ANNIHILATION : explication du film, du Miroitement et de la fin

Annihilation, sorti en salles notamment aux Etats-Unis, au Canada et en Chine, est diffusé sur Netflix dans le reste du monde. Pourquoi ce choix assez étrange ? Car le film a divisé les producteurs. David Ellison jugeant le film "trop intellectuel" et "trop compliqué". Le public va-t-il partager cette analyse ? Dans tous les cas, il est vrai que le film avec Nathalie Portman en tête d'affiche n'est pas si simple que cela. Des notions complexes sont présentées, l'intrigue est très spéciale et certains passages relèvent du cinéma contemplatif. La fin du film est d'ailleurs sujette à diverses interprétations et de nombreuses théories vont certainement émerger !

En synthèse : Annihilation n'est pas un film "simple", mais il est loin d'être aussi compliqué qu'il n'y paraît !!! Dans cette analyse du film, nous allons décrypter le scénario du réalisateur et scénariste Alex Garland. A noter cependant qu'il s'agit d'une adaptation de l'oeuvre Annihilation écrite par Jeff VanderMeer et publiée en 2014, qui a remporté le fameux prix Nebula du meilleur roman la même année ! Alex Garland est lui très connu pour son premier et excellent film sur l'Intelligence Artificielle Ex_Machina, dont vous pouvez lire l'analyse ici. Avant de passer à la réalisation, il a un beau parcours de scénariste avec notamment le film 28 jours plus tard, pépite du film de Zombie.

Le synopsis de Annihilation

Une biologiste participe à une expédition gouvernementale sur le site d’une catastrophe écologique pour retrouver la trace de son mari disparu.

Alex Garland parvient-il à créer quelque chose de nouveau avec Annihilation ? Pas sûr. Mais malgré ses défauts, le film regorge de bonnes idées, parfois complexes et nécessitant une bonne recherche internet pour mieux comprendre cette oeuvre assez particulière. Voici les différents thèmes que nous allons aborder :

Bien sûr, il paraît évident que nous n'avons pas toutes les réponses et que de nombreuses théories vont émerger dans les jours et semaines après la sortie du film sur Netflix. N'hésitez pas à partager vos analyses en commentaires.

Cette analyse est 100% spoiler et dévoile donc des éléments de l'intrigue. Ne lisez pas plus loin si vous ne voulez pas en savoir plus !

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36 comments

  1. Tracevol 12 mars, 2018 at 22:05

    Sans plus, par contre j3 crois que vous avez loupé un détail ou alors j’ai lu trop vite.

    La bague de Natalie qui passe de sa main à celle de la femme qui a le cancer et qui pete un plomb

    Et inversement, on voit a la fin que Nathalie Portman a le même’ tatouage que la femme qui a un cancer et qui pete un plomb : le signe de l’infini, sur le bras gauche. le réalisateur s’attardant lourdement dessus :  « hé regardez j’ai caché un détail » plus subtil tu meurs.
    Alo S qu’au début du film Natalie n’a pas ce tatouage
    Signe qu’elle a « muté avec d’autre organismes » en l’occurence un humain ?

  2. Antoine Godbillon 12 mars, 2018 at 22:17

    Bien vu TRACEVOL ! Ces petits détails sont passé à la trappe… Sauf que pour le tatouage de l’infini de Lena, il me semble qu’elle l’a déjà lors d’un flashback avec Kane, donc avant de rentrer dans le Miroitement ???? Merde… J’ai un doute maintenant.

  3. Gaël 12 mars, 2018 at 22:38

    Déjà merci pour cet article.

    Et effet pour le tatouage, on peux aussi voir que Thorensen, l à sur son bras gauche aussi au début du film.

  4. Le cinéma de Clement et Romain 12 mars, 2018 at 22:47

    Super analyse
    Je reviens sur les détails du tatouage, Léna l’a, l’alcoolique l’a et le cadavre au fond de la piscine l’a aussi … en revanche je ne vois pas l’intérêt d’un pareil détail. Les ADNs de toute l’équipe ont été mélangés ?

  5. Legland 12 mars, 2018 at 23:10

    Une bonne daube on s’est fait chier, encore un essai d’intellectuel qui se pomponne le dard et qui ne connaît rien à la vie de merde que l’on vit.

  6. Laurent 13 mars, 2018 at 00:52

    Top cette analyse…
    Et comment expliquer les ossements humains disposés autour du phare ?

  7. CarineDZ 13 mars, 2018 at 01:20

    Une « équipe 100% féminine » ( pour reprendre vos termes) et vous utilisez « ils » dans tout l’article. C’est donc soit un problème de grammaire ou soit un copié-collé Google trad d’un texte anglais qui vous trahit ?…

  8. Azdazd zd azd 13 mars, 2018 at 04:41

    Impossible de ne pas penser à notre société/ civilisation qui nous impose de lire le monde à travers un prisme pour valider nos croyances et donner un sens à nos faits et gestes…

  9. Ghastly 13 mars, 2018 at 21:05

    Iä! Iä! Cthulhu fhtagn! Ph’nglui mglw’nfah Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn!

  10. Joe Joe 14 mars, 2018 at 01:22

    Peut pas dire grand chose sur le film car ce site me prend certainement pour « Flash » avec mon clavier … Sinon le film est moyen . Franchement Matrix qui était compliquer pour d’autre est moins compliquer malgré tout lol …

  11. Lea remy 14 mars, 2018 at 16:16

    Bonjours et merci beaucoup pour votre article très instructif est détaillé, cependant j’ai relevé quelques erreurs qui n’ont apparemment pas étaient rectifiées :Page 5 Kane est décrit Côme étant une femme, c’est pas logique puisque c’est le maris de lena, ensuite le groupe 100% féminin comme vous dites et a de nombreuses reprise présenté par « ils » ce qui n’est encore une fois pas logique, et encore page 5 vous avez oublié la description de Sheppard, alors qu’elle fait quand même partie du groupe, elle est importante bien que son rôle SOS secondaire
    Voilà voilà je souhaitais vous prévenir pour que le nécessaire soit fait , ça pourrait porter a confusion les prochains lecteurs sinon.
    Bonne fin de journée ☺

  12. Holden 14 mars, 2018 at 22:54

    Pour revenir sur le tatouage. Elle ne l’a pas dans les flash back de sa vie d’avant, elle ne l’a pas au début du trip, elle signale juste qu’un bleu est apparu sur son bras après le crocodile. Et le soldat qui se fait éventrer avec ses intestins serpigineux l’a également, au même endroit, sur la video ou quand il est à moitie plante contre le mur. Un truc à creuser probablement.

  13. lop 14 mars, 2018 at 23:22

    la fin n’est vraiment pas crédible : les deux personnages sont en quarantaine et on a vu avant qu’il suffisait de prendre un goutte de sang et de la regarder au microscope pour s’appercevoir que l’adn est extra-terrestre. Dès lors je ne vois pas comment le couple peut être une menace et donc je ne vois pas l’intérêt de ce twist idiot….

  14. Marc 14 mars, 2018 at 23:36

    L’annihilation désigne un concept précis en physique, qui semble être lié métaphoriquement parlant au destin de ces personnages et de leurs doubles.

  15. Cocorico 15 mars, 2018 at 01:25

    En physique, l’annihilation ou anéantissement correspond à la collision entre une particule sous-atomique et son antiparticule respective. Puisque l’énergie et la quantité de mouvement doivent être conservées, les particules ne se muent pas en rien, mais plutôt en nouvelles particules.

  16. Cocorico 15 mars, 2018 at 01:29

    La solution de l’énigme est liée à la transformation de l’énergie mais aussi à sa conservation.

  17. Antoine Godbillon 15 mars, 2018 at 08:52

    Aucune fucking idée pour les ossements humains… La seule théorie pourrait être que les extra terrestres aient tués les précédentes expéditions et les aient déployés en ossements comme tel… ???

  18. fasto 15 mars, 2018 at 17:51

    Où pourrais-je trouver une grenade au phosphore, svp. C’est pour le chien de mes voisins.

  19. Matthieu Laborde 15 mars, 2018 at 21:09

    Il y a une dernière chose que j’ai pas encore compris.

    Au début du film, Lena est chez elle et repeint la chambre. Kane refait surface à ce moment-là. Plan sur l’escalier.

    Au cours de l’expédition, Lena et les survivantes s’arrêtent dans une maison pour y passer le nuit…

    C’est la MEME maison. Le MEME plan sur l’escalier, les fenêtres dans le fond, les cadres sur la droite… Evidemment, la seconde fois, l’escalier est délabré, les fenêtres sont sales et il n’y a plus qu’un seul cadre, dont Lena se saisit d’ailleurs.

    Pourtant, elle n’a aucune réaction. Ou alors elle s’en rend compte et croit devenir folle. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il s’agit de la même maison. Je crois qu’un autre visionnage s’impose.

  20. Matthieu Laborde 15 mars, 2018 at 21:26

    (correction : elle ne se saisit pas du cadre, elle ne fait que s’attarder dessus)

    J’ai regardé à nouveau la scène… Il s’agit du même lieu. Au début du film, on voit un plan extérieur avec la maison intacte. C’est la même lors de l’expédition, avec la végétation en plus. Un bâtiment sur la gauche n’est plus là, mais la balançoire et les structures de droite y sont toujours.

    Est-ce que le début du film est un rêve ? Est-ce que c’est une réutilisation maladroite de décor ? Un plan d’escalier, je veux bien… mais toute la maison et ses alentours…

  21. Nico 15 mars, 2018 at 21:57

    Annihilation, Autorité et Acceptation, 3 mots qui sont les titres de la
    trilogie, si personne ici ne voit la dimension purement psychologique…

    Ce film est aussi une « métaphore » d’une plongée intérieur vers son reflet,
    sa part d’ombre, qui nous permet d’annihiler l’image de nous même pour
    faire naitre un nouveau maitre, notre réalité intérieur, mais
    en vient toujours un conflit entre notre être et notre ego jusqu’à
    l’acceptation que les deux font partie de nous même…

    Je pense qu’au delà de la vision purement biologique de l’évolution,
    entrainant la naissance d’un nouvel être et ce que deviennent Lena et Kane
    à la fin, ce nouvel être nait en nous, en affrontant nos peurs et donc les
    souffrances qui y sont liées, et le visionnage de ce film montre à quel
    point les protagonistes souffrent d’eux même et affrontent le même « rêve »,
    dans lequel chacun retrouve ses propres peurs!

    Les filles n’ont pas la même vision de ce monde au final et la même
    perception, ne recherchent pas la même choses ou les mêmes réponses,
    la dernière séparation entre les filles est parlante, chacune choisi
    son chemin en fonction de sa souffrance:

    -l’une veut aller au bout avec son cancer, en général la maladie est le
    meilleur moyen vers la compréhension, et elle obtient la réponse au final…
    -l’une abandonne totalement et fige son être au point d’en devenir une
    représentation littérale en se transformant en végétal!
    -Et Lena cherche sa rédemption dans une douleur similaire à celle d’un être
    aimé… au final c’est le même parcours que son mari… en parlant de lui,
    son suicide après la découverte de son clone n’est que l’image de l’ego
    qui s’effondre devant la réalité de l’être…

    Au passage, la plongée vers la quête de nous même est extrêmement eprouvante,
    et souvent on abandonne devant la difficulté, dans ce film peu au final
    reviennent et il y avait beaucoup d’arbres de forme humaine…

    Je n’irai pas plus loin, beaucoup de subtilités et de réflexions…

  22. Nico 15 mars, 2018 at 22:05

    Ma lecture de ce passage

    They are one person / Ils sont une personne => (on n’a que la perception de l’ego)
    They are two alone / Ils sont deux seuls => (l’être s’éveille et fait face à l’ego)
    They are three together / Ils sont trois ensemble => (l’acceptation que les deux vivent ensembles et indistinctement)
    They are four for each other / Ils sont quatre l’un pour l’autre => (c’est une image mathématique du 2 au carré, à 2 ils en valent 4, c’est la force que l’on acquiert pour nous même quand on a compris notre fonctionnement ^^)

  23. shisun 17 mars, 2018 at 18:51

    @Legland Une bonne daube on s’est fait chier, encore un essai d’intellectuel qui se pomponne le dard et qui ne connaît rien à la vie de merde que l’on vit.

    Putain C’est exactemetnt ça!! Ils ont pas les couilles d’être dans la vie réelle, ils sont bon qu’à imaginer des choses sans aucune concrétisation par la suite!

  24. Cyril 17 mars, 2018 at 20:10

    @NICO superbe analyse , merci. tu as mis des mots et des explications sur ce que je ressentais mais ne savais retranscrire 😉 j’en suis encore entre 2 seuls et 3 ensemble mais n’abandonne pas !

  25. Sedition 22 mars, 2018 at 05:47

    2001 et ce film une daube ? ahahah cette blague… Retournez devant vos séries et émissions merdiques à la TV bande moutons incultes…

  26. BOB 6 avril, 2018 at 23:46

    Pas un mot sur « La Couleur Tombée du Ciel » de Lovecraft ? Qui semble être une inspiration majeure de l’oeuvre de Jeff Vandermeer et de ce film ?

  27. foutue13 9 avril, 2018 at 11:48

    Ma théorie est que Lena est un clone 100% à la fin du film tout comme Kan, est justement tout ce que l’ont nous montre dans le phare est uniquement les propos reporté par ce clone aux autorités et à donc logiquement inversé les faits et Lena est bien morte du grenade phosphore exactement comme Kane et des clones 100% ont pris leur places dans notre monde.

  28. Benka 12 avril, 2018 at 01:13

    Pour moi, ce film est une métaphore de notre peur du changement, et plus généralement de notre fascination pour la mort.

    Sur un plan psychologique, nous sommes en changement permanent, de par nos expérience et notre éducation. Nous devenons la personne, que nous sommes, avec nos bonnes et mauvaises habitudes. L’expédition dans le miroitement peut alors être vu comme une introspection, par laquelle nous sommes confronté à nos côtés les plus sombres, mais par laquelle nous pouvons également nous révéler d’une rare beauté.

    Cette théorie prend encore plus de sens, lorsque Lena découvre son double (soi-même) dans la scène du phare, après avoir pénétré dans le fort intérieur en passant par le trou.

    D’ailleurs, dans les interprétations de rêves selon Freud, les maisons représentent notre personnalité.

    Sur un plan physique et métaphysique, considérant que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », c’est admettre que nous n’avons de choix que de nous soumettre à l’évidence biologique; notre corps viellit, nous changeons et nous mourrons, c’est ainsi que va la vie. Mais il existe une chose, qui est capable de transcender tous cela et faire fi des lois physiques et biologiques, ce sont nos sentiments.

    Lena et Kane ont indéniablement traversé des transformations profondes, n’empêche que réside toujours en eux le souvenir de ce sentiment, qui les réuni.

  29. erik 26 avril, 2018 at 05:34

    ce film est parait il tiré du roman homonyme : Annihilation de Jeff VanderMeer (que je n’ai pas eu le plaisir de lire),… Alors de deux choses l’une, où VanderMeer à pompé l’ idée de son roman à Ballard, où alors le film est un mélange des deux romans, en effet trop de coïncidences avec la nouvelle de Ballard « L’homme enluminé » dont il a plus tard tiré le roman  » La foret de cristal » , je ne m’arreterré pas sur ce dernier que je n’ai pas lu, mais sur la nouvelle « L’homme enluminé » , où tout est dit ! Dans cette nouvelle, un phénomène inexpliqué d’étrange « miroitements » s’étend comme par hasard dans une « zone » des éverglades, dont la foret comme par hasard se « cristalise » en de nombreux prismes colorés qui englue les plantes comme les animaux, dédoublant toute matière en de multiples facettes colorées. Il est à noter qu’au début de la nouvelle, Ballard nous décrit comme par hasard un crocodile atteint par le phénomène, et bien sur comme par hasard une équipe de scientifiques part dans le périmètre appelé la « zone » étudier le phénomène de diffraction… avouez que cela fait beaucoup de hasard n’est-ce pas?

    A noter aussi certaines ressemblances troublantes avec le film de Tarkovski « Stalker » qui se passe aussi dans un endroit appelé la zone, ou s’est écrasé aussi un météorite, le centre de perturbation au milieu de la foret est aussi une maison ou rêves et réalité se confondent… étrange.
    Je ne résisteré pas à la tentation de partager les premières lignes de la nouvelle de J.G.Ballard, qui est de toute beauté, une pure poésie :

     » Le jour, des oiseaux merveilleux volaient à travers les frondaisons pétrifiées, et les alligators incrustés de pierreries scintillaient comme des salamandres héraldiques au bord de rivières cristallines. La nuit, l’homme enluminé courait de clairières en clairières, ses bras semblables aux roues d’un char d’or, et sa tête à un diadème spectral… »

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