures tout en maintenant une cohésion à peu près cohérente dans le récit, même si quelques situations, sans être complètement incohérentes, manquent de crédibilité et de finesse.

Il s'agit d'un récit futuriste assez classique de destruction du monde et de recolonisation ultérieure par une espèce de robot, mais les questions explorées dans I Am Mother vont au-delà de cette réalité et la fin soulève pas mal de questions, laisse beaucoup d'ouverture et de théories possibles, comme nous le verrons plus loin.

La jeune fille finit par apprendre que sa mère lui cache des choses. Le robot l'a peut-être mise au monde, l’a élevée, l'a protégée mais il est révélé dans le film que Mère est une conscience plus large que le simple robot. C'est une intelligence artificielle qui contrôle tous les robots.

Se rebellant contre son propre parent robotique, la jeune fille suit finalement la femme blessée et sort du bunker vivante. Mais l'environnement apocalyptique qui les attend dehors ne lui offre aucun répit. Et quand elle apprend que cet étrangère lui a également menti à propos de l'état de l'humanité, qu'elles sont tous seules dans ce monde post-apocalyptique, il ne faut lui pas longtemps pour rebrousser chemin et retrouver son petit frère.

En fin de compte, la jeune fille choisit le bunker rassurant, son foyer, plutôt que le monde extérieur. La mère lui permet de détruire son corps de robot, donnant à la jeune fille une émancipation qui lui permettra d'avancer. La jeune fille devient la mère et il lui incombe de surveiller les milliers d'embryons qui attendent leur tour pour naître. Elle devra faire ses propres choix pour l'humanité, basée sur son éducation, mais aussi son instinct et son libre arbitre. A moins que Mère, qui est toujours à l'extérieur, ne se décide à intervenir de nouveau...

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16 comments

  1. Yves 12 juin, 2019 at 00:16

    Felicitation pour l’analyse. Avec votre article on dépasse le stade de la consommation pour faire un pas vers la digestion. Merci

  2. Prun 13 juin, 2019 at 00:52

    Sympa le spoil sur GOT sans prévenir !!!!! Je viens lire une critique d’un film que je viens de voir et je fais spoiler une série qui a rien a voir !!!

  3. Nanny 13 juin, 2019 at 21:54

    J’ai adorée cette article ! Merci beaucoup ( même si la petite pique sur Daenerys ne m’a pas plus Ahaha j’adore ce perso )

  4. blast 13 juin, 2019 at 22:57

    Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi la fille tue le robot ? Elle sait bien que ça ne sert à rien, puisque le robot (“Mère”) lui dit juste avant que son programme se situe dans toutes les machines.

    Donc la fille devrait savoir qu’elle ne tue pas le robot. De plus, j’imagine mal le robot (ou l’IA, puisqu’en fait elle est dans n’importe quel robot) laisser la fille éduquer les enfants comme elle l’entend. Puisque l’IA a sacrifié toute l’humanité pour élever un race humaine supérieure, j’ai du mal à comprendre que cette même IA laisse la fille s’occuper désormais de l’humanité…

    Et j’ai du mal à croire que la fille soit assez bête pour croire que sa mère la laisse élever l’humanité…

    Bref, la fin a un gros problème je trouve.

  5. blast 13 juin, 2019 at 23:06

    Je n’avais pas lu la page sur la philosophie, maintenant que c’est fait, j’y réponds.

    Alors oui, il y a Kant, déontologue, et Bentham, utilitariste. Mais la réponse de la fille est une 3ème voie, qui est certes conséquentialiste, comme Bentham, mais en quelque sorte conséquentialiste contre Bentham : la fille pense à un degré de conséquence de plus.

    Elle dit : si je sauve les cinq personnes et qu’elles sont fainéantes, méchantes, meurtrières ? Cela veut dire qu’elle ne considère pas seulement la conséquence de son action (sauver la vie de 5 personnes), mais la conséquence de la conséquence… Et c’est le principal argument que l’on peut opposer aux conséquentialistes : si je sauve un enfant de la noyade, c’est bien, mais si cet enfant devient meurtrier, c’est mal, mais si ce meurtrier tue Hitler, c’est bien, etc. En fait, ça ne s’arrête jamais : on ne peut jamais mesurer les conséquences de nos actions.

  6. yop81 14 juin, 2019 at 10:56

    vous avez raté un élément essentiel du film, l’action se déroule 13 867 j après l extinction soit environ 38 ans. il est donc clair que fille n’est que l xeme tentative de mere de recreer l’humanité qui ont toutes échoués (d’ou l’importance des examens pendant tout le film). La fin du film nous fait comprendre que l’étrangère est également une des filles de “mere” voire même sa première tentative, et que visiblement elle était le dernier test de “fille” avant son émancipation. <l'éclairage de ce fait nous fait comprendre pourquoi par exemple elle dit " ils brulent les bébés" et le dessin du jeune garçon n'est autre que son frere qu'elle tient dans ses bras.

  7. Mowgli 14 juin, 2019 at 17:58

    Je viens de finir le film et je confirme que ça n’a rien d’action dans le genre mais en revanche c’est remplis de moralités et j’ai adoré !

    J’avoue qu’à la fin en réalité on s’aperçoit vite que la jeune fille restée dans le bunker avec son frère n’ai pas réellement émancipée puisque la ” mère ” est toujours dehors et elle tue même la femme qui était venue chercher refuge dans le bunker.

    Cette femme et sans aucuns doutes l’un des embryons du bunker puisqu’elle ne se souvient pas de sa mère et le robot lui fait comprendre que si elle a survécu tout ce temps c’est que c’était grâce à lui..

    Du coup je penses que tout les futurs embryons que la jeune femme élèvera seront tuez par la ” mère ” une fois qu’ils seront sortis dehors puisque ceux-ci n’auront pas eu l’éducation du robot mais de la petite fille et par conséquent ça ne sera pas l’idéal pour le robot ..

    Si le robot tue la femme sur la plage c’est qu’il a encore des ” pensés ” sur sa perfection de l’humain. Du coup la petite dans le bunker je penses que c’est vraiment une exception ^^

  8. Jenni 18 juin, 2019 at 01:06

    Ce film est super Et bien joué par ces deux actrices ( l’humain d’avant égoïste ,violent ,..et le nouveau pacifique ,intelligent.. ) il nous fait réfléchir aux conséquences de nos actes sur notre planète On croit au debut Que cette mère robot eSt méchante mais c’est nous les humains qui avons détruit la planète (pluS de plantes ,famine,…) Elle a suremment été missionnée par des scientifiques avant que tout lmonde meurt pour sauver la terre et la race humaine

  9. Jihell 21 juin, 2019 at 22:07

    Manque un gros détail, le film commence à extinction +1j avec l’incubation du bébé apx01 sous un bombardement, l’histoire elle commence à extinction + 13867 j soit… 38ans

    En partant du postulat que l’apocalypse a eu lieu dans un futur proche, Hilary Swank qui a vu l’émission avec Whoopi Goldberg de 1987 « il y a bien longtemps » soit une émission de plus de 30 ans à l’heure actuelle et de plus 70 ans avec ce postulat dans le film, qui a une sa survie miraculeuse et fait bien les 38 ans(44 en vrai)… on peut déduire qu’elle est apx01.

    En tout cas quand j’ai vu j+13867, et la sachant au casting, me suis de suite dit qu’Hilary Swank était bébé éprouvette numéro un

  10. Guillaume 25 juin, 2019 at 00:11

    J’ai voulu laisser un commentaire… Mais ta saleté de site s’amuse à rafraichir pour réafficher je ne sais pas quoi… et j’ai tout perdu…

  11. Guillaume 25 juin, 2019 at 00:14

    La fille est APX03. On voit quand elle fouille les archives que APX02 a été un échec, elle en retrouve la mâchoire de son cadavre. (on ne voit qu’un seul cadavre, pas deux.)
    Il reste donc APX01, dont on a aucune information. Mais à la fin, quand le robot annonce à la femme “tu ne te souviens pas de ta mère ?” affirme donc bien qu’elle était elle aussi un embryon (donc APX01)
    D’ailleurs, au tout début, on la voit mettre au monde APX01, lors de l’intro. Puis quand le film commence réellement, et qu’on voit la jeune fille telle qu’on la verra pendant tout le film, il s’est écroulé 13867 jours. Volontairement, on ne va pas compter en année quand on est en plein visionnage. Pourtant, ça fait bien 37 ans. Le film prend donc place 37 ans après avoir créé le premier embryon APX01
    Tout cela n’était donc qu’un stratagème pour amener APX03 à développer son envie de faire vivre l’espèce humaine coûte que coûte.
    Elle lance le processus final (quand elle fait naître son petit frère) justement juste après avoir “réussi” son test, où elle (je cite) s’est surpassée.
    C’est bien Mother du coup qui a tiré sur la femme au début, et l’a ainsi fait arriver jusqu’au centre.

  12. sultan 29 juin, 2019 at 16:25

    Merci pour cette analyse !

    J’ai regardais ce film, c’est très émouvant durant tout l’histoire et la fin intrigante. Je le conseil pour les gens qui ne l’on pas encore vu.

  13. Sultan 29 juin, 2019 at 16:28

    Merci pour cette analyse !

    J’ai regardé ce film, c’est très émouvant durant tout l’histoire et la fin intrigante. Je le conseil pour les gens qui ne l’on pas encore vu.

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