US explications du film et de la fin

Analyse du film et de l'intrigue

Us = nous 

"L’idée principale qui a inspiré ce film est que nous sommes notre pire ennemi et cette idée a créé ces "monstres", les doppelganger. Je voulais créer cette nouvelle mythologie qui explorait notre dualité et la dualité des personnages." 

Voilà comment résume, simplement, Jordan Peele, son nouveau film US. C'est plutôt simple dit comme ça non ? Sauf qu'il fait cela de manière très sournoise, et il utilise ces monstres d'individus pour critiquer des choses qui vont bien plus loin, mais ça on en parlera plus tard.

Peele avait annoncé que son film serait très différent de Get Out. Sur la forme et le ton, oui, mais au final, ce n'est pas forcément le cas dans les intentions. Selon lui, Get Out était un "thriller social", là ou Get Out vire à l'horreur pure. A mes yeux, cette différenciation est un peu discutable, même si on admet volontiers que les doubles maléfiques et les meurtres tout au long du film le rapprochent par moment du slasher.

Je pense que là, on entre dans le ressenti personnel, et que chacun sera libre de faire son interprétation. Nous allons donc plutôt nous consacrer sur certains des mystères du film, comme les doubles, mais aussi les nombres miroir 11:11, l'escalator et la magnifique séquence de la danse.

Qui sont les doppelgängers ?
Un doppelgänger est une apparition ou un double d'une personne vivante dans le folklore et en fiction. Le scénario de Peele laisse délibérément de nombreuses questions sans réponse concernant ses principaux méchants.

Comprendre les tenants et aboutissants exacts de ces doppelgängers est un mystère séduisant tout au long du film, et il faudra attendre l'épilogue pour tout comprendre, même si de nombreux indices nous sont fournis au fur et à mesure.

Ce que nous savons avec certitude, c’est que ces doubles "maléfiques" sont le résultat d’un programme gouvernemental gigantesque, mis en place dans des kilomètres et des kilomètres de tunnels en béton sous les États-Unis. Ceux-ci ont un look de laboratoire stérile et vide et leur création reste quoiqu'il en soit toujours mystérieuse à la fin du film. On imagine bien sûr des expériences scientifiques (les lapins sont un gros plus pour cette théories), mais le souterrain, proche de l'enfer, renvoie quand à lui aux forces occultes et au surnaturel.

D'ailleurs, il est dit dans le film que cette expérience a pour but de contrôler l’âme humaine. Et le terme âme renvoie forcément à quelque chose de plus spirituel que scientifique, même si on peut accepter un lien fort entre les deux (Comme dans la série The OA)

Quoiqu'il en soit, ceux qui ont commencé cette expérience l'ont abandonnée et ont abandonné leurs millions de sujets

L'escalator
Certains d'entre vous le voient peut être comme un détail insignifiant, et peut être que vous avez raison. Mais on peut aussi légitimement s'interroger sur cet accès particulièrement mis en avant, comme s'il représentait quelque chose.

Cet escalator relie la labyrinthe de miroirs à la surface avec les tunnels secrets habités par les doppelgängers. Un détail important est que celui-ci peut descendre mais pas remonter, il est à sens unique. Comment l'interpréter ? Peut être que lorsque l'on franchi une certaine limite dans la noirceur, dans la violence, on ne peut plus revenir en arrière ? Ou simplement, comme nous le verrons plus loin lorsque nous aborderons le film sous un angle social, certains laissés pour compte aux Etats-Unis n'ont plus aucun moyen de s'en sortir, ils doivent rester en bas et ne peuvent gravir la fameuse échelle sociale chère au rêve américain.

Les nombres miroir 11:11
Lorsque la petite Addie, au début du film, passe devant ce qui semble être un homme sans abri sur le trottoir, il brandit une pancarte en carton gravée du verset de la Bible, Jérémiah 11:11. "C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel: Voici, je vais faire venir sur eux des malheurs Dont ils ne pourront se délivrer. Ils crieront vers moi, Et je ne les écouterai pas."

Le prophète punit essentiellement les gens qui vouent un culte à de faux dieux et les averti qu'ils en seront punis. Clairement un signe du chaos à venir pour les gens d'en haut, possédés par leur matérialisme à outrance. Plus tard dans le film, Adélaïde, adulte, regarde la pendule et il est 11h11. C'est le moment choisi pas les doppelgangers pour lancer leur attaque sur les humains.

À noter également, selon le casting du film sur IMDb, l’acteur qui incarne le SDF est Alan Frazier. Son personnage "humain" est crédité "Alan", alors que son doppelganger est "Jeremiah".

La danse
C'est certainement la plus belle séquence du film. Le montage est absolument incroyable, et elle signifie beaucoup de choses pour la suite du film. Sans vraiment parler de Climax, c'est le moment fort du film, celui qui marquera, fera parler après coup et devrait éblouir même ceux qui sont le moins réceptifs au reste du film.

Un peu plus tôt dans le film, grâce à sa fille et des flash-back, nous apprenons qu'Adélaïde avait l'habitude de danser le ballet et qu'elle était prometteuse. Juste avant la séquence de la danse, nous apprenons également que les captifs suivent les mouvements de base de leur contrepartie aérienne, une pâle imitation de la vie et de l’existence. Cela signifie qu'un gars qui fais du sport chez lui influencera son homologue souterrain à faire les mêmes mouvements, de manière plus grossière et mécanique, et sans les comprendre.

A ce moment du film, nous comprenons aussi que les deux "Adélaïde" ont changé de place lors du prologue, lors de leur rencontre dans la galerie des miroirs. La "vraie" Adélaïde, celle qui reviendra se venger, reste enfermée dans les souterrains tandis que son doppelganger prend sa place. Elle ne parle pas au début, mais, suit à une suggestion de sa thérapeute, elle se met à danser et va réussir à s'habutier à la vie à la surface.

Elle effectue une danse remarquable, et dans les souterrains, l'autre Adélaïde, la vraie, reproduit ces mouvements à la perfection. Cela va attirer les regards des doppelgangers qui vont découvrir quelque chose de nouveau grâce à l'art, comme le cinéma peut si bien le faire quand on regarde autre chose que la soupe que nous offre volontiers Marvel.

Les doppelgangers vont donc, à partir de ce moment là, préparer leur révolution et leur accession au monde supérieur.

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11 comments

  1. Wahid 24 mars, 2019 at 00:40

    Je pense que sur la dernière scène le fils comprend qu’il à du être échanger petit suite à un accident dû à sa passion pour les briquets et allumettes à l’insu du père et de la sœur. Sur le siège passager je pense qu il a compris d’où cette façon de regarder sa mère. Elle a du l’echanger En cachette

  2. Marcopolo 24 mars, 2019 at 21:18

    Ta rien compris wahid!il comprend que sa mere est une meuf den bas dou son regard

  3. Mmae 25 mars, 2019 at 07:03

    Pour moi il y a référence à John Carpenter et en particulier le Prince des ténèbres

  4. Kakahuete 25 mars, 2019 at 18:03

    Pareil que marco polo pour moi la mere vient des tenebres et le petit a compris voila pk il regarde la mere et kel souris a la fin 👍🏿

  5. Caca pipi 29 mars, 2019 at 00:00

    Le nom de Jason fait référence à vendredi 13. Tout comme dans le film vendredi 13, le double de Jason a été brulé au visage et celui-ci porte un masque!
    Bisous les michtos

  6. zero 30 mars, 2019 at 20:44

    Sinon quelqu’un peut m’expliquer comment marchent les doubles parce que je comprends rien. A des moments on nous montre qu’ils sont qu’une copie des originaux et sont contraints à réaliser les mêmes mouvements qu’eux. Mais pendant une bonne partie du film ils réalisent leurs propres mouvements.
    Du coup ils bougent par eux-mêmes ou par mimétisme ? J’ai plus l’impression que c’est une facilité scénaristique et que quand l’auteur veut les faire imiter les mouvements, il le fait par effet de style ou pour faire avancer le scénario (comme le clone de Jason qui va dans le feu).

  7. Me 1 avril, 2019 at 01:40

    Ouais l’histoire des clones là, c’est pas clair. Donc la femme a eu le même mari puis les mêmes enfants que celle d’en haut.. Par contre pour les mimes je pense qu’ils ont cessé lorsqu’ils ont pris la petite comme guide. Enfin je ne sais pas..

  8. Helo 1 avril, 2019 at 14:47

    Il y a aussi le fait que la gamine ait été étranglée…
    C’est pour ça qu’elle a une voix cassée quand elle grandit ?

    Est-ce qu’on peut y voir une métaphore de la manière dont les puissants écrasent les plus faibles ?

    Littéralement, ce serait pas une image pour illustrer l’expression « faire taire quelqu’un »?

  9. Loic 21 avril, 2019 at 10:06

    Ce réalisateur me rend dingue. Il donne une âme à son film un message qui démontre l inconscience et la bêtise de l humain à travers des histoire encore jamais travaillé de cette façon la. Chaque fois impossible de comprendre exactement ce qu’il se trame C est juste magique

  10. Krueger 23 avril, 2019 at 18:34

    C’est une super critique du film, bravo. Ça fait plaisir de lire un article aussi travaillé. Ce film pêche par ses justifications à outrance et pas forcément crédibles ou nécessaires. Mais il faut lui reconnaître quil extrêmement bien réalisé et divertissant. Très bon film de genre comme on en voit rarement.

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