Ready Player One : Explication de la fin et Easter Eggs

Une oeuvre dans l'air du temps8.5
Classicisme narratif6.5
Beauté visuelle et avant-gardisme 9
Un teen movie réussi8
8

Un foisonnement de références : « Mass culture », un film générationnel

Jamais n’aura-t-on vu, si ce n’est dans American Psycho de Bret Easton Ellis, un tel foisonnement de références (nous tentons d'ailleurs de toutes les répertorier plus loin). Cette œuvre hyper-référencée plaira donc à certains, et déplaira à d’autres. Mais là où Steven Spielberg tire son épingle du jeu, c’est qu’il fait de ces hyper-références une sorte d’OASIS pour les spectateurs, le film dialoguant sans cesse avec nous, faisant du visionnage une expérience interactive. Il est indéniable qu’il y a une grande part de fan service, ainsi qu’une grande part de dérision, le cinéaste riant de lui-même en allant jusqu’à insérer un T-Rex dans une séquence du film. Il fait alors référence à son propre cinéma et à Jurassic Park : il s’agit, bien sûr, d’un hommage au septième art, et à tous les arts qui provoquent l’émerveillement, en même temps qu’une parodie de l’art en lui-même. Fascinant, n’est-ce-pas ? Le film réussit bien mieux que ne l’avait tenté La Forme de l’eau avant lui, de retranscrire l’amour des cinéphiles pour le septième art.

Mais soyons honnêtes, les références sont tellement diverses et variées qu’on ne peut certifier qu’il s’agit d’une œuvre destinée aux « geeks » : contrairement à l’opinion populaire, il ne s’agit pas vraiment de culture geek, mais de pop voir de mass culture, faisant du film un cocktail explosif ultra fun et feel good où s’entremêlent références dans tous les domaines, qu’il s’agisse de Batman, des petites filles de Shining, de Perceval (le pseudo de Wade Watts est Perzival, une référence directe au chevalier de la table ronde), J.R.R Tolkien, Minecraft et bien d’autres encore. Les easter eggs sont si nombreux qu’ils apparaissent à chaque séquence, mais puisque Steven Spielberg en joue, cela n’est pas vraiment dérangeant.

Les antagonistes et IOI : des ficelles scénaristiques évidentes

Ready Player One serait presque parfait s’il ne comportait pas cette légère touche de manichéisme et de candeur qu’on a déjà vu récemment dans La Forme de l’eau (dont vous pouvez retrouver l’analyse complète ici). En effet, nous pourrions aisément comparer les antagonistes de ces films là, tant les ficelles scénaristiques sont épaisses : Richard Strickland, joué par Michael Shannon dans La Forme de l’eau, et Nolan Sorrento, incarné par Ben Mendelsohn dans Ready Player One. Ici, Nolan Sorrento manque cruellement de nuance et se contente d’être le « grand méchant. » Il faut dire que le personnage n’est pas aidé par la performance caricaturale de Ben Mendelsohn, bien en deçà de toutes les autres. Dès lors, se forme une trame narrative, qui, si elle est classique comme nous l’avons dit plus tôt, apparaît aussi un brin manichéenne, le bien se confrontant une fois de plus au mal, mal incarné par Sorrento et sa société IOI.

Un visuel splendide

Steven Spielberg mérite bel et bien le qualificatif de cinéaste « visionnaire ». A 71 ans, le vieil homme crée un bijou générationnel, truffé de références qui parleront aux jeunes d’aujourd’hui. A n’en pas douter, le film possède un visuel absolument magnifique, que l’on contemple pendant 2h20 avec des yeux d’enfant. Là où les séquences d’action chez Marvel – et donc, Disney – sont souvent illisibles, Steven Spielberg montre l’exemple avec un montage aux petits oignons, aéré, et un sens du rythme intelligible, sublimé par des cadres composés, certains comme une plateforme de jeux-vidéo aux points de rupture et lignes de fuite travaillés. Le graphisme de l’OASIS semble presque bessonien (on pense notamment à Arthur et Les Minimoys), alors que la version réelle rappelle les teintes bleutées et tranchantes de Minority Report. Mais cela n’est pas étonnant, puisque le chef-opérateur de Ready Player One est bel et bien Janusz Kaminski, qui a auparavant travaillé sur Minority Report ou encore La Liste de Schindler. Quant à la grande bataille de fin, elle offre au film un souffle épique inattendu qui ne manquera pas de charmer le spectateur.

Halliday & Morrow / Jobs & Wozniak ?

Difficile de ne pas penser à la relation tumultueuse de Steve Jobs et Steve Wozniak, romancée dans le biopic de Danny Boyle (Steve Jobs, dont vous pouvez retrouver la critique ici). En effet, après plusieurs années de bons et loyaux services, Steve Wozniak claque la porte d’Apple à deux reprises, en 1981 et 1985 (à cause, notamment, d’une dispute autour de l’Apple II). Cette rivalité légendaire entre deux concepteurs de génie est montrée très clairement dans les rapports entre James Donovan Halliday et Ogden Morrow, les créateurs de l’OASIS (Morrow étant considéré comme le co-créateur). Dans Ready Player One, Morrow finit, lui aussi, par tourner le dos à Halliday et à son job au Gregarious Simulation Systems, ayant peur du phénomène crée par le jeu, et que les gens ne s’en servent comme échappatoire à la réalité.

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17 comments

  1. SW21 28 mars, 2018 at 18:13

    Pour compléter :

    – Clark Kent de “Superman” (déguisement de Parzival pour passer incognito)
    – “Dark Crystal” (film préféré de Halliday ou quelque chose comme ça)
    – “Breakfast Club” de John Hughes (plusieurs films du réal sont cités au cours d’un échange entre Parzival et Nolan Sorrento)
    – “SOS fantômes”
    – “Christine” (la voiture est sur la ligne de départ de la course)
    – “Terminator 2”
    – “L’agence tous risques” (véhicule)
    – “Mobile Suit Gundam” (véhicule)
    – “Robocop”
    – “2001 l’odyssée de l’espace”
    – “Le 7e voyage de Sinbad” (le cyclope fait partie des avatars prenant d’assaut le château d’Anorak)
    – “Aliens le retour” (l’arme de Art3mis dans la discothèque)

  2. SW21 28 mars, 2018 at 18:15

    Pour compléter :

    – Clark Kent de « Superman » (déguisement de Parzival pour passer incognito)
    – « Dark Crystal » (film préféré de Halliday ou quelque chose comme ça)
    – « Breakfast Club » de John Hughes (plusieurs films du réal sont cités au cours d’un échange entre Parzival et Nolan Sorrento)
    – « SOS fantômes »
    – « Christine » (la voiture est sur la ligne de départ de la course)
    – « Terminator 2 »
    – « L’agence tous risques » (véhicule)
    – « Mobile Suit Gundam » (véhicule)
    – « Robocop »
    – « 2001 l’odyssée de l’espace »
    – « Le 7e voyage de Sinbad » (le cyclope fait partie des avatars prenant d’assaut le château d’Anorak)
    – « Aliens le retour » (l’arme de Art3mis dans la discothèque)

  3. kuyrem1 29 mars, 2018 at 17:02

    Je ne suis pas sûr mais je crois qu’il y a :
    – Tron : la moto d’art3mis au début
    -Watch dogs : les drones avec la reconnaissance faciale
    – Hello kitty au tout début du film
    -Rocket league dans la course
    -Mario bros ( les bloc avec des pic ) dans la course
    – Life is strange : même pouvoir qu’en pour le rubik’s cube
    – Final fantasy : Avatar de Parzival
    – Transfomer : la transformation en robot du samouraï pour le combat de la fin

  4. Marshall-Daniels 5 avril, 2018 at 09:20

    Référence à Mulan vers la fin du film avec l’armée de joueurs qui débarque d’en haut d’une “colline”, après le discours de motivation de Wade.

  5. 5151c#1¥0 5 avril, 2018 at 23:21

    Sur la présentation de la planète Doom il manque Raynor de Blizzard dans son skin style drapeau américain, c’est l’oncle de wade qui le joue d’ailleurs avant de se faire os

  6. dopavink 11 mai, 2018 at 11:19

    Y’a aussi le skin de Nolan Sorento qui a la mèche caractéristique de Superman
    Et y’a aussi l’exosquelette jaune d’Alien dans la bataille finale, tout à gauche de l’écran

  7. L3cju 11 mai, 2018 at 20:25

    Il y a une référence à Dune de David Lynch, il y a une affiche indiana Jones. Et je pense que c’est aussi un hommage aux Goonies

  8. originor91 12 mai, 2018 at 20:45

    L’oeuvre alchimique est écrit dans ce film. Merveille du monde . Comme d’hab Spielberg remplit son role de transmetteur. 3 étapes pour finir le jeux, réunir le passé et le futur pour un monde meilleur. On pourrait écrire un livre entier sur l’ésotérisme de ce film, je pensais que j’aurais vu beaucoup plus de frangins intéressé par le domaine. Si des fois certains ont travaillé dessus, hésitez pas à m’envoyez un message.
    Force et honneur. Frères et soeurs à n’importe quelle heure.
    101

    [email protected]

  9. Serph 6 août, 2018 at 14:16

    @kuyrem1: Le “Rubik’s Cube” n’a aucun rapport avec Life Is Strange, cet artefact remonte le temps pour tous les adversaires du “groupe” alors que dans Life Is Strange, non seulement il n’y a pas d’artefact, mais le pouvoir de l’héroïne fait tout remonter dans le temps, elle y compris (même si elle garde le souvenir).
    Pour Final Fantasy, je ne suis pas sûr non plus, ça peut faire penser à pas mal de [MMO]RPG Japonais qui ont ce type de char design.

  10. Hawk158 10 août, 2018 at 15:58

    Salut ! J’ai constaté qu’il manque le vaisseau “Serenity” de la série Firefly. Il se trouve à 1h40 environ et c’est précisément le vaisseau qu’utilise Daito pour entrer en scène lors de la bataille sur la planète Doom.

  11. Jérémy Laurain 10 août, 2018 at 23:12

    Salut. Il y a aussi la boîte de transport de Gizmo, le célèbre mogwaï du film Gremlins, qui renferme l orbe d osuvox… Sans doute une métaphore de la boîte de Pandore qui, une fois ouverte, libère un pouvoir maléfique et destructeur.

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